LOGINUne nuit , un inconnu , un mensonge qui va tout détruire. Serveuse dans un bar de luxe, je n'ai qu'un seul objectif : sauver mon frère qui se meurt. Alors quand un inconnu masqué me propose 10 000 euros contre une nuit, j'accepte. Je ferme les yeux. Je subis. Je fuis avant l'aube sans même connaître son nom. 5 ans plus tard. Je suis engagée comme assistante chez Lionel Vance, le magnat le plus impitoyable de la ville. Un homme dont le regard brise les âmes et dont les mains détruisent des vies. Le jour de mon arrivée, il me raccompagne chez moi et par mégarde rencontre mon fils de 5 ans ..... Lionel me saisit par la nuque. Ses yeux gris, glacés, transpercent les miens. "Pourquoi ce garçon a-t-il mes yeux ?" Mon sang se glace. Il ne sait pas. Il ne peut pas savoir. Je mens. Je jure que cet enfant n'est pas à lui. Il sourit. Un sourire cruel, dangereux, prometteur de douleur. "Alors je vais te prendre à nouveau. Et cette fois, je saurai si ton corps ment aussi bien que ta bouche." Il ne sait pas que je porte son enfant depuis 5 ans. Il ne sait pas que je l'ai élevé seule, dans la misère et les larmes. Il ne sait pas que je suis prête à tout pour protéger mon fils. Même si ça signifie me vendre à nouveau au diable.
View MoreAurora
— Trois cocktails, vite ! aboie le barman d'une voix rauque qui tranche l'air empuanti par la fumée de cigarette et les effluves de sueur et d'alcool bon marché, sa main grassouillette frappant le comptoir en bois usé comme pour marteler l'urgence de ma situation.
Je sursaute, mes doigts engourdis par le froid et la fatigue s'emparent des verres glacés, et je sens mes jointures craquer sous l'effort alors que je me force à sourire, à avancer, à exister dans ce monde de brutes et d'ivrognes qui ne me voient même pas comme une femme mais comme une ombre servile, une chose à utiliser et à jeter, et mes pieds, mes pauvres pieds enflés et sanglants, hurlent à chaque pas sur le sol collant et glissant, tandis que je serre les dents pour ne pas laisser échapper un gémissement, parce que si je tombe, si je m'arrête, si je montre ne serait-ce qu'un instant de faiblesse, je serai virée, et si je suis virée, Léo mourra.
Mon frère. Mon unique famille, mon seul lien avec une humanité qui m'a tout pris, gît dans un lit d'hôpital blanc et froid, son corps autrefois vigoureux aujourd'hui réduit à un tas d'os et de chair livide, rongé de l'intérieur par ce cancer que les médecins, avec une froideur clinique qui me brise le cœur, appellent "agressif", comme si ce mot suffisait à justifier les nuits blanches, les larmes silencieuses, les factures qui s'accumulent sur la table de la cuisine comme une montagne infranchissable, et je les entends encore, ces mots lancinants qui résonnent dans ma tête comme un glas : "Sans une opération chirurgicale d'urgence, il n'a plus que trois mois à vivre." Trois mois. Quatre-vingt-dix jours. Deux mille cent soixante heures. Et moi, Aurora, vingt-deux ans, serveuse dans un bar minable, je n'ai même pas de quoi payer le prochain traitement, le loyer du studio qui sent le moisi, les médicaments que Léo avale avec des haut-le-cœur en souriant pour ne pas m'inquiéter, alors je souris aussi, je souris à ces clients qui me touchent, qui me sifflent, qui me traitent comme une moins-que-rien, je serre les poings sous le comptoir, mes ongles s'enfonçant dans la chair de mes paumes jusqu'à ce que la douleur me rappelle que je suis encore vivante, que je dois tenir, que je dois encaisser.
— Une bouteille de champagne pour la table 12, me lance le barman en me poussant presque la bouteille dans les bras, son regard indifférent comme si je n'étais qu'un meuble, et je prends la bouteille, je marche, mes jambes tremblantes menaçant de céder à chaque pas, je dépose la bouteille devant un homme en costume qui me dévisage avec une lueur lubrique dans les yeux, ses doigts boudinés effleurant ma main alors que je pose le seau à glace, et je sens son regard glisser le long de mon corps comme une caresse sale, comme une promesse de violence, mais je détourne les yeux, je me force à sourire, je murmure "bonne dégustation" d'une voix que je ne reconnais pas, et je m'éloigne avant que mes doigts ne tremblent trop pour cacher mon dégoût.
