LOGINChapitre 99
Kael
Je la regarde se lever du lit, ses gestes lents, son ventre qui s'arrondit sous la robe légère, et je sens mon cœur se serrer d'une peur que je ne maîtrise plus. Chaque matin, je me réveille avec cette angoisse au creux de la poitrine, cette certitude que le danger rôde, que les ténèbres attendent un moment d'inattention pour frapper de nouveau. J'ai failli la perdre. J'ai failli pe
Chapitre 102SeleneJe me tiens droite malgré le poids de mon ventre, les mains croisées devant moi, le regard fixé sur la femme qui vient de franchir les portes de la salle du trône. Lysandra, cheffe des vampires, est plus belle que je ne l'imaginais, d'une beauté pâle et irréelle, comme sculptée dans le marbre et la lumière lunaire. Ses cheveux noirs tombent en cascade sur ses épaules, ses yeux sont d'un violet sombre, presque noir, et ses lèvres esquissent un sourire qui n'atteint pas son regard.— Reine Selene, dit-elle d'une voix basse, mélodieuse, chargée d'un pouvoir ancien. Je suis honorée de vous rencontrer enfin.— Cheffe Lysandra, réponds-je en inclinant légèrement la tête. Asseyons-nous, nous avons beaucoup à discuter.Elle s'as
Chapitre 101KaelLa salle du trône est plongée dans une semi-obscurité que les torches ne parviennent pas à dissiper, comme si une ombre invisible s'était glissée dans la pierre et refusait d'en sortir. Je suis assis sur le trône de basalte, les mains crispées sur les accoudoirs, le regard fixé sur les portes massives que l'on vient d'ouvrir. Selene est à ma droite, droite malgré son ventre arrondi, et je sens sa tension comme on sent venir l'orage.Ils entrent. Quatre silhouettes enveloppées de capes noires aux reflets argentés, le visage pâle comme la lune, les yeux luisant d'un éclat rouge dans la pénombre. Leur démarche est lente, fluide, presque irréelle, et le silence qui les accompagne est plus oppressant que tous les cris de guerre.— Roi Kael, dit le premier d'ent
Chapitre 100SeleneLa grossesse se déroule paisiblement, presque trop paisiblement. Chaque matin, je me réveille avec une énergie nouvelle, mon ventre s'arrondit doucement, et je sens la vie de notre enfant se renforcer de jour en jour. Les guérisseuses viennent régulièrement, m'examinent, me rassurent, et leurs sourires s'élargissent à chaque visite. Kael, malgré sa peur, a appris à desserrer un peu son étreinte, à me laisser respirer, à me faire confiance. Il pose souvent sa main sur mon ventre, parle à l'enfant, et dans ses yeux gris, je vois une tendresse qui me bouleverse.Mais ce soir, un épuisement étrange me gagne, plus profond que la simple fatigue de la journée. Je m'allonge sur le lit, ferme les yeux, et glisse dans un sommeil lourd, presque immédiat, comme si une force douce m'attirai
Chapitre 99KaelJe la regarde se lever du lit, ses gestes lents, son ventre qui s'arrondit sous la robe légère, et je sens mon cœur se serrer d'une peur que je ne maîtrise plus. Chaque matin, je me réveille avec cette angoisse au creux de la poitrine, cette certitude que le danger rôde, que les ténèbres attendent un moment d'inattention pour frapper de nouveau. J'ai failli la perdre. J'ai failli perdre notre enfant. Alors je surveille tout, je contrôle tout, je protège comme un loup dont la tanière est menacée.— Tu as encore posté des gardes devant la porte, dit Selene sans se retourner, une pointe d'impatience dans la voix.— Deux, seulement. Pour ta sécurité.— Pour ma sécurité, répète-t-elle en se tournant enfin vers moi. Kael, je
Chapitre 98SeleneLa crypte est redevenue silencieuse, mais je sens encore la morsure du froid sur ma peau, l'odeur du sang de Mortain qui se mêle à la poussière des tombes. Kael me tient par la taille, son bras solide autour de moi, et nous remontons lentement les escaliers de pierre, suivis par les guérisseuses épuisées qui portent encore leurs fioles et leurs herbes. Mon ventre ne brûle plus, la douleur s'est retirée comme une marée, et je sens de nouveau cette vie en moi, frémissante, fragile, mais bien présente.L'enfant est sauvé. Notre enfant est sauvé.Je lève les yeux vers Kael. Il est pâle, le visage marqué par le combat, le sang de Mortain tachant encore sa chemise. Ses mâchoires sont serrées, son regard fixé sur le couloir devant nous, et je devine qu'il retien
Chapitre 97KaelJe ne laisse pas à Mortain le temps de savourer sa victoire. D'un geste brusque, je le plaque contre le mur, mon avant-bras écrasant sa gorge, et je le fouille pour lui retirer toute arme, tout artefact capable de nuire. Il ricane encore, mais sa voix se brise dans un râle. Derrière moi, Selene est blême, les mains crispées sur son ventre, les larmes coulant sur ses joues.— Tu ne perds rien pour attendre, murmure le sorcier dans un souffle.— Tais-toi, dis-je sans le regarder. Selene, fais venir les guérisseuses. Vite.Elle hoche la tête, disparaît un instant dans l'escalier, puis revient accompagnée de trois femmes en robes blanches, leurs visages graves, leurs mains emplies d'herbes et de fioles. Elles s'agenouillent autour d'elle, tracent un cercle de sel et de cendres, entonnent un
Chapitre 3DarianLe hurlement de Selene traverse la forêt comme une flèche d'acier, et il atteint la salle du conseil où je me tiens, entouré des anciens qui me félicitent avec des sourires onctueux, des tapes dans le dos, des mots qui suintent l'hypocrisie.— Tu as bien fait, Darian, dit Merek en
Chapitre 2 Selene— Je prendrai pour compagne Lysandra de la meute Ironclaw, fille aînée du chef Aldric, et cette alliance unira nos deux clans pour l'éternité.Les mots tombent comme des pierres dans un lac gelé, et je reste là, pétrifiée au bout de l'allée centrale, les doigts de mon père soudai
Chapitre 1 SeleneJe me tiens devant le miroir de la chambre que j'occupe depuis l'enfance, et la robe blanche que j'ai cousue de mes mains brille sous la lumière argentée de la lune qui entre par la fenêtre ouverte, une robe simple mais pure, brodée de fils d'argent qui dessinent des motifs de lo
Chapitre 8SeleneLes terres désolées portent bien leur nom, et je les découvre au terme d'une marche interminable, une étendue de rocaille grise et de bruyère desséchée qui s'étire à perte de vue sous un ciel bas, lourd de nuages menaçants qui ne crèvent jamais, qui restent là, suspendus, comme un







