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Chapitre 6

last update publish date: 2026-03-06 10:46:01

POV : JEFFREY

La nuit tombait quand j'arrivai au manoir.

Les lumières étaient déjà allumées.

Ma grand-mère m'attendait dans le hall, droite comme le fer, élégante comme un fantôme royal.

— «Bravo, Jeffrey. Aujourd'hui, tu as prouvé que ton sang n'a jamais faibli.» Mon cœur battit plus fort sans que je sache pourquoi.

— Et ?

La grand-mère me regarda avec des yeux qui voyaient trop loin.

— Et elle sera ton plus grand test. Car cette fois, Jeffrey... le feu que tu devras maîtriser ne sera pas seulement dans ton corps.

Elle posa une main sur mon cœur.

— Il sera ici. Et si tu perds ce combat... tu perdras tout.

Elle caressa ma joue d'une main froide, mais fière.

— Tu as gagné un pari... mais tu dois gagner ton destin mainten.

Mon cœur battit plus fort sans que je sache pourquoi.

— Et ?

La grand-mère me regarda avec des yeux qui voyaient trop loin.

Ma Grande Mère se leva avec une grâce surprenante pour son âge. Elle fit un geste vers une porte dissimulée derrière une tenture brodée d’or, un sourire énigmatique étirant ses lèvres fines.

—« Viens. »

Je la suivis, sentant mon cœur battre plus vite à chaque pas. La porte s’ouvrit sur une pièce circulaire, baignée d’une lumière dorée qui semblait émaner des murs eux-mêmes. Pas de torches ici. Pas de flammes vacillantes. Juste cette lueur chaude, presque liquide, qui enveloppait tout. L’air était plus épais ici, chargé d’une énergie électrique, comme avant un orage. Et au centre de la pièce, une femme m’attendait.

Elle était vêtue d’une robe transparente, tissée d’un matériau qui semblait à la fois solide et insaisissable, comme de la brume capturée. Ses courbes se dessinaient sous le tissu, généreuses et douces, ses hanches larges, sa taille fine, ses seins pleins et lourds, presque déversés hors du décolleté plongeant qui les retenait à peine. Sa peau avait la couleur du caramel fondu, lisse et luisante, comme si elle venait d’être huilée. Ses cheveux, noirs et bouclés, cascadaient sur ses épaules en vagues épaisses, encadrant un visage aux traits fins, aux lèvres pulpeuses, légèrement entrouvertes.

Elle ne bougea pas quand on entra. Elle ne sourit pas. Elle se contenta de nous observer, ses yeux sombres et profonds comme des puits sans fond, ses paupières mi-closes, comme si elle était à moitié endormie. Ou à moitié éveillée à autre chose.

—« Voici ton prochain défi, » chuchota la Grande Mère à mon oreille , mon haleine chaude me caressant le lobe. 

—« Ce n’est pas ton corps que je veux éprouver, Jeffrey. Mais ton feu.»

Les mots résonnèrent en moi comme un coup de gong. Mon feu. Je savais ce que cela signifiait. Ce n’était pas une métaphore. C’était une réalité brute, physique. La chaleur qui montait en à chaque fois je voyais une femme comme elle. Chaque fois que le désir me serrait les tripes, me durcissait la bite jusqu’à en avoir mal. Chaque fois je voulais prendre, dominer, remplir jusqu’à ce que je n’y ai plus rien d’autre que le son de notre souffles mêlés, le goût de notre sueur, l’odeur de notre jouissance.

La femme fit un pas vers moi. Un seul. Mais ce pas fut comme un coup de poignard en plein ventre. Ses hanches oscillèrent légèrement, son buste se balança avec une lenteur calculée, et je sentis mon sexe se dresser instantanément, dur comme de la pierre, pressant contre le tissu de son pantalon avec une insistance douloureuse. Je serrai les dents. Ne bouge pas. Ne cède pas.

—« Tu vois ? » murmura la Grande Mère, amusée. 

« Elle n’a même pas besoin de te toucher. »

La femme s’approcha encore, et cette fois, son parfum l’atteignit pleinement. Un mélange enivrant de vanille noire, de musc et de quelque chose de plus animal, plus brut. Comme l’odeur d’une femelle en chaleur. Ses narines frémirent. Ses poings se serrèrent.

 Putain. Putain. Putain.

Elle était si près maintenant que je pouvais sentir la chaleur de son corps, comme une fournaise prête à me consumer. Ses lèvres, d’un rouge profond et humide, s’entrouvrirent davantage, et un souffle tiède me effleura la joue.

 —« Tu veux me toucher, n’est-ce pas ? » Sa voix était un murmure rauque, presque un ronronnement.

— « Tu veux me prendre. Me marquer. Me remplir jusqu’à ce que je crie. »

Je sentis un grognement monter dans ma gorge. J'aurais pu le faire. En un instant. L’attraper par les hanches, la plaquer contre le mur, déchirer cette robe ridicule qui ne servait qu’à le torturer, et s’enfoncer en elle jusqu’à ce qu’elle hurle mon nom. Je pouvait. Mon corps tout entier hurlait pour le faire.

Mais je restai immobile.

—« Bien, » murmura la Grande Mère, satisfaire.

— « Très bien. »

La femme leva une main, lentement, comme si elle avait tout son temps. Ses doigts effleurèrent ma poitrine , traçant une ligne invisible sur mon torse, descendant vers mon ventre, puis plus bas, frôlant à peine la bosse évidente dans mon pantalon. 

—« Tu es si dur, » murmura-t-elle, ses ongles grattant légèrement le tissu, juste assez pour le faire frissonner.

