ログイン« Madame Perrin, ça fait longtemps. » Anaïs lui a souri, puis s'est légèrement décalée pour désigner Adrien d'un geste naturel. « Je vous présente mon mari. »Elle avait prononcé ces mots avec la plus grande simplicité.Pourtant, dans le cœur d'Adrien, ils ont fait naître une onde silencieuse.Anaïs s'est tournée vers Adrien. « Voici Madame Colette Perrin. »Il lui a adressé un léger signe de tête, avec un sourire courtois.Ravie, Colette a regardé tour à tour Anaïs et Adrien, les rides au coin de ses yeux se creusant sous son sourire. « Ah, vous allez bien ensemble ! Un très beau couple. Venez, je viens de nettoyer une table au fond, contre le mur. Vous y serez bien au chaud. »Avec enthousiasme, elle les a conduits jusqu'à une petite table carrée qui venait d'être libérée.Puis elle s'est tournée vers Anaïs.« Comme avant ? La soupe aux vermicelles maison, beaucoup de légumes, avec un œuf au plat ? »« Oui, comme avant. Merci. »Anaïs a ensuite regardé Adrien. « Tu veux essayer leur
« Adrien. »Anaïs a parlé doucement.Il a ouvert les yeux et tourné la tête vers elle. « Hum ? Tu as plus mal ? »« Non. » Elle a marqué une courte pause. « Je viens de repenser à quelque chose. Ce restaurant… j'y allais souvent quand j'étais à l'université. Et à cette époque, j'étais avec Julien. »Son ton était calme, son regard clair, sans la moindre esquive.« La patronne me connaît, et elle connaît aussi Julien. Si on y va, elle risque de parler de lui. Ça pourrait te mettre mal à l'aise. » Elle lui laissait le choix, avec le plus grand sérieux. « Alors si ça te dérange, on peut aller ailleurs. Il y a plein d'autres restaurants dans le quartier. Ou rentrer à la maison et demander à la domestique de nous préparer quelque chose. »Un bref silence est tombé dans l'habitacle.Adrien l'a regardée.Son visage était légèrement pâle à cause de ses règles, mais ses yeux restaient francs et lumineux.Elle venait de déposer devant lui, sans rien dissimuler, aussi bien les traces de son passé
Adrien a légèrement bougé, mais n'a pas demandé pourquoi.Il s'est contenté de refermer doucement le menu et de le poser sur le côté de la table, lui accordant toute son attention.« J'ai mes règles et j'ai un peu mal au ventre », a expliqué Anaïs sans détour. « Ici, la plupart des plats sont froids ou crus. Si j'en mange, je risque de me sentir encore plus mal. »Le regard d'Adrien s'est aussitôt resserré. Il a observé son visage. « Désolé, je n'y ai pas pensé. Tu veux qu'on rentre pour que tu te reposes ? »« Ce n'est pas ta faute, mon cycle est toujours irrégulier. » Anaïs a secoué la tête, avec même un petit sourire au coin des lèvres. « Et je n'ai pas envie de rentrer. Je connais un endroit à une dizaine de minutes d'ici, près de l'université de Belrive. C'est une toute petite échoppe qui ne propose que quelques variétés de soupes aux vermicelles, avec des accompagnements très simples. Leur bouillon est vraiment bon, et les vermicelles sont faits maison. J'y allais souvent quand j
Entre eux, ils avaient toujours l'impression d'être emportés par les événements.Le travail prenait énormément de place, et ils avaient peu d'occasions de partager ces moments ordinaires du quotidien.« Alors ce soir, j'ai réservé une table. J'avais envie qu'on essaie. »En réalité, Adrien n'avait aucune obligation de faire cela.Avec tout ce qu'il avait à gérer en ce moment, aussi bien au sein de sa famille qu'au Groupe, la pression qui pesait sur lui était déjà énorme.Et pourtant, il avait quand même pris le temps d'organiser ce rendez-vous.La douleur sourde dans le bas-ventre d'Anaïs s'est accentuée.Elle a discrètement inspiré, s'est adossée au siège et a laissé un vrai sourire apparaître sur son visage.« Avec plaisir », a-t-elle répondu doucement, avec une légère douceur nasale dans la voix. « On va où ? »« Dans un restaurant japonais. Le chef vient du Japon, les produits sont livrés chaque jour par avion, donc tout est très frais. L'endroit est calme aussi. Louis a passé une
