Mag-log inJe descends, traverse le hall, et pousse la porte du jardin. L’air du matin me frappe, un peu sec, presque chaud et je marche droit vers le banc de pierre sous le vieux néflier. Je m’assois, les mains crispées sur mes genoux. Mes pensées tournent si vite que je n’arrive même plus à les attraper.Je suis prête à exploser. Contre Harold. Contre Edna.Contre Jamal. Contre moi-même qui ne peux m'empêcher de vouloir sauver les autres, même quand ils ne veulent pas de mon aide. Contre tout ce foutu monde qui ne me laisse jamais une seconde de répit.Mais pour l’instant… je respire encore et encore. Parce que si je ne respire pas, je vais hurler.***Je suis encore assise sur le banc de pierre quand j’entends mon téléphone sonner dans ma main. Le nom de ma cousine s'affiche sur l'écran. Je me relève instinctivement, essuyant mes mains sur ma robe. Aaliyah apparaît, suivi d'un des gardes du manoir. Elle tient un sac de voyage sur l’épaule et traine une grosse valise derrière elle, l’air esso
Je reste silencieux. Il ancre son regard dans le mien et je ne detourne pas le regard, ne cherche pas non plus à fermer mes pensées. ___ Je veux que tu me répondes, grand-père. Elias parlait avec paraboles et... Harold souffle longuement, mains jointes.___ Pourquoi ? Pourquoi tu l'as tué.___ Parce qu'il a essayé de me tuer. C'était lui ou moi, qui mourrait. Alors, j'ai saisi la chance de rester en vie.Un silence nerveux s’installe. Harold pose ses coudes sur le bureau, un lourd soupir lui échappe. Je me penche légèrement vers lui et reprends : ___ Maintenant, tu vas me dire ce qu’il voulait dire par “votre péché”. Cette histoire, je veux l’entendre de ta bouche.Harold finit par secouer la tête.___ Il a inventé ça. Il voulait te monter contre nous, t’éloigner de la famille. Tu crois vraiment qu’Aziel et moi aurions quelque chose à cacher de cette ampleur ? Je serre la mâchoire. Je veux bien le croire mais une partie de moi ne lâche pas les dires du maire concernant Aziel et l
Jamal Zayd Williams Les phares découpent l’allée du manoir d’une lumière blanche et froide, révélant les silhouettes des gardes postés près du portail. Je ralentis. Le gravier crisse sous les pneus, puis je me gare à ma place habituelle.Je coupe le moteur. Le silence retombe d’un coup, épais, presque lourd après le vrombissement de ma caisse. Era détache sa ceinture sans dire un mot. D'ailleurs, on ne s'est plus adressé la parole depuis que nous avons quitté le restaurant. Je jette un coup d’œil vers elle, son profil est éclairé par les derniers restes des phares avant qu’ils s’éteignent. Elle ne parle pas. Moi non plus.J’ouvre ma portière. L’air frais de la nuit me frappe au visage. Les lumières du manoir projettent une lueur dorée sur le chemin. Era descend à son tour, referme la portière doucement. Autour de nous, tout semble calme. Mes épaules sont toujours tendus pour cette altercation entre ce connard du restau et moi.Sans un mot, je verrouill
Nous sortons du bâtiment et l'air frais du soir me caresse le visage. Je retire la veste et la tends à Jamal.___ Merci ! Il hoche juste la tête en reprenant la veste. Nous regagnons la voiture et il jette la veste sur les sièges arrières du véhicule. ___ Je vais te le rembourser, dès que je récupère mes cartes bancaires. ___ Ce n'est pas un prêt, Era.___ Ça l'est pour moi.Il tourne le regard sur moi, puis soupire simplement. Alors que je mets ma ceinture de sécurité, mon ventre se met à gargouiller. ___ On va manger un truc avant de rentrer, dit-il en démarrant la voiture. ___ Je n'ai pas faim, je veux juste rentrer. Il tourne la tête vers moi.___ Moi, j'ai faim et on ira manger quelque chose avant de rentrer, Era.___ Pourquoi tu fais tout ça ? Subitement, le grand méchant Jamal devient gentil, s'intéresse de mon apparence, de mon alimentation ? Il ne me répond pas. ___ Tu crois qu'il suffit que tu m'emmènes dans un salon de coiffure ou même dans un restaurant pour que j
On s’arrête finalement devant un bâtiment aux vitres teintées, décoré de lettres dorées. Un salon de beauté. Je cligne des yeux et fronce légèrement les sourcils.Jamal coupe le moteur sans un mot. Je tourne la tête vers lui, son profil fermé, son regard fixé droit devant comme si tout cela était parfaitement logique. Moi, je ne comprends rien.___ Qu’est-ce qu’on fait ici ?Il ne répond pas tout de suite. Il se contente de sortir du véhicule. J'emprunte son pas et sors aussi de la voiture. Il tourne le capot du véhicule et me rejoint.___ Réponds-moi, insisté-je mais avec plus de calme.___ Allez, viens ! dit-il en me tendant son bras.Mon regard va et vient entre son visage et son bras qu'il me tend pour que je lui prenne la main. Puis, je le contourne et avance vers le bâtiment. J'entends ses pas derrière moi. Je pousse la porte d'entrée en vitre et un parfum léger de vanille mêlé de karité m'accueille. Le salon est baigné d’une lumière douce, filtrée par des rideaux crème. Des é
Era ___ Dis-moi Era, tu vas bien ? me demande ma cousine à l'autre bout du fil.Assise sur le lit, le téléphone porté à mon oreille, je communique avec Aaliyah. J'ai tenté de la joindre depuis que Jamal m'a remis mon téléphone, mais elle ne répondait pas. Ce n'est que maintenant que j'ai pu la joindre.___ Ça va... Et toi ? ___ Tu sais pas à quel point, je suis heureuse d'entendre ta voix Era. Tu nous manques tellement. Une chaleur m'étouffe la poitrine et je cligne des yeux, chassant mes larmes.___ Vous me manquez aussi, Aaliyah. Comment va ma mère ? Et papa ? Son silence me laisse plus vide qu'elle ne me rassure. Je pince mes lèvres, les yeux humides. Je ressasse le jour où Jamal et moi, sommes allés les voir et pour leur annoncer que je suis désormais mariée. Mes yeux se remplissent immédiatement de larmes, mais j'essaie tout de même de ne pas éclater en sanglots.___ Ils doivent certainement m'en vouloir, murmuré-je. ___ Moi, aussi, j
EraLes bras croisés sur ma poitrine, j'observe la nature autour de moi. Une grande forêt se présente à moi et il n'y a quasiment rien. Pas même une cabane en dehors de cet entrepôt. Le soleil me brûle la peau ainsi que les yeux. Je plisse légèrement mon front, réfléchissant à une solution pour me
Jamal Zayd William ___ Jamal ? hurle Treize.Je me retourne brusquement et aperçois le jeune garçon qui pointe une arme sur moi. Avant même que je ne puisse dégainer mon arme, le garçon tire. La balle frappe d’abord mon épaule et je réprime un gémissement douloureux. La douleur brûlante me fait ch
Aaliyah Je n'ai pas fermé l'œil de la nuit. Tout ce que je faisais, c'était de vérifier mon téléphone dans l'espoir de voir un signe de la part de Era. J'ai téléphoné aux hôpitaux de la ville et leur ai décrit la situation du patient que Era a décidé de conduire à l'hôp
EraL’odeur métallique du sang se mêlait à celle, âcre, du désinfectant bon marché répandu à la hâte sur la vieille table métallique. Le néon clignotant jetait une lumière blafarde sur le corps inerte du blessé.Un soupir bruyant m'échappe alors que je dépose mon sac à main dans un des coins de cet







