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last update Zuletzt aktualisiert: 20.01.2026 00:37:31

Aaliyah

Je n'ai pas fermé l'œil de la nuit. Tout ce que je faisais, c'était de vérifier mon téléphone dans l'espoir de voir un signe de la part de Era. J'ai téléphoné aux hôpitaux de la ville et leur ai décrit la situation du patient que Era a décidé de conduire à l'hôpital. Mais aucun d'eux n'a un patient blessé par balles et surtout hospitalisé hier soir.

Je suis encore plus angoissée. Era et le blessé ne sont dans aucun des hôpitaux où je me suis renseignée. Où sont-ils alors ?

Depuis que j'ai vu cette information concernant la fusillade dans ce quartier, j'ai une boule au ventre qui refuse de se dissiper. Et à chaque fois que j'essayais de fermer les yeux, je vois ma cousine probablement entre les mains de ces hommes.

Ce matin, je me suis levée très tôt, priant la Sainte Marie d'épargner ma cousine du mal, fais le ménage pour m'occuper l'esprit. Après le ménage, j'ai fait le petit déjeuner bien que je n'ai pas l'appétit depuis hier soir.

Je ne peux pas rester là à attendre qu'elle me fasse signe de vie. Je dois comprendre ce qui s'est passé et avant que ma tante n'apprenne quoi que ce soit. Alors, je prends mon sac à main, range rapidement mon téléphone et l'adresse d'une de ses collègue avec qui elle a fait son dernier stage et qu’elle m'avait présentée. Je me reluque une dernière fois dans le miroir : mon visage sombre et tendu me renvoie un air inquiet, mes traits soulignés par les tresses serrées qui découvrent mon front. Mes lèvres brillent malgré moi, contrastant avec l’ombre dans mes yeux. Le décolleté de mon haut noir, sous ma veste entrouverte, laisse voir ma poitrine qui se soulève trop vite, trahissant mon agitation. Un pendentif doré repose lourdement sur ma peau, comme s’il accentuait encore la tension qui m’envahit. Je souffle, mais rien n’y fait : l’angoisse reste accrochée à mon reflet.

Je sors de ma chambre, traverse le couloir et regagne le salon. Alors que je me dirige vers la porte de sortie, la voix de ma tante m'arrête.

___ Tu ne prends pas ton petit déjeuner, ce matin ?

Je me retourne nonchalamment vers eux, mon sac accroché à mon épaule. Ils sont toujours en train de prendre le petit déjeuner. Je m'efforce de rester sereine.

___ N-on, je n'ai pas vraiment faim.

___ Tu m'inquiètes là, Aaliyah. Hier soir, tu n'avais pas faim aussi. Il y a un souci ?

Ma gorge se noue. J'avale péniblement ma salive, pendant qu'elle me sonde. Je lui fais un sourire crispé pour la rassurer.

___ Non, tout va bien. Là, je veux aller voir une amie... euh... je ne vais pas traîner. Vous avez besoin que je vous ramène quelque chose ?

___ Ramène moi des Peanuts butter, lance mon oncle.

___ D'accord, dis-je en hochant la tête.

Je me retourne pour m'en aller, mais à peine ai-je fait un pas de plus que ma tante reprend d'une voix teintée d'inquiétude.

___ Et Era ? Elle ne t'a pas encore fait un signe ?

Mon cœur rate un battement et mes muscles se crispent davantage. Je prends une grande inspiration et me retourne à nouveau vers eux.

___ Pas encore.

___ Même pas un message ? Un appel ? demande mon oncle avec une note d'inquiétude.

Je secoue la tête, paniquée de ne pas savoir quoi leur répondre. Ils froncent tous deux, leurs sourcils, échangent un regard inquiet.

___ C'est vraiment étrange. Tu as essayé de la joindre encore ? continue mon oncle.

___ Euh... je... vous savez, il n'y a rien à s'inquiéter. Era est maintenant docteure et vous savez comment ça se passe dans les hôpitaux. Ils sont très occupés et oublient parfois même de manger quelque chose. Je suis sûre qu'elle a fini l'opération et qu'elle... qu'elle doit être en train de courir dans tous les sens pour son patient.

Mon oncle hoche juste la tête et je vois les traits faciaux de ma tante se relâcher.

___ Hum, tu as raison, affirme mon oncle.

___ Je... il faut que j'y aille, dis-je avant de disparaître de la maison.

Lorsque je regagne l'extérieur, l'air frais du matin me caresse la peau nue et me procure un peu de bien. Un long soupir m’échappe, lourd, incontrôlable. Mes épaules se relâchent, mais ce n’est pas du soulagement. J’ai esquivé les questions de ma tante et de mon oncle, encore une fois. Et pourtant, plus je mens, plus je sens mes forces s’effriter dès les premières heures du matin.

