LOGINLE POINT DE VUE DE CHRISTINE
Le martèlement sourd contre la porte me tire de mon sommeil . J’ouvre les yeux , les draps froissés contre ma peau nue.
On frappe de nouveau.
Je bondis presque du lit, attrapant un short et un débardeur à la hâte. Je titube jusqu’à la porte, ouvre… et les voilà.
Amanda et Noémie entrent .
— Bah dis donc, t’as une tête à avoir fait des folies cette nuit ! balance Amanda.
— T’étais où hier ? On t’a cherchée pendant un moment, ajoute Noémie, son regard déjà en train de fouiller la pièce comme une chasseuse.
— Attendez… vous êtes sérieuses ?
Mais c’est trop tard. Elles sont déjà à l’intérieur, fouillant un peu partout . Amanda ouvre la salle de bain, Noémie soulève même le couvre-lit, comme si un mec allait surgir de dessous, nu .
— Il s’est caché où, ton amant ? On finira bien par le trouver, rigole Amanda.
Je lève les yeux au ciel, mais malgré moi, un petit sourire m’échappe. L’ambiance est légère, ça rigole, on s’envoie des coussins, les blagues fusent. Et puis… Je lâche la phrase de trop.
— Ce n’est pas ce que vous croyez…
Noémie se fige, coussin en main. Amanda se redresse, son sourire s’évanouit lentement.
Je prends une inspiration.
— Hier soir… quelqu’un m’a droguée, je souffle, les yeux soudain brûlants. C’était ce type… celui qui m’avait demandé de danser avec lui. Celui que j’ai humilié.
Un silence brutal tombe. Froid. Sec.
— Quoi ? Ce salaud a osé te droguer ? s’écrie Noémie, hors d’elle.
— Dommage qu’aucune de nous n’ait pris ses gardes du corps cette fois… Je te jure que je l’aurais retrouvé et écrasé ! gronde Amanda, les poings serrés. Je vois sa mâchoire se crisper.
— J’aurais pu être violée… ou pire. Je serais peut-être morte dans cette chambre… Mais il est arrivé. Le serveur.
— Qui ça ? demande Noémie, sa voix tremblante.
— Le serveur que j’ai embrassé sur la piste… devant tout le monde. Je l’avais à peine remarqué avant ça. Mais il est arrivé, comme ça… un extincteur à la main. Il a frappé l’autre mec à la tête. Il m’a prise dans ses bras, m’a portée jusqu’à ma cabine. Il voulait partir, il ne savait pas quoi faire. Mais j’avais peur. J’étais à moitié consciente. Je l’ai supplié de rester.
Amanda et Noémie échangent un regard silencieux.
— Et… il est resté ? murmure Amanda.
— Oui
Je ferme les yeux une seconde. Amanda vient s’asseoir près de moi. Sa main se pose sur ma cuisse.
— T’es forte, tu sais ? me dit-elle dans un murmure. Et chanceuse aussi, de ne pas être tombée sur un salaud de plus.
— Il t’a sauvée deux fois, ajoute Noémie. Une fois de ce type… et une fois de toi-même.
Je hoche doucement la tête. Je respire à fond. Puis je me lève.
— Allez, avouez. Il était mignon ? me lance Amanda avec un sourire.
Je la fusille du regard.
— Sérieusement ? Arrêtez vos enquêtes de détectives. Laissez-moi me changer tranquillement. Et après, promis, on descend manger. Mais je vous en prie… plus un mot sur cette nuit.
Amanda lève les mains, faussement innocente.
— D’accord… d’accord. Mais on veut quand même le nom de ton super-héros.
Je souris malgré moi, en attrapant une robe dans ma valise.
— Je ne lui ai même pas demandé. Je croyais qu’il serait encore là ce matin… mais bon…
Une fois au restaurant, je balayais encore la salle du regard . Je cherchais le serveur… Son absence devenait presque pesante. Où était-il passé ? Je détestais cette impression de vide.
Et soudain, tout a basculé.
Les portes ont volé en éclats. Une dizaine d’hommes en noir ont surgi, armés jusqu’aux dents.
Des cris étouffés, des couverts qui tombent, le tintement nerveux du cristal. Un homme a tenté de courir vers la sortie. Il n’a pas fait trois pas. une balle dans la jambe le cloue au sol. Il s’est effondré en hurlant, la jambe explosée.
Des hurlements ont éclaté.
Un coup de feu a retenti, plus puissant que les autres. J’ai levé les yeux vers la scène.
Un homme, ou un démon, je n'arrivais pas à faire la différence,il venait de grimper sur une table, mitraillette à la main. Son masque grotesque et déformé m’a glacée jusqu’aux os. Il a levé son arme et tiré dans le plafond. Puis il a dit :
— Mesdames et Messieurs, merci pour votre accueil. Ce soir, un petit spectacle privé. L’entrée ? Un million d’euros par tête. Ceux qui refusent… auront droit à une baignade très spéciale.
