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Chapitre 40 — Matteo Rinaldi entre en scène

last update Veröffentlichungsdatum: 20.07.2026 19:17:43

Matteo Rinaldi choisit d’entrer dans ma vie un soir de pluie.

Pas en personne, d’abord. Par la méthode la plus fidèle aux hommes de son espèce : l’élégance d’une intrusion calculée.

Le dîner venait de s’achever. Les invités du salon des alliances avaient quitté le domaine. Luca parlait encore à Rossi dans le corridor. Bianca s’était retirée avec une expression plus fermée qu’à l’ordinaire. Quant à moi, j’avais besoin de marcher seule avant de devenir folle à force d’être regardée comme un mécan
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  • L'épouse du roi noir   Chapitre 60 — Les papiers de la honte

    Les papiers arrivèrent le soir même.Pas ceux de Zurich. Pas encore.Ceux que Noah avait fini par rassembler à partir des faux employés, des comptes croisés, des circuits de paiement et du téléphone récupéré après la tentative de disparition. Des documents modernes cette fois. Des copies imprimées, propres, datées, bancales seulement dans leur moralité.Luca les apporta dans le grand bureau de Dante. Adriana revint. Bianca aussi. On m’y fit asseoir sans détour, comme si désormais plus personne n’osait encore prétendre que certaines vérités pouvaient continuer à se discuter hors de ma présence.Le dossier était mince. C’était peut-être le pire.Parce qu’il ne fallait pas beaucoup de papier pour prouver une ignominie récente.Noah ouvrit le premier feuillet.— Société de restauration écran. Paiement vers une structure de Naples déjà liée à Salvetti par ancien montage dormant. Retrait en liquide. Deux versements secondaires à du personnel temporaire. Et ici—Il fit glisser une autre

  • L'épouse du roi noir   Chapitre 59 — Une avocate aux mains propres

    Je demandai à revoir Adriana seule.Pas tout de suite. Pas devant Dante. Pas avec Luca adossé à une bibliothèque, prêt à capter chaque silence. Plus tard, en fin d’après-midi, lorsque la lumière commençait à se coucher sur les vitres de l’aile ouest.Elle accepta sans surprise.On nous laissa dans le petit bureau annexe, une pièce étroite, presque nue, où seuls un secrétaire ancien, deux fauteuils et une lampe basse semblaient exister. Adriana ôta ses gants de cuir avant de s’asseoir. Le geste me marqua sans raison claire. Tout chez elle paraissait précis, propre, net. Comme si même sa manière de se préparer à parler était un avertissement.— Vous vouliez me poser d’autres questions, dit-elle.— Oui.— Très bien.Je la regardai quelques secondes sans parler.— Vous savez des choses que Dante ne dit pas de la même manière.Elle croisa les jambes.— Bien sûr.— Pourquoi ?— Parce qu’il vit à l’intérieur du système. Moi, je l’administre depuis ses bords.La phrase me plut.Je la détestai

  • L'épouse du roi noir   Chapitre 58 — Adriana Vescari

    On me présenta Adriana Vescari le lendemain matin.Pas dans un grand salon. Pas sous un lustre. Pas au milieu des témoins élégants habituels. Dans le bureau juridique secondaire de l’aile ouest, une pièce sobre, presque clinique, où l’on ne recevait que les gens dont les mains devaient rester propres même lorsqu’elles manipulaient les pires ordures du système.Adriana se leva quand j’entrai.Trente ans, peut-être un peu plus. Cheveux noirs impeccablement lissés en arrière. Tailleur crème d’une simplicité si coûteuse qu’elle en devenait une arme. Pas un bijou inutile. Pas un geste perdu. Son visage n’était pas beau au sens docile du terme. Il était net, composé, maîtrisé, avec cette élégance des femmes qui ont appris à ne jamais laisser leur fatigue apparaître avant d’être seules.Dante se tenait déjà là. Luca aussi. Noah gardait la porte.— Signorina Valenti, dit Adriana. Enfin.Je m’arrêtai à la distance polie qui permet encore l’insulte si nécessaire.— J’ai l’impression que beaucou

  • L'épouse du roi noir   Chapitre 57 — Le coffre de Zurich

    Dante arriva trop tard pour empêcher la découverte.Mais assez tôt pour comprendre immédiatement ce qui venait de se passer.Je n’avais pas encore quitté la chambre. La veste de ma mère reposait toujours sur le lit, la couture ouverte visible sous la lumière de la lampe. La clé argentée et le papier avec la suite de chiffres étaient posés devant moi sur le bureau quand on frappa.Pas doucement cette fois.Je n’eus pas besoin d’autoriser l’entrée.Il entra, vit Vittorio encore présent, puis son regard tomba sur le lit, la veste, la couture, la clé.Le silence dans la pièce changea de nature.— Où avez-vous trouvé ça ? demanda-t-il.Sa voix était calme.Trop calme.Je soutins son regard.— Dans la doublure de la veste de ma mère. Grâce à un homme qui, apparemment, sait encore obéir à ses morts mieux que vous à vos vivants.Vittorio s’inclina légèrement.— Je vais vous laisser.Il sortit sans attendre de réponse.La porte se referma.Nous restâmes seuls.Dante s’approcha très lentement d

  • L'épouse du roi noir   Chapitre 56 — Une clé dans la doublure

    Je ne réussis pas à manger ce soir-là.Vittorio fit monter un plateau dans ma chambre. Je n’y touchai presque pas. Les mots du dossier, les listes, les lettres, tout revenait en boucles sèches dans ma tête. Je repensais surtout à une phrase du carnet de ma mère :laisser une clé cousueLa clé trouvée dans la boîte ne quittait plus mon esprit.Vers minuit, alors que la maison s’était enfin assourdie, on frappa discrètement à ma porte.Je crus d’abord à Dante. Je me trompais.C’était Vittorio.Le vieux majordome entra après mon assentiment et referma derrière lui avec plus de précaution que d’habitude. Dans ses mains, il tenait une boîte plate recouverte de toile grise.— Qu’est-ce que c’est ? demandai-je.Il s’approcha du petit bureau.— Une chose que j’aurais dû vous donner plus tôt, signorina.Je me figeai.— Plus tôt ?Il posa la boîte devant moi.— Après la mort de votre mère, certains effets personnels ont été conservés dans l’ancienne aile, puis déplacés. La plupart ont disparu

  • L'épouse du roi noir   Chapitre 55 — Ma famille n’est pas morte par hasard

    Je quittai la pièce cachée seule.Pas parce que Dante me laissa partir volontiers. Parce qu’il comprit qu’aucune présence à cet instant ne m’aurait empêchée de suffoquer sous le poids de ce que je venais d’apprendre.Je traversai l’aile ancienne, montai les marches, passai devant le portrait d’Isabella sans même le voir vraiment, puis gagnai la terrasse nord. Le ciel était couvert. L’air plus froid qu’il ne l’aurait dû pour la saison. Je m’agrippai à la rambarde de pierre jusqu’à en sentir la morsure sous mes doigts.Ma famille n’était pas morte par hasard.Le mot famille lui-même se dédoublait désormais.La famille officielle : le père ruiné, la mère mélancolique, la chute brutale, les dettes, l’exil discret. Et l’autre : les Armano, les clauses, les femmes déplacées, les listes de noms barrés, les survivants organisés, les intérêts répartis.On ne m’avait pas caché une vérité.On m’avait construit une fausse origine.— Vous allez tomber si vous continuez à vous tenir comme ça.La

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