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Chapitre 3 : Le Venin de la Vérité

ผู้เขียน: Torres NGABA (TNT)
last update ปรับปรุงล่าสุด: 2025-12-24 08:37:18

​Point de Vue : Elara Vannucci

​Le trajet de retour vers la villa fut le plus long de ma vie. Damian ne m'avait pas adressé la parole une seule fois. Le silence dans la voiture blindée était si dense qu'il semblait étouffer les bruits du moteur. Vincenzo, à l'avant, fixait la route, ses épaules contractées, sentant l'électricité statique entre son Capo et sa Régente.

​Dès que nous franchîmes le seuil du bureau privé de la villa, Damian fit claquer la porte derrière lui. Il ne cria pas. Sa fureur était une lame froide, bien plus effrayante que ses anciens éclats de colère.

​— Explique-toi, dit-il en se tournant vers moi. Et ne me mens pas, Elara. Pas cette fois.

​Je posai mon sac sur le bureau, mes mains tremblant imperceptiblement.

​— Damian, à l'époque, la transition était chaotique. Nous avions besoin de fonds propres pour racheter les actifs de mon premier mari avant que les Russo ne s'en emparent. Les banques traînaient. Les comptes de la famille étaient sous surveillance internationale.

​— J'avais donné l'ordre de brûler tout ce qui venait de mon père ! rugit-il enfin, faisant trembler les vitrines de la bibliothèque. L'argent de Matteo était maudit, Elara ! Il était taché de la trahison d'Angelina, du sang de nos propres frères. Et toi, tu as utilisé ces fonds pour bâtir notre nouvelle vie ?

​— Je l'ai fait pour Alessandro ! m'écriai-je. Si je n'avais pas agi, nous aurions perdu la base financière de notre légitimité. J'ai nettoyé cet argent, Damian. Je l'ai passé par des structures si complexes que personne ne pouvait remonter à la source. Enfin... personne, sauf Guylana.

​Damian s'approcha de moi, envahissant mon espace vital. Son souffle était court.

​— Tu m'as caché une faille de sécurité majeure pendant huit ans. Tu as donné à cette femme un levier pour nous détruire de l'intérieur. Est-ce qu'il y a autre chose ? D'autres comptes ? D'autres secrets que "l'Architecte" va me jeter au visage au petit-déjeuner demain ?

​— Non, Damian. C'est tout. Je te le jure.

​Il lâcha un rire amer, s'écartant pour regarder le jardin où Alessandro jouait sous la surveillance de deux gardes.

​— Tes serments ont perdu leur valeur aujourd'hui. Elle arrive demain, Elara. Elle arrive chez nous. Elle va s'approcher de mon fils, elle va s'asseoir à notre table, et je ne peux même pas la faire disparaître parce qu'elle a probablement programmé la diffusion de tes "petits arrangements" en cas de décès accidentel.

​C'était le génie maléfique de Guylana : elle s'était rendue indestructible en liant sa survie à la réputation d'Elara.

​Le Duel de l'Ombre :

​Le soir tomba sur une villa divisée. Damian s'installa dans la chambre d'amis, un geste qu'il n'avait jamais commis, même lors de nos pires disputes du Tome 1. Je restai seule dans notre immense lit, le froid de la trahison me rongeant les os.

​Je ne pouvais pas rester là sans rien faire. J'activai mon ordinateur portable crypté, celui que même Vincenzo ne surveillait pas.

​— Si elle connaît mon passé, je vais déterrer le sien, murmurai-je.

​Je passai la nuit à naviguer sur le Dark Web, utilisant des contacts que j'avais acquis en secret durant ces huit années de règne. Je ne cherchais plus des chiffres, je cherchais des noms. Guylana Von Hertz n'était pas née dans les banques de Francfort. Ses traces s'arrêtaient brusquement à l'âge de dix-huit ans.

​Vers trois heures du matin, je trouvai un fragment de base de données d'un ancien orphelinat en Europe de l'Est. Un nom de jeune fille apparut brièvement avant d'être effacé par un script de protection automatique : Guylana Petrovic.

​Petrovic. Le nom me fit l'effet d'une décharge électrique. C'était le nom de l'un des lieutenants russes qui travaillaient avec Matteo avant la chute. Guylana n'était pas là par hasard. Elle n'était pas là pour l'argent.

​C'était une vengeance différée.

​L'Arrivée du Loup :

​À neuf heures précises le lendemain, le vrombissement d'une voiture électrique se fit entendre dans l'allée. Guylana descendit d'une berline noire, aussi impeccable que la veille. Elle ne portait pas de valise, seulement une mince mallette en titane.

​Damian et moi l'attendions dans le grand hall. Alessandro était à nos côtés, curieux.

​— Bonjour, Famille Vannucci, lança-t-elle avec un sourire radieux qui me glaça le sang.

​Elle s'agenouilla devant Alessandro, ignorant superbement Damian qui la fixait comme s'il voulait l'égorger sur place.

​— Bonjour, Alessandro. Prêt pour ton premier cours ? Aujourd'hui, nous allons apprendre pourquoi les châteaux les plus solides tombent toujours de l'intérieur.

​Elle leva les yeux vers moi, un éclat de défi brillant dans ses prunelles bleu acier.

​— Pas vrai, Elara ? On ne construit rien de durable sur un mensonge.

​L'ennemi était dans la place, et elle venait de prendre mon fils par la main.

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