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Chapitre 148 : Le bleu

last update تاريخ النشر: 2026-08-02 08:08:00

Élisa

Le cabinet de la thérapeute est au troisième étage d’un immeuble ancien, dans une rue calme où les voitures roulent au pas comme si le monde, là, avait signé un accord discret avec la douceur. J’y vais une fois par semaine depuis mon départ. Toujours le même escalier à la rampe lisse, toujours la même porte bleu pâle, toujours le même fauteuil gris dans lequel je m&rsq

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  • Jusqu'à l'obsession    Chapitre 149 : Le bleu 2

    J’ouvre les yeux mais je ne vois plus le cabinet. Je vois ma peau dans la lumière froide de la salle de bains du loft.— Il était très grand. Plus grand que ce que j’avais compris sur le moment. Il prenait presque tout le bas du dos, jusqu’au flanc. Et ce qui me terrifie aujourd’hui, c’est que j’ai passé plus de temps à me demander comment le cacher qu’à me demander pourquoi il était là.Je m’arrête, la poitrine lourde.— J’ai mis une robe noire le lendemain. Une robe qui couvrait assez. J’ai marché plus lentement. J’ai évité de me pencher. Je me suis raconté que ce n’était pas si grave parce qu’il n’avait pas recommencé dans l’heure suivante, parce qu’il m’avait apporté un café ensuite, parce qu’il avait eu cette

  • Jusqu'à l'obsession    Chapitre 148 : Le bleu

    ÉlisaLe cabinet de la thérapeute est au troisième étage d’un immeuble ancien, dans une rue calme où les voitures roulent au pas comme si le monde, là, avait signé un accord discret avec la douceur. J’y vais une fois par semaine depuis mon départ. Toujours le même escalier à la rampe lisse, toujours la même porte bleu pâle, toujours le même fauteuil gris dans lequel je m’assieds avec l’impression contradictoire d’être à la fois protégée et disséquée.Ce jour-là, il pleut.Une pluie fine, tenace, qui transforme les trottoirs en miroirs sales et donne à Paris cet air fatigué qu’Adrien aimait tant. J’arrive trempée jusqu’aux mollets, les cheveux collés à la nuque, le cœur déjà serré avant même d’avo

  • Jusqu'à l'obsession    Chapitre 147 : Le contre-feu 2

    Le nom, prononcé au milieu du vacarme, me coupe presque le souffle.— Quels trucs ?— Que c’était très fusionnel. Très violent des deux côtés. Que tu l’as poussé dans ses retranchements. Que tu pouvais être… extrême aussi.Je le fixe sans ciller. Il baisse les yeux, remue son verre.— Et tu es venu me voir pour me dire ça ?— Non. Je suis venu parce que je te connais. Enfin… je croyais te connaître. Et je voulais comprendre avant de me faire une opinion.Je sens quelque chose de glacé se déplier en moi. Plus froid encore que la peur. Plus froid que la honte. Une lucidité meurtrière.— Tu veux comprendre quoi, Thomas ? Si je mérite d’avoir été menacée ? Si j’ai été suffisamment agréable pour rester crédib

  • Jusqu'à l'obsession    Chapitre 146 : Le contre-feu

    ÉlisaJe pensais naïvement qu’après la perquisition, quelque chose se renverserait nettement. Qu’une fois la pièce secrète découverte, les vitrines photographiées, les bijoux étiquetés, le réel ferait enfin son travail de réel. Qu’il s’imposerait. Qu’il dirait à tout le monde : voyez, ce que cette femme raconte existe.Je découvre au contraire que la vérité, chez certains hommes, n’annule rien. Elle déclenche seulement une guerre plus élégante.Le premier signe arrive trois jours plus tard, sous la forme d’un appel de la rédaction.Je suis assise à mon petit bureau bancal, dans le studio que j’apprends encore à habiter, un plaid sur les épaules malgré la chaleur lourde de l’après-midi. Dehors, la cour intérieure r&eacu