***

Je me rends à l'hôpital où Era faisait son stage. Je me renseigne à l'accueil, sur Kiana Mensah. La réceptionniste me fait attendre environ cinq minutes puis m'indique un bureau où je peux la trouver.

Je frappe à la porte du bureau et lorsque j'entends une voix lointaine qui m'autorise à entrer. Je fais tourner délicatement le poignet et la porte du bureau s'ouvre. L’air propre et légèrement antiseptique m'accueille. La pièce est lumineuse, baignée par la lumière du matin qui traverse la fenêtre. Devant moi, un bureau en bois clair, impeccablement rangé, avec un ordinateur et quelques dossiers alignés. J'avise Kiana assise derrière son bureau, avec une blouse blanche.

___ Bonjour, dis-je un peu timidement.

Un large sourire étire ses lèvres quand elle me reconnaît.

___ Bonjour... Aaliyah, c'est ça ?

___ Oui, c'est bien ça.

Elle m'indique du doigt, des chaises pour les patients. Je m'y installe, alors qu'elle me fixe simplement. Je frotte mes mains contre mes jambes, pour faire passer l'anxiété.

___ Je... je suis là parce que j'ai besoin de ton aide.

___ Je t'écoute. Qu'est-ce que je peux faire pour toi ?

Je me mords la lèvre, hésitant puis lui raconte en détails la scène d'hier soir. Kiana est restée sans voix.

___ Era est partie avec des gens qu'elle ne connaît même pas ?! répète-t-elle, sous le choc.

___ Depuis hier, j'arrive pas à la joindre. J-je ne sais pas si elle va bien ou non... Je suis inquiète.

Kiana soupire bruyamment, croise ses mains sur son bureau. Elle semble toujours surprise par le geste de ma cousine. Je reconnais que c'était une idée absurde de sa part. Je n'aurai jamais fait comme elle et je suppose que cela aurait fait de moi, un mauvais médecin.

___ Tu as essayé de contacter les autres hôpitaux ?

___ Oui, soufflé-je. Aucun d'eux n'a identifié un patient blessé par balles qui a été admis hier soir.

Kiana reste muette. Elle réfléchit encore.

___ On ferait mieux d'aller voir la police.

___ Non, contredis-je aussitôt.

Elle me regarde fixement, confuse.

___ Euh... je trouve que c'est une bonne idée d'alerter la police, mais... mais j'ai peur que ma cousine soit réellement entre les mains de gens dangereux. S'ils apprennent qu'on a mêlé la police, ils pourront lui faire du mal.

Je me relève avec mon sac à main, alors que Kiana est aussi très angoissée par cette histoire.

___ Merci de m'avoir reçue. Surtout, n'en parle à personne pour le moment, lui prie-je.

___ D'accord, tu peux compter sur moi. Et j'espère qu'elle reviendra saine et sauve.

Je sors de son bureau, récupère mon téléphone dans mon sac à main. Il ne me reste qu'une seule tentative et si malgré ça, on n'a toujours pas des nouvelles d'elle, je serai obligée d'en parler à Kendrick et à mon oncle, même si je redoute fortement leur réaction.

Je compose le numéro de Darnell, son petit ami, puis lance l'appel. Ça sonne mais il ne répond pas.

___ Mais décroche, clochard ! ruminé-je, le téléphone porté à mon oreille.

Je n'apprécie pas du tout ce type et ça, je ne le cache pas. Je pense que ma cousine mérite mieux qu'un type qui se bourre la gueule à chaque week-end, qui ne veut rien faire de ses dix doigts sauf bien évidemment, dépenser l'argent de ses parents.

Je réprime un soupir d'agacement, en essayant de le joindre pour la deuxième fois. Cette fois-ci, il décroche et j'entends sa voix rauque et traînante, comme s'il venait à peine de se réveiller.

___ Allô... fait-il.

___ Allô, Darnell. C'est moi, Aaliyah. Je ne suis pas loin de chez toi, je vais t'envoyer l'adresse d'une cafétéria et je veux que tu te la ramènes dans dix minutes.

___ Quoi ?!

___ Oui, tu m'as bien compris. Je dois te parler et c'est très sérieux. Alors, ne me fais pas attendre.

___ Il s'agit de Era ?

Je roule des yeux, ne le supportant pas vraiment.

___ Ouais et t'as intérêt à te pointer à cette adresse dans dix minutes.

J'allais raccrocher mais je l'entends râler. Il sait que je ne l'apprécie pas, et je pense même que c'est réciproque.

___ Tu crois que moi aussi, j'ai envie de voir ta tête ? Hein, Darnell ? Crois-moi que si ce n'était pas sérieux, je ne t'aurais même pas appelé, connard.