Je suis restée pétrifiée une seconde une seule avant que mon instinct ne prenne le dessus. J’ai agrippé Amanda et Noémie et nous nous sommes jetées sous la table. Noémie sanglotait déjà, son corps secoué de spasmes. Amanda tremblait si fort que je sentais ses vibrations contre moi.
— Ne paniquez pas, j’ai murmuré, la gorge nouée. Ils veulent juste de l’argent… Un million d’euros, c’est rien pour nos parents. Ils vont payer. Ils vont tous payer…
Mais je n’étais pas convaincue moi-même. Ma voix tremblait. Mon ventre se contracta douloureusement.
J’ai senti Noémie se recroqueviller contre moi. Amanda avait les mains sur ses oreilles, les larmes aux yeux. Moi, j’essayais de garder le contrôle. Une minute de plus. Juste tenir encore une minute.
Puis, j’ai entendu mon nom.
— Belmont. Christine Belmont.
Ma gorge s’est nouée. Je me suis figée. Cette voix… elle venait de derrière.
Je me suis retournée lentement . Et j'ai vu le masque du chef.
Son regard, je le sentais même à travers les trous noirs du masque. Un frisson glacial me parcourt l’échine et mes jambes me lâchent .
J’ai à peine eu le temps de réagir qu’il m’a saisie par le bras, brutalement. J’ai hurlé. J’ai lutté. Noémie m’a agrippée de toutes ses forces, en larmes, Amanda secouait la tête, tétanisée.
— Lâchez-moi ! criai-je. Vous vous trompez de personne !
Mais il s’est approché, lentement, terrifiant, et m’a attrapée par les cheveux. Il m’a forcée à lever la tête.
— Sois sage, princesse… Sinon, je jette les trois d’un coup à la mer. Et je te promets que vos chers parents ne retrouveront même pas vos cadavres.
Je me suis figée. J’ai senti mon cœur tomber dans un gouffre.
Du point de vue de ChristineLa fête était terminée, les ballons s’étaient effondrés sur le sol et les rires de Selena et Roland s’étaient calmés après quelques derniers éclats. Les jumeaux dormaient enfin, blottis dans leurs petits lits. Le silence de la villa s’était transformé en une bulle douce, presque magique.— Enfin… murmurai-je en soupirant, en sentant Damien poser sa main sur ma taille.— Tu es épuisée, je le sais… dit-il en m’attirant doucement contre lui. Mais je peux rester là ? juste un moment, pour moi aussi…Je hochai la tête, posant ma tête contre son torse. Ses mains se promenaient avec délicatesse, caressant mes bras, mes épaules, mon dos… et parfois, mon ventre encore marqué par les mois de grossesse.— Tu sais… murmurai-je, à moitié pour moi-même, à moitié pour lui… je n’aurais jamais imaginé qu’après tout ce chaos, tout ce bruit, on puisse se retrouver ici… juste nous deux.— Et pourtant, nous y sommes, répondit Damien, sa voix chaude et vibrante. Je ne laisserai
Du point de vue de ChristineLe soleil filtrait doucement à travers les rideaux de la chambre, illuminant le visage endormi de Raphaël dans mes bras. À côté, Éliana remuait doucement, ses petits pieds tapotant le lit comme pour dire : « Allez, maman, il est temps de commencer la journée. »— Bonjour, mes amours… murmurai-je, incapable de retenir un sourire.Damien était déjà debout, tenant Éliana contre lui tout en préparant un biberon. Ses yeux brillaient de cette tendresse que je connaissais par cœur, ce mélange unique d’amour et de fascination pour nos enfants.— Tu es magnifique ce matin, dit-il doucement en me déposant un baiser sur la tempe.— Et toi… toujours gaga, répliquai-je en riant, en posant Raphaël dans son siège.Le chaos commença presque immédiatement. Raphaël voulait toucher le biberon d’Éliana, qui protestait avec ses petits cris aigus. Damien soupira, mais il riait en même temps, se penchant pour séparer les bébés sans perdre une seconde.— Vous allez m’épuiser avan
Du point de vue de ChristineJe pensais que ce matin serait calme, mais en descendant l’escalier avec Raphaël dans les bras et Damien portant Éliana, je découvre Selena et Roland déjà en train de s’agiter dans la cuisine.— Bonjour, futurs parents fatigués ! s’exclame Selena en éclatant de rire.— Qu’est-ce que vous faites ? demandai-je, déjà un peu sur la défensive.Roland rit, tenant une assiette de pancakes encore fumants :— On a décidé de vous aider… enfin, de mettre un peu de vie dans votre matinée !— Selena… soupirai-je, mais je sens déjà un sourire se former malgré moi.Selena, toute fière, attrape Éliana des bras de Damien :— Alors, ma petite princesse, prête pour ton premier pancake ?Je vois Damien froncer légèrement les sourcils mais sourire malgré lui.— Selena… doucement… murmure-t-il, mais il ne la retire pas.— Oh, ne t’inquiète pas… je gère, dit-elle en lui lançant un clin d’œil complice.Je pose Raphaël sur la chaise haute, et il regarde les pancakes avec curiosité
