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CHAPITRE 28 — LA GUERRE DANS LE LIT

作者: Déesse
last update 公開日: 2026-10-29 08:58:28

— Rafaele

La dispute éclate sans prévenir ; je ne sais plus ce qui l'a déclenchée, une phrase, un regard, un silence de trop, et soudain nous sommes debout, face à face, dans sa chambre, et nous crions, et les mots volent, et les mots frappent, et les mots blessent ; elle me dit que je suis un monstre, je lui dis qu'elle est une menteuse, elle me dit que je suis un lâche, je lui dis qu'elle est une traîtresse, et les mots montent, et les mots brûlent, et les m
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  • L'OTAGE REBELLE    CHAPITRE 28 — LA GUERRE DANS LE LIT

    — Rafaele La dispute éclate sans prévenir ; je ne sais plus ce qui l'a déclenchée, une phrase, un regard, un silence de trop, et soudain nous sommes debout, face à face, dans sa chambre, et nous crions, et les mots volent, et les mots frappent, et les mots blessent ; elle me dit que je suis un monstre, je lui dis qu'elle est une menteuse, elle me dit que je suis un lâche, je lui dis qu'elle est une traîtresse, et les mots montent, et les mots brûlent, et les mots ne veulent plus s'arrêter ; et je la prends par le bras, je la pousse, elle tombe sur le lit, et je suis sur elle avant qu'elle puisse se relever, et je la tiens par les poignets, et je la regarde, et je respire fort, et elle me regarde, et elle rit. — Alors, Sorrentino ? Tu vas me tuer ou me baiser ? — Ferme-la. — Fais-moi taire. Je l'embrasse ; elle me mord ; je la déshabille ; elle m'arrache ma chemise ; les boutons sautent,

  • L'OTAGE REBELLE    CHAPITRE 27 — LA LAME

    — Rafaele Je la regarde travailler ; elle est assise à la table de la bibliothèque, les trois ordinateurs portables ouverts, les écrans qui clignotent, les câbles qui pendent, et ses doigts volent sur le clavier, rapides, précis, sûrs ; et je suis debout derrière elle, les bras croisés, les yeux fixes, et je la regarde, et je ne dis rien, et je l'admire, et je me déteste de l'admirer. Le test est simple ; je lui ai donné un nom, un serveur, un mot de passe, et je lui ai dit de trouver ce qu'il y a derrière ; c'est un piège, un vrai, un piège que j'ai tendu moi-même, un piège qui déclenche une alarme si on force la serrure, un piège qui envoie une fausse alerte aux hommes de Malaspina, un piège qui peut la faire tuer si elle se trompe ; et je l'ai regardée, et je lui ai dit que c'était un test, et elle m'a regardé, et elle m'a dit d'accord, et elle s'est mise au travail, et elle n'a pas posé de questions, et elle n'a pas eu peur, et elle n'a pas recul

  • L'OTAGE REBELLE    CHAPITRE 26 — LE BAISER DE GUERRE

    — Rafaele La voiture s'arrête dans la cour ; la pluie tambourine sur le toit ; les grilles se referment derrière nous ; et je sors, je claque la portière, je marche vers l'entrée, et elle me suit, ses talons claquent sur les pavés, et je l'entends, je l'entends respirer, je l'entends marcher, je l'entends vivre ; et dans ma poitrine, cette chose qui brûle depuis la danse, cette chose qui me ronge, cette chose qui me tue, elle ne s'éteint pas, elle ne se calme pas, elle grandit, elle enfle, elle me dévore. Je pousse la porte ; le hall est sombre, les lampes sont éteintes, les escaliers montent dans le noir ; je monte, je ne me retourne pas, je l'entends monter derrière moi, et je monte plus vite, et elle monte plus vite, et nous montons, et le silence entre nous est plus lourd que le bruit de nos pas. J'arrive sur le palier ; je me retourne ; elle est là, à deux marches de moi, le souffle court, les cheveux mouillés, les lèvres entrouv

  • L'OTAGE REBELLE    CHAPITRE 25 — LA DANSE

    — VittoriaLa musique change ; c'est un vieux morceau, lent, gras, une voix de femme qui traîne sur les mots, un saxo qui pleure, une contrebasse qui bat comme un cœur ; et il se lève, il me tend la main, et je le regarde, et je ne comprends pas.— On danse.— Ici ?— Oui.— Pourquoi ?— Parce qu'ils nous regardent.Je prends sa main ; il m'attire à lui ; et nous avançons vers le milieu de la salle, vers l'espace vide entre les tables, et les gens s'écartent, les visages se tournent, les chuchotements montent ; et il passe une main dans mon dos, il prend ma main dans l'autre, et il me serre contre lui, et nous dansons.Ce n'est pas une danse ; c'est un corps à corps ; c'est une lutte ; c'est une chose qui n'a pas de nom ; il me tient par la taille, ses doigts s'enfoncent dans ma robe, sa paume est chaude à travers la soie, et il me guide, il me pousse, il me tire, et je le suis, et je le sens, et je sens son corps contre le mien, sa poitrine cont

  • L'OTAGE REBELLE    CHAPITRE 24 — LE ROYAUME SOMBRE

    — VittoriaLa voiture s'arrête devant une façade en pierre, basse, sans enseigne, sans lumière, et je ne comprends pas où nous sommes ; il descend, il contourne la voiture, il ouvre ma portière, et je sors, et je sens l'odeur de l'hiver, l'odeur de la pierre mouillée, l'odeur de la fumée qui sort d'une cheminée quelque part ; nous sommes dans une rue étroite, derrière une église, et la façade ne dit rien, ne promet rien, ne révèle rien ; il y a des flaques sur les pavés, des reflets de réverbères, des ombres qui passent derrière les volets fermés ; et il pousse une porte, il me fait signe d'entrer, et j'entre.Le vestibule est sombre, tapissé de velours rouge, éclairé par des appliques en cuivre ; une femme en noir nous accueille, les cheveux tirés, le sourire mince, et elle ne dit rien, elle prend nos manteaux, elle s'efface, elle disparaît ; et il avance, et je le suis, et nous traversons un couloir, et nous débouchons dans une salle qui me coupe le souffle. C'est un

  • L'OTAGE REBELLE    CHAPITRE 23 — L'ALLIANCE

    — VittoriaJe pose la carte sur la table ; elle est froissée, tachée de café, les épingles rouges sont tordues, et je l'aplatis avec la paume, je la lisse, je la force à tenir à plat, et mes doigts s'attardent sur les plis, sur les taches, sur les trous que les épingles ont laissés dans le papier ; il est debout de l'autre côté du bureau, les bras croisés, les yeux fixés sur mes mains, et il ne dit rien ; il attend ; il attend depuis que je suis entrée, il attend depuis que j'ai posé la carte, il attend depuis que j'ai dit je peux vous aider ; et son silence est une chose vivante, une chose qui respire, une chose qui me jauge, une chose qui ne me croit pas ; je sens son regard sur mes doigts, sur mes ongles, sur la peau de mes poignets, et ce regard pèse, ce regard coupe, ce regard me met à nu ; la pièce est sombre, la mer est grise par la fenêtre, les mouettes tournent en criant au-dessus des falaises, et je sens l'odeur du bois ciré, du papier, du café froid, et je sens s

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