Avant même qu'il ne réplique, je raccroche et lui envoie immédiatement l'adresse du cafétéria, puis quitte l'hôpital.

J'emprunte une des rues d’Atlanta, aux alentours de neuf heures, quand la ville commence vraiment à s’animer. Les voitures glissent sur le bitume, les piétons pressés croisent mon chemin, et les cafés laissent échapper des effluves de café fraîchement moulu qui flottent dans l’air doux du matin. Je presse un peu le pas, mon sac ballotant contre mon épaule, jusqu’à la petite cafétéria où je dois retrouver Darnell. Je pousse la porte, et le tintement discret de la cloche me fait sursauter légèrement, tandis que je scrute la salle à la recherche de ce clochard.

Il n'est pas encore arrivé. Alors, je vais m'installer au fond de la pièce. Un serveur vient jusqu'à moi et je finis par commander un café, en attendant que Darnell se ramène.

La porte du cafétéria s'ouvre et j'aperçois un jeune homme à la peau brune, au visage régulier et aux traits doux. Ses lèvres sont pleines, ses yeux légèrement en amande, et ses cheveux courts, bouclés et noirs encadrent son visage. Darnell.

Je roule déjà des yeux en le voyant se diriger vers moi, avec la mine serrée comme si j'avais quelque chose à cirer avec.

___ Salut ! lance-t-il en s'installant sur la chaise en face de moi.

___ Ouais salut, fais-je simplement.

Le serveur m'apporte mon café. Darnell lance aussi sa commande, puis se redresse de sa chaise pour s'asseoir confortablement. Je prends une gorgée de mon café.

___ Dis-moi, maintenant pourquoi je suis là. Parce que tu me détestes et je suis presque sûr que si tu pouvais me séparer de ta cousine, tu l'aurais déjà fait.

Je soupire tout simplement.

___ Tu as de ses nouvelles ?

___ Qui ? Era ?

___ Bien sûr que je te parle d'elle ou tu vois une autre meuf ? répliqué-je d'un ton un peu agressif.

___ Qu'est-ce que tu racontes ? Je suis fou amoureux de ta cousine...

___ Réponds-moi à ma question !

Je ne suis pas venue jusqu'ici pour l'écouter me parler de ses sentiments pour elle.

___ L'appel d'hier soir...

___ J'étais là et je ne te parle pas de ça. Après cet appel, tu as eu de ses nouvelles ?

Ses sourcils se crispent, alors qu'il tente de comprendre d'où est-ce que je veux en venir.

___ Attends, tu veux dire que tu n'as pas non plus de ses nouvelles ?

___ Era est injoignable et je ne sais pas non plus où elle est.

___ Hein ?

___ Elle est partie avec des inconnus... il y avait un d'entre eux qui était gravement blessé et, elle a proposé d'assister le blessé jusqu'à l'hôpital.

___ Et tu l'as laissé faire ?

Je serre mes sourcils et l'envoie un regard déconcerté.

___ Pardon ? Qu’est-ce que j'étais censée faire ? Era aura bientôt 25 ans, je te rappelle. Ce n'est plus une gamine et elle est médecin. En plus, on sait tous qu'elle est trop têtue.

Je prends une pause pour souffler.

___ Je devais la protéger, je sais. Et c'est de ma faute, si elle est peut-être en danger.

___ Écoute, je ne voulais pas te blesser.

___ Non, ça va. Je me sens déjà coupable comme ça.

Il reste silencieux un moment.

___ Qu'est-ce qu'on doit faire ? me demande-t-il.

___ Je ne sais pas... je n'en ai aucune idée. Je... j'ai peur.

Le serveur lui apporte sa commande et se retire. Darnell masse sa nuque puis dit :

___ Ses parents le savent ?

Je secoue d'abord la tête et dis d'une voix fatiguée :

___ Je n'ai pas eu le courage de leur dire.

___ Mais Era m'a déjà parlé de son frère... le commissaire. Tu devrais lui parler, il saura quoi faire.

J'expire bruyamment. Je ne sais pas comment aborder ce sujet avec lui. Où devrais-je même commencer ?

___ Tu peux essayer de faire des recherches de ton côté et ce qu'il y a, tu me tiens au courant, lui dis-je presque comme une supplication.

___ D'accord. Mais tu as une idée de qui pourraient être ces inconnus ?

___ Dans le journal d'hier soir, on a parlé de ça.

Darnell hausse imperceptiblement un sourcil.

___ Je pense qu'il y a eu un affrontement entre deux gangs et il y avait un mec qui était gravement blessé quand on les a vus. Il y avait même l'ambulance et Era est partie avec eux, parce qu'elle disait qu'il fallait vite réagir pour le sauver. Ils étaