INICIAR SESIÓNLa nuit avançait, mais l’atmosphère aux quatre coins de la ville devenait de plus en plus oppressante. Les gyrophares bleus des voitures de patrouille de la police déchiraient l’obscurité à chaque intersection principale. Des barricades métalliques avaient été installées, obligeant chaque véhicule à ralentir et à se soumettre à des contrôles extrêmement stricts.Dans une ruelle étroite et sombre, adossé au mur de briques d’une vieille maison en ruines abandonnée par son propriétaire, le Baron Cross resserra son manteau noir autour de lui. Sa respiration était haletante, laissant échapper de fins nuages de vapeur dans l’air froid. Il n’avait même pas encore réussi à nettoyer complètement les résidus de poudre à canon sur la paume de ses mains.« Bon sang ! Carlos est complètement fou ! » jura le Baron Cross d’une voix étouffée. Ses yeux scrutèrent nerveusement la route principale, où une file de policiers contrôlait les automobilistes les uns après les autres. « Fermer toute la ville j
Une fine fumée, vestige de la poudre à canon, flottait encore dans l’air de la salle de bal désormais dévastée. Les cris hystériques des invités s’apaisaient peu à peu, tandis qu’une barricade étroitement formée par l’équipe de sécurité de la famille Derox sécurisait les lieux.Monsieur Carlos s’avança au centre de la pièce, le visage aussi calme que la surface d’une eau tranquille, mais ses yeux lançaient des éclairs meurtriers. Il se tourna vers Paul.« Assure-toi que tous les invités soient évacués vers une zone sûre. Pas un seul d’entre eux ne doit être blessé », ordonna Monsieur Carlos d’une voix grave et pleine d’autorité.« Bien, Grand Maître. Les équipes médicales et de sécurité ont déjà sécurisé les voies de sortie », répondit promptement Paul.Monsieur Carlos glissa la main à l’intérieur de son luxueux smoking. Derrière le tissu de soie, il sortit un pistolet semi-automatique d’un noir de jais. Une arme qu’il avait préparée avant même qu’on ne lui mette son nœud papillon ce
Madame Wilona ne perdit pas une seconde. Avant même que l’aube ne se lève, elle avait déjà son téléphone collé à l’oreille et contactait le directeur de l’hôtel cinq étoiles le plus prestigieux de la capitale.« Maman, écoute-moi d’abord, s’il te plaît », intervint doucement Angelina en touchant avec hésitation le bras de sa future belle-mère. « Ne vaudrait-il pas mieux organiser quelque chose de simple ? Juste un dîner en famille, sans avoir besoin d’une grande fête. Je… je ne veux simplement pas provoquer trop d’agitation. »Madame Wilona abaissa momentanément son téléphone, puis regarda Angelina avec un air à la fois attendri et affectueux.« Simple ? Oh non, ma chérie, c’est impossible », répondit fermement mais tendrement Madame Wilona. « Tu es la future et unique belle-fille de la famille Derox. Le mariage de Hans est un moment que nous attendons depuis toute une vie. Laisse Maman tout organiser, d’accord ? Tout ce que tu as à faire, c’est d’être belle et heureuse. »Cette même
L’atmosphère à l’intérieur de l’habitacle de cette berline luxueuse était d’un silence pesant, en contraste saisissant avec la tempête émotionnelle qui venait tout juste d’éclater dans le couloir du Glasshouse. Hans serrait fermement le volant entre ses mains, les yeux rivés sur les routes de Jakarta qui commençaient à se vider, mais sa mâchoire crispée ne pouvait dissimuler le tumulte qui faisait rage dans sa poitrine.À ses côtés, Angelina avait appuyé la tête contre la vitre. La valise noire posée sur le siège arrière semblait être le témoin silencieux de la fin de son sombre passé avec Axton.« Tu penses encore à lui ? » La voix grave de Hans finit par briser le silence. Une pointe d’amertume y perçait.Angelina se tourna vers lui et aperçut son profil raide. La jeune femme poussa un long soupir avant d’esquisser un petit sourire, un sourire si rare après tout le drame qu’elle avait traversé.« Non, Hans. Je suis simplement fatiguée », répondit doucement Angelina. « Pourquoi fais-
Le doux clapotis de la petite fontaine située dans un coin du Glasshouse était totalement incapable d’apaiser l’atmosphère à la table numéro 12. Axton était assis, le dos bien droit, mais ses doigts entrelacés sur la table ne cessaient de s’agiter nerveusement. Chaque fois que la porte vitrée du café tintait, sa tête se tournait instinctivement dans sa direction.Une heure et dix minutes s’étaient écoulées.Axton commençait presque à croire qu’Angelina ne viendrait pas. Cette femme avait mille raisons de l’ignorer. Pourtant, au moment précis où son espoir commençait à s’éteindre, la silhouette qu’il attendait apparut. Angelina avançait avec élégance, vêtue d’un long manteau couleur crème, le regard droit et légèrement plissé en direction de la valise noire de taille moyenne qu’Axton avait posée à côté de sa chaise.Sans le saluer, Angelina tira directement la chaise en face d’Axton et s’assit.« Je n’ai pas beaucoup de temps. Donne-moi la valise, et nous en aurons terminé. »Axton res
« Dis-le, Moreen ! RÉPONDS-MOI ! »Le hurlement d’Axton retentit avec fracas, l’écho de sa voix semblant capable de faire trembler les murs de cette maison minimaliste. D’une main, il empoignait la mâchoire de Moreen si violemment que la femme grimaça de douleur. Les yeux d’Axton étaient injectés de sang, voilés par une brume de colère, tandis que les veines de ses tempes saillaient sous la tension.Moreen trembla un instant, mais l’instant d’après, la peur sur son visage s’effaça. Elle fut remplacée par un sourire en coin qui se dessina lentement sur ses lèvres couvertes d’un rouge à lèvres rouge flamboyant.« Et si c’était vrai, alors ? » le défia Moreen d’une voix sifflante et audacieuse. « Oui ! C’est moi qui ai tout manigancé ! C’est moi qui ai payé quelqu’un pour falsifier cette foutue lettre ! »Axton resta pétrifié, sa prise se relâchant une seconde sous le choc, offrant à Moreen l’occasion de se dégager tout en toussant.« Tu sais pourquoi j’ai pu faire tout ça si facilement,