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    Un officier me lance un regard rapide, puis baisse les yeux sur son carnet.Au fond de la pièce, sur une étagère plus basse, se trouvent des boîtes noires numérotées. Le technicien en ouvre une avec des gants. À l’intérieur, un foulard en soie roulé autour d’une bague ancienne. Dans une autre, une photo découpée où l’on devine une épaule nue, un verre à moitié levé, le bord d’un sourire féminin dont le visage a été soigneusement retiré du cadre. Dans une troisième, un collier de perles grises accompagné d’une carte minuscule : C.M. — juin.Caroline.Le prénom semble soudain remplir toute la pièce. Je la revois dans le salon de thé, ses mains trop calmes, sa façon de surveiller l’entrée. Il a gardé le collier de sa grand-mère comme on épingle une preuve de capture.Je porte une main à ma bouche.— Vous le reconnaissez ? demande Lefèvre doucement.— Oui. C’est celui dont elle m’a parlé.Le technicien photographie encore, encore. Le flash frappe les vitrines comme des gifles blanches.Pu

  • Jusqu'à l'obsession    Chapitre 144 : La chambre noire

    Son regard revient au mien.— Il ne choisit pas des femmes faibles, Élisa. Il les rend faibles.La phrase me traverse comme une lame très fine. Pas parce qu’elle est nouvelle. Parce qu’elle met soudain de l’ordre dans tout ce que j’ai honte d’avoir été. Je baisse la tête avant qu’elle ne voie mes yeux se remplir.— Je croyais pourtant… murmuré-je. Je croyais être plus forte que ça.— Moi aussi.Le silence qui suit n’est pas un silence de malaise. C’est un silence de reconnaissance. La serveuse repose des petites cuillères sur la table, demande si tout va bien. Nous répondons oui avec le même sourire mécanique.— Vous avez porté plainte ? demandé-je.— Oui. À l’époque. Ça n’a rien donné. Il a nié calmement. Il a dit que j’étais fragile, que j’avais mélangé des épisodes, que j’avais tendance à dramatiser. Son avocat m’a fait passer pour une femme instable et amoureuse d’un homme qui n’en voulait plus. J’ai tenu deux mois, puis j’ai abandonné.Sa voix casse légèrement sur les derniers mo

  • Jusqu'à l'obsession    Chapitre 3 — La ligne que je franchis

    ÉlisaJe comprends trop tard que je viens de sourire.Ce n’est pas un sourire nerveux. Pas un rictus de défense.C’est une acceptation silencieuse.Et Adrien le voit.Ses yeux s’assombrissent légèrement, comme si une flamme venait d’être alimentée. Il ne dit rien tout de suite. Il n’en a pas besoin

  • Jusqu'à l'obsession    Chapitre 6 — L’empreinte sous la peau

    ÉlisaJe rentre chez moi en fin d’après-midi.J’ai quitté Adrien plus tard que prévu. Beaucoup plus tard. Le temps s’est dissous entre ses draps, dans ses bras, dans ses silences chargés et ses regards qui me déshabillaient encore même après la nuit.Quand je sors de son immeuble, le jour est déjà

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    ÉlisaJe me réveille avant lui.La lumière grise de l’aube glisse sur les draps froissés, sur nos corps encore emmêlés, sur la preuve silencieuse de la nuit que nous venons de traverser.Pendant quelques secondes, je ne bouge pas.Je sens sa respiration régulière contre ma nuque. Son bras lourd aut

  • Jusqu'à l'obsession    Chapitre 4 — Jusqu’à l’aube

    ÉlisaJe ne sais pas exactement comment nous quittons la fête.Je me souviens seulement de sa main qui cherche la mienne avec une évidence troublante. De nos doigts qui s’entrelacent comme si le geste avait été répété cent fois auparavant. Des regards autour de nous, curieux, amusés, inconscients d

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