— « Si prêt. »

Je fermai les yeux un instant, les mâchoires contractées. Je pouvais sentir ses doigts à travers le tissu, comme si elle me touchait déjà, nue, ma peau contre la sienne.

 « Arrête, » grondai-je, mais le mot sonna faible, presque suppliant.

« Oh, je n’ai même pas commencé,» répondit-elle, un sourire cruel aux lèvres.

Ses doigts remontèrent, traçant maintenant le contour de mes pectoraux, puis de mes épaules, avant de venir se poser sur ma nuque. Elle se hissa légèrement sur la pointe des pieds, et soudain, ses lèvres étaient contre les miennes. Pas un baiser. Juste un effleurement. Juste assez pour je sente leur chaleur, leur douceur, leur promesse.

—« Embrasse-moi, » murmura-t-elle contre sa bouche.

— « Ou ne le fais pas. Mais sache que je peux te faire perdre le contrôle rien qu’avec un souffle. »

Je sentis mes genoux trembler. Putain de merde. Je voulais. Je voulais tellement. Mais je savais, au fond de moi, que si je cédais maintenant, j'aurais perdu. Pas contre elle. Contre moi-même.

Je reculai d’un pas, brisant le contact. 

—« Non. »

Un silence. Puis un rire bas, sensuel, sortit de la gorge de la femme. 

—« Intéressant. »

 Elle fit un pas en arrière, ses yeux brillant de malice. 

—« Alors tu préfères regarder, peut-être ? »

Sans attendre de réponse, elle porta une main à son décolleté et tira doucement. Le tissu glissa, libérant un sein lourd, parfait, couronné d’un mamelon sombre et durci.

— « Regarde, » ordonna-t-elle, pinçant légèrement son téton entre ses doigts.

 « Regarde comme il est sensible. Comme il a faim. »

Je sentis ma bouche s’assécher. 

Mon regard était rivé sur ce sein, sur la façon dont mes doigts le malaxaient, le tiraient, le faisaient rougir. Je pouvais presque goûter la peau sous ma langue, sentir le poids dans ma paume.

— « Arrête, » répétai-je, mais cette fois, c’était à moi-même je l’ordonnais.

—« Pourquoi ? » 

Elle fit glisser l’autre bretelle de sa robe, laissant le second sein se libérer, aussi magnifique que le premier. 

—« Tu aimes ça. Je le vois. » 

Ses mains descendirent, caressant son ventre, puis plus bas, soulevant légèrement sa robe pour révéler l’absence totale de sous-vêtements.

 « Tu veux me lécher ici, n’est-ce pas ? » 

Ses doigts effleurèrent sa chatte, déjà luisante, ses lèvres gonflées par l’excitation. 

—« Me goûter. Me faire gémir. »

Je sentis une goutte de sueur couler le long de ma tempe. Mon sexe palpitait, douloureux, Mes bourses lourdes et tendues. 

—« Je… » je déglutis. 

—« Je ne céderai pas. »

—« Alors regarde, » murmura-t-elle en s’allongeant sur un divan bas, près d’eux, écartant les jambes avec une lenteur délibérée. 

—« Regarde bien. »

Ses doigts s’enfoncèrent entre ses cuisses, écartant ses lèvres, révélant le rose brillant de son intérieur, déjà trempé, déjà prêt. 

—« Tu vois comme je suis mouillée ? » murmura-t-elle, un doigt traçant un cercle autour de son clitoris gonflé. 

—« Tout ça… c’est pour toi. »

Je sentis son souffle devenir rauque.

— « Putain… »

—« Chut. » 

Elle commença à se caresser, lentement d’abord, puis avec plus d’insistance, ses hanches se soulevant légèrement à chaque mouvement, ses seins tremblant à chaque inspiration. 

—« Tu peux me regarder. Me désirer. Mais tu ne peux pas me toucher. »

 Ses doigts s’enfoncèrent en elle, et un gémissement me échappa, bas et guttural. 

—« Pas encore. »

La Grande Mère posa une main sur mon épaule , me forçant à rester en place alors que tout mon être hurlait pour avancer, pour prendre.

— « Ressens-le, » murmura-t-elle.

— « Ressens ce feu. Apprends à le contrôler. Sinon, il te consumera. »

La femme sur le divan gémit plus fort, ses doigts allant et venant en elle avec une frénésie croissante, ses cuisses tremblant, son dos se cambrant.

— « Jeffrey… » haleta-t-elle, ses yeux rivés aux siens. 

—« Regarde-moi jouer avec ma chatte. Regarde comme elle est serrée. Comme elle t’attend. »

Je ne pouvais pas détourner les yeux. Je ne voulais pas. Même si chaque gémissement, chaque mouvement de ses hanches, chaque goutte de son jus qui coulait le long de ses doigts était une torture.

— « Je… » Ma voix était rauque, brisée.

— « Je ne peux pas… »

—« Si, tu peux, » gronda la Grande Mère.

— « Tu dois. »

La femme cria soudain, son corps se tordant, ses doigts enfouis profondément en elle alors que l’orgasme la traversait, violente, incontrôlable.

— « Jeffrey ! » 

Son jus gicla, abondant, inondant ses cuisses, le divan, ses propres doigts qu’elle continua à faire aller et venir, prolongeant son plaisir, le tirant de chaque fibre de son être.

Et moi, immobile, les poings serrés, les dents si fortement enfoncées dans ma lèvre inférieure que je sentis le goût du sang.

Je ne bougea pas.

Je ne céda pas.

Mais je brûlai.

La grand-mère sourit, satisfaite.

— Tu as réussi. Tu as appris à maîtriser ton désir. Maintenant, tu es prêt.

Je respirais fort, mon corps encore en feu.

— Prêt pour quoi ?

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