تسجيل الدخولJe la regarde, je vois la haine dans ses yeux, la jalousie, la folie, la mort, je vois tout ce qu'elle cache, tout ce qu'elle est, tout ce qu'elle sera, et je comprends, je comprends qu'elle est dangereuse, plus dangereuse que les gardes, plus dangereuse que Dmitri, plus dangereuse que la mort elle-même, elle est la mort, elle est la vie, elle est l'amour, elle est la haine, elle est tout, elle est rien, elle est Elena, la demi-sœur, la rivale, la femme qui a pris sa place, la femme qui veut le tuer, la femme qui veut me tuer, je prends une grande inspiration, je regarde autour de moi, les gardes sont partout, les caméras sont partout, la mort est partout, je ne peux pas me battre, je ne peux pas fuir, je ne peux pas, alors je fais la seule chose que je peux faire, je parle, je dis, ma voix est calme, plus calme que la mort peut-être— Elena, écoute-moi, écoute-moi bien, je ne suis pas venue pour me battre, je ne suis pas venue pour te tuer, je suis venue pour lui, pour Ale
Je l'interromps, je me lève, je prends le dossier, je le serre contre moi, je dis, ma voix est ferme, déterminée, vivante— Je dois y aller, Lila, je dois, il est là-bas, il est dans la cave, dans les chaînes, dans la mort, il m'attend, il espère, il souffre, et je ne peux pas le laisser, je ne peux pas l'abandonner, je ne peux pas le tuer peut-être, je dois y aller, seule, comme elle l'a dit, seule, maintenant, et vous, vous, vous allez m'aider, vous allez appeler la police, la vraie, la russe, l'internationale, vous allez leur donner le dossier, les preuves, les noms, les crimes, vous allez tout leur donner, tout leur dire, et vous allez venir, après, après, quand je serai là-bas, quand je l'aurai trouvé, quand je l'aurai sauvé peut-être, vous allez venir, avec la police, avec la justice, avec la vérité, et vous allez nous sauver, nous, tous, tous ceux qui ont souffert, tous ceux qui sont morts, tous ceux qui vivent encoreMarc hoche la tête, il se lève, il prend
— Noémie Le téléphone sonne, je sursaute, mon cœur s'emballe, je regarde l'écran, c'est un numéro inconnu, un numéro russe peut-être, un numéro de mort, je regarde Lila, elle regarde Marc, ils hochent la tête, ils attendent, je décroche, je porte le téléphone à mon oreille, je dis, ma voix est calme, plus calme que je ne le suis — Allô ? Une voix répond, une voix de femme, une voix froide, une voix de glace, une voix que je connais, une voix que je hais, une voix que je crains peut-être — Noémie, ma petite Noémie, comme c'est gentil de répondre, je savais que tu répondrais, je savais que tu serais là, je savais que tu attendrais mon appel, je savais tout, depuis le début, depuis toujours, depuis ta naissance peut-être Je serre le téléphone, mes doigts blanchissent, ma mâchoire se crispe, je dis, ma voix est dure, tranchante, vivante — Elena, qu'est-ce que tu veux, comment as-tu eu ce numéro, qu'est-ce que tu
Marc regarde la photo, il regarde le visage, il regarde les yeux, les mêmes yeux qu'Aleksandar, les mêmes yeux qu'Elena, les mêmes yeux que Dmitri, il murmure, sa voix est basse, grave, terrifiée peut-être— Vous êtes en train de me dire que le père d'Aleksandar est le frère de Dmitri, que Dmitri a tué son propre frère, ou l'a fait disparaître, et qu'il a élevé son neveu comme son fils, en lui mentant pendant toutes ces années, en lui volant sa vie, en lui volant son nom, en lui volant toutJe hoche la tête, oui, c'est ça, c'est exactement ça, et il y a encore autre chose, il y a Elena, Elena qui est sa cousine, Elena qui le sait, Elena qui l'a toujours voulu, Elena qui est obsédée par lui, Elena qui veut le tuer peut-être, Elena qui veut le garder peut-être, Elena qui est folle, peut-être, Elena qui est dangereuse, sûrement— Marc, Elena est sa cousine, sa cousine germaine peut-être, la fille du frère mort, la fille de l'homme que Dmitri a tué, et elle le
— Je connais un journaliste, Noémie, un vrai, un indépendant, un qui n'a pas peur, un qui a déjà enquêté sur les Volkov, un qui a déjà reçu des menaces, un qui a déjà failli mourir peut-être, il s'appelle Marc, Marc Delcourt, il travaille pour un journal en ligne, il est à Paris, il peut nous aider, il peut nous écouter, il peut nous croire, il peut nous sauver peut-êtreJe hoche la tête, oui, un journaliste, un vrai, un indépendant, un qui n'a pas peur, un qui peut nous aider, nous écouter, nous croire, nous sauver peut-être, je dis, ma voix est pleine d'espoir, de peur, de vie peut-être— Appelle-le, Lila, appelle-le maintenant, dis-lui que tu as quelque chose, dis-lui que c'est urgent, dis-lui que c'est une question de vie ou de mort, dis-lui de venir, dis-lui de nous aider, dis-lui de nous sauver peut-êtreLila hoche la tête, elle décroche son téléphone, elle compose le numéro, elle attend, elle dit, sa voix est ferme, déterminée, vivante— Marc, c'est Lila,
— NoémieJe pose les dernières pages sur la table, mes mains tremblent, mes yeux brûlent, ma tête tourne, Lila est à côté de moi, elle attend, elle ne dit rien, elle me laisse lire, elle me laisse comprendre, elle me laisse souffrir peut-être, et je lis, à voix haute, lentement, distinctement, pour elle, pour moi, pour ma mère peut-être— Moi, Natalia Volkov, je déclare, je confesse, je jure, que la mère de Noémie, la femme qui m'a aidée, la femme qui m'a sauvée, la femme qui a caché mon fils, la femme qui a menti pour moi, la femme qui a risqué sa vie pour moi, s'appelait Marie, Marie Dubois, et qu'elle était, qu'elle est, qu'elle sera toujours, ma sœur, ma seule sœur, ma vie peut-êtreJe m'arrête, je pose la page, je regarde Lila, elle me regarde, elle dit, sa voix est basse, grave, concentrée— Marie Dubois, ta mère, Noémie, ta mère était la sœur de Natalia, la sœur de la mère d'Aleksandar, elle était là, à Saint-Pétersbourg, dans le manoir, avec les Vol