« Troisièmement… »Anaïs a marqué une pause, puis levé la main.À son annulaire, l'alliance a capté la lumière des toilettes dans un éclat doux.« Mon mari n'est pas Renaud. Mon mari et moi nous aimons, notre couple va très bien. Alors cessez d'inventer des choses et de répandre de fausses rumeurs. Je n'ai aucune envie qu'il finisse par entendre ce genre de propos et que cela lui fasse de la peine. »Les deux collègues avaient le visage en feu.À cet instant, elles auraient volontiers disparu sous terre.Anaïs les a regardées.« J'espère que c'est la dernière fois. Si cela se reproduit, je n'hésiterai pas à passer par les voies officielles et à signaler aux ressources humaines des propos diffamatoires et la propagation de rumeurs mensongères sur le lieu de travail. J'imagine que l'entreprise n'a aucune envie d'encourager ce genre de comportement. »Sur ces mots, elle ne leur a plus accordé un regard.Elle a jeté le papier dans la poubelle, remis son col en place, puis quitté les toilet
« Bien sûr que j'en ai entendu parler. Le mail a été envoyé à toute l'entreprise. Après ça, sa réputation dans le milieu est fichue. Qui voudra l'embaucher ? »« Franchement, elle l'a bien cherché. Elle avait toujours l'air respectable, en plus elle est mariée à un Morel… Je n'aurais jamais cru qu'elle puisse employer des méthodes aussi sales. Mais pourquoi est-ce qu'elle s'acharne autant sur Anaïs Duval ? Juste parce qu'elle est meilleure qu'elle ? »« Ah, ça, tu ne sais pas tout. » L'autre femme a baissé la voix avec un air mystérieux. « J'ai entendu dire que ce n'était pas seulement une histoire de rivalité professionnelle. »« Ah bon ? Il y a autre chose ? Raconte ! »« Je n'ai eu que quelques bribes par des gens du service design, mais apparemment, Anaïs et Monsieur Beaudouin… auraient une relation assez particulière. »« Sérieusement ? Pourtant, Monsieur Beaudouin est célibataire depuis toujours, et il a plutôt l'air très correct. »« Réfléchis un peu. Pourquoi Sophie s'acharnait
Anaïs a poussé un soupir de soulagement.Une domestique l'a conduite jusqu'à sa chambre. C'était une véritable suite, avec une chambre, un dressing, une salle de bains et même un petit salon. La vue était magnifique et donnait directement sur le lac.Ce qui a le plus surpris Anaïs, c'est que la dé
Une semaine plus tard, ils se sont retrouvés à la mairie.Les démarches ont été rapides.Signatures, tampon officiel… Quand elle a enfin eu l’acte de mariage entre les mains, Anaïs est restée un instant hébétée en regardant leurs deux noms côte à côte.La voix d'Adrien a résonné près de son oreil
« Si vous continuez à faire des histoires, j'appelle la police », a dit Anaïs en marchant.En fermant la porte du palier de l'escalier, elle a entendu les cris aigus de sa mère : « Anaïs, ingrate ! Tu finiras par le payer ! »Anaïs a fermé les yeux et a inspiré profondément.Non. Ils finiraient p
« Alors quoi ? Six ans de relation, c'était trop long ? Tu t'es lassé de moi ? »Face à la question de la jeune femme, Julien Morel faisait tourner lentement son verre entre ses doigts, sans montrer beaucoup de réaction.« Anaïs, pendant ces six années, je t'ai fait découvrir le monde, je t'ai env