Je me réfugie aux toilettes, l'espace exigu et puant où l'air est si épais qu'on pourrait le couper au couteau, et je m'effondre contre la porte, mon dos glissant sur le mur froid et moisi jusqu'à ce que je m'assoie par terre, les genoux remontés contre ma poitrine, les bras enserrant mes jambes comme si je pouvais me protéger du monde, et c'est là, dans cette solitude crasseuse, que les larmes que j'ai retenues pendant des heures, des jours, des semaines, se déversent enfin en un flot silencieux mais dévastateur, mes épaules secouées de sanglots muets, mes mâchoires serrées pour ne pas hurler, parce que hurler ne servirait à rien, parce que personne ne viendrait, parce que personne ne se soucie de moi, et mon téléphone vibre dans ma poche, illuminant l'obscurité d'une lueur blafarde, et je vois le message de Léo : "Aurora, arrête de travailler si tard. Je vais bien. Je t'aime." Et je mens, je mens comme je mens toujours, parce que la vérité le tuerait plus vite que le cancer, alors je réponds : "Je rentre bientôt. Repose-toi." Je mens en sachant qu'il sait que je mens, mais il fait semblant de me croire, parce que c'est notre seule façon de survivre.
Je me relève, je m'essuie le visage avec le dos de ma main sale, je me regarde dans le miroir fêlé qui me renvoie l'image d'une inconnue, une fille de vingt-deux ans qui en paraît trente-cinq, les cernes violets sous ses yeux comme des ecchymoses, les joues creuses, le regard éteint, les lèvres gercées par le stress et la déshydratation, et je ne reconnais plus cette femme, je ne sais plus qui elle est, je ne sais plus ce qu'elle est devenue, alors je sers les dents, je respire profondément, et je retourne au travail, je retourne à l'enfer.
La nuit s'étire comme un cauchemar sans fin, les clients se succèdent, les commandes s'enchaînent, les pourboires restent dérisoires, et je sens mes forces décliner, chaque muscle de mon corps hurlant à l'abandon, chaque fibre de mon être criant grâce, mais je tiens, je tiens parce que je n'ai pas le choix, je tiens parce que Léo compte sur moi, et c'est à minuit, alors que je commence à ranger les verres sales, les doigts gourds et les yeux brûlants, qu'un homme s'approche du bar, et sa présence seule fait taire toutes les conversations autour de moi, comme un prédateur qui entre dans une cage, et je le vois, cet homme grand, large d'épaules, vêtu d'un costume sombre qui doit coûter plus que ce que je gagne en six mois, une cicatrice blanche et violacée qui traverse son sourcil gauche comme un éclair, des yeux noirs comme du charbon, impénétrables, qui me transpercent et me déshabillent en un seul regard, et il me regarde, il me regarde comme si je n'étais qu'un objet, une marchandise, et il pose une enveloppe épaisse sur le comptoir, le papier crissant comme une promesse de damnation.
— Aurora, dit-il, sa voix grave comme un grondement de tonnerre, et mon cœur s'arrête, parce qu'il connaît mon nom, parce que personne ne connaît mon nom ici, pas même le barman qui m'appelle "fille" depuis six mois, et je le regarde, les yeux écarquillés, la gorge sèche, et il ajoute : "J'ai une proposition pour toi. Une proposition qui va changer ta vie." Et je sais, avant même qu'il ne poursuive, que ce qui va suivre va tout briser, mais je ne peux pas m'enfuir, parce que l'enveloppe est épaisse, parce que j'imagine les billets à l'intérieur, parce que je pense à Léo, à ses doigts amaigris, à son sourire forcé, à ses trois mois.
— Je peux te donner dix mille euros, dit-il, sa voix résonnant comme un arrêt de mort. Ce soir. En échange d'une nuit.
Et le monde s'effondre.
Dix mille euros. Une nuit. Mon corps. Ma dignité. Mon âme.
Je veux dire non. Je veux le frapper. Je veux m'enfuir en courant, en hurlant, en pleurant. Mais je pense à Léo. Je pense à l'opération. Je pense aux tubes, aux perfusions, aux nuits à son chevet, à sa main serrant la mienne dans son sommeil agité, à ses lèvres qui murmurent "Je t'aime" dans un souffle. Et je sais que je n'ai pas le choix.
— Où ? Quand ? demandé-je, et ma voix est si faible, si brisée, que je la reconnais à peine.
Il sourit, un sourire froid et cruel, comme s'il savait que la partie était gagnée, et il dit : "Maintenant. Dans la voiture. Mon patron t'attend."
Je laisse tomber mon torchon sur le comptoir, ce torchon sale que je tiens comme une ancre, comme une dernière trace de normalité, et je prends mon sac, ce sac usé dont la fermeture éclair est cassée, et je sors du bar, et le vent froid de la nuit me frappe le visage comme une gifle, et la voiture noire m'attend, longue comme un cercueil, silencieuse comme une tombe, et je monte à l'arrière, et les portes se referment sur moi comme des mâchoires, et je prie, je prie de toutes mes forces pour que ce soit le dernier mensonge, la dernière trahison, la dernière fois que je me vends pour sauver celui que j'aime.
Il pose ses mains sur les accoudoirs de ma chaise, il m'enferme, il me piège.— C'était vous, dit-il, sa voix à peine un murmure. Vous êtes la serveuse. Vous êtes la femme de cette nuit.— Oui, dis-je, ma voix étranglée. Oui, c'était moi.— Et vous avez gardé mon enfant, dit-il, sa voix se brisant, une fissure dans sa carapace de glace. Vous l'avez élevé seule, dans la misère, dans la pauvreté, sans rien me dire.— Je ne pouvais pas, dis-je, les larmes coulant sur mes joues. Vous étiez un inconnu, je ne savais pas qui vous étiez, je ne savais même pas votre nom.— Vous auriez dû me chercher, dit-il, sa voix plus forte, plus dure. Vous auriez dû me trouver, me dire, me donner la chance de...— De quoi ? demandé-je, ma voix s'étranglant. De me prendre mon enfant ? De me détruire ? De me briser ?— Je n'aurais pas fait ça, dit-il, sa voix brisée. Je n'aurais jamais fait ça.— Vous ne me connaissez pas, dis-je. Vous ne savez rien de moi. Vous ne savez pas ce que j'ai souffert, ce que j'ai
AuroraLa semaine passe, lente et douloureuse, chaque jour une nouvelle épreuve, chaque nuit un nouveau cauchemar, et je suis là, le vendredi soir, assise à mon bureau, les doigts engourdis par des heures de travail, les yeux brûlants de fatigue, le corps brisé par l'épuisement, et je regarde l'horloge, les aiguilles tournant lentement, inexorablement, vers la fin de la journée, vers la liberté, vers Noah.Mon téléphone vibre, et je vois le message de Léo :"Noah a de la fièvre, 39°5, il réclame sa maman."Mon cœur se serre, une panique viscérale s'empare de moi, une panique qui me noue l'estomac, qui me serre la gorge, qui m'empêche de respirer, et je me lève, je prends mon sac, je cours vers la sortie.Mais une main se pose sur mon épaule, une main puissante, une main que je reconnais entre toutes, et je me retourne, et je vois Lionel Vance, ses yeux gris plongeant dans les miens.— Aurora, dit-il, sa voix glaciale. Où allez-vous ?— Mon fils est malade, dis-je, ma voix tremblante.
Je vais chercher le dossier, mes doigts tremblants parcourant les étagères poussiéreuses, mes yeux aveuglés par les larmes, et je retourne à mon bureau, je m'assois, je pose la tête sur mes bras, et je pleure, je pleure en silence, je pleure toutes les larmes de mon corps.La journée continue, interminable, et je sens son regard sur moi à chaque instant, son regard qui me juge, qui me condamne, qui me réduit à néant.À la fin de la journée, alors que je range mes affaires, il apparaît devant mon bureau.— Aurora, dit-il, sa voix glaciale. Demain, vous travaillerez directement avec moi. Soyez dans mon bureau à huit heures.— Oui, monsieur, je réponds, ma voix tremblante.Il me regarde, ses yeux gris plongeant dans les miens, et il dit, sa voix à peine un murmure : "Je vais découvrir votre secret, Aurora. Un jour ou l'autre."Il s'en va, et je reste là, figée, pétrifiée, paralysée.AuroraLes jours suivants sont un enfer, une succession d'humiliations quotidiennes, de regards méprisants
Soudain, sa voix tranche le silence comme un couperet : "Aurora."Je sursaute, mon cœur bondissant dans ma poitrine, et je le regarde, ses yeux gris plongeant dans les miens, ses yeux gris qui me transpercent, qui me jugent, qui me condamnent.— Avez-vous quelque chose à ajouter ? demande-t-il, sa voix neutre, indifférente.Je balbutie, ma voix à peine audible, ma voix étranglée par la peur et la honte : "Non, monsieur, rien."Il hoche la tête, un sourire froid aux lèvres, un sourire qui ne touche jamais ses yeux, un sourire qui me dit qu'il sait, qu'il sent, qu'il devine que je cache quelque chose, et il poursuit, il continue, il ignore mon existence comme il ignore celle de tous les autres.Lorsque la réunion se termine, je me lève, mes jambes flageolantes, et je me dirige vers la sortie, mais sa voix me rattrape : "Aurora, restez un instant."Je me fige, mon cœur s'arrêtant net, et je me tourne vers lui, mes doigts tremblants, mes lèvres sèches.— Oui, monsieur ?Il s'approche de m












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