Du point de vue de ChristineJe regarde Damien, les bébés endormis contre nous sur le canapé, quand Selena surgit avec Roland derrière elle, les yeux pétillants de malice.— Alors, les futurs parents épuisés… je crois que vous avez besoin d’un peu d’animation ! s’exclame Selena.Avant que je puisse réagir, Roland sort une petite boîte remplie de… ballons colorés et de confettis.— Qu’est-ce que… dis-je, incrédule, tandis que Selena éclate de rire.— Oh, ça va… vous avez survécu à votre petite crise nocturne, maintenant on fête ça ! dit-elle en agitant les ballons devant nos visages.Damien se redresse rapidement, les yeux écarquillés :— Selena… tu oses ?Elle lui lance un sourire provocateur :— Oh, mais je n’ai fait que commencer !Roland, hilare, ouvre la boîte et une pluie de confettis tombe sur nous. Je ne peux m’empêcher de rire, attrapant les ballons pour les lancer doucement sur Selena et Roland.— Christine ! crie Selena en riant, arrête de me bombarder !— Pas question ! rép
Du point de vue de ChristineLa villa est silencieuse. Pour la première fois de la journée, ce n’est pas un silence de menace, mais un silence rassurant.Damien reste assis sur le canapé, les bébés dans ses bras. Il me regarde et sourit doucement, le genre de sourire qui efface toutes mes peurs.— Tu sais… souffle-t-il, ils ne pourraient pas avoir un meilleur papa, dis-je en posant ma main sur son bras.Il hoche la tête, les yeux brillants, mais il garde ses gestes mesurés.— Et toi… le meilleur rôle de maman, murmure-t-il en déposant un petit baiser sur ma joue.Je rougis et souris. Les bébés gigotent légèrement, comme s’ils comprenaient nos mots.— Vous voulez goûter un peu de lait ? je murmure en riant, essayant de détendre encore plus l’atmosphère.Ils gazouillent et bougent leurs petites mains vers nous.Du point de vue de SelenaJe pénètre dans le salon, Roland à mes côtés.— Eh bien, on dirait que vous avez survécu à votre petite aventure nocturne, dis-je avec un sourire malici
Du point de vue de ChristineJe suis dans le salon, Raphaël endormi dans mes bras, Éliana jouant sur le tapis à côté.Le téléphone de Damien vibre.— Qu’est-ce que c’est ? demandé-je doucement, sentant une tension familière.Il décroche et écoute quelques secondes, le visage se ferme instantanément.— Christine… je dois gérer ça, dit-il en se levant.Je sens mon cœur se serrer.— Quoi ?! Que se passe-t-il ?— Un groupe rival… ils ont su pour les jumeaux.Je reste immobile, figée. La peur me serre la poitrine.— Mais… pourquoi maintenant ?— Ils veulent tester ma vigilance… et ils savent que vous êtes vulnérables.Je sens une boule dans ma gorge, et instinctivement je pose mes mains sur son visage.— Damien… tu n’as pas à tout porter seul. Je suis là.Il hoche la tête, mais ses yeux révèlent l’alerte maximale.— Je sais… Mais chaque seconde compte.Du point de vue de DamienJe bouge rapidement, chaque pas mesuré, chaque geste précis.— Ricardo, double la surveillance à toutes les entré
CHAPITRE 72 LE POINT DE VUE DE CHRISTINE Quand je sors de la cabine, il est là.Appuyé contre le mur, les mains dans les poches, comme s’il m’attendait depuis toujours.Ses yeux accrochent les miens, et l’air entre nous devient lourd, presque étouffant.Je croise les bras, sur la défensive, mais
Chapitre 70 LE POINT DE VUE DE CHRISTINE Je suis rentrée dans ma chambre sans un mot.J’ai fermé la porte doucement trop doucement peut-être, vu le volcan qui bouillonnait en moi. Dès qu’elle a claqué, la rage m’a envahie. J’ai arraché le coussin du lit et l’ai lancé de toutes mes forces contre l
Chapitre 68 LE POINT DE VUE DE DAMIEN Elle me fixe, les yeux tremblants, pleins de rage et de désespoir. Son regard me brûle plus fort que n’importe quelle balle, plus fort que toutes les trahisons que j’ai connues.Je devrais détourner la tête. Mais je n’y arrive pas.— Admettons, ai-je dit, d’u
Chapitre 67 LE POINT DE VUE DE CHRISTINE La chambre sentait le calme factice d’une maison qui n’appartient plus qu’à des habitudes luxueuses. Je traînais dans le lit, l’ennui et la lourdeur des pensées plus pesantes que les draps. L’après-midi me tombait dessus comme une chape. Je n’avais pas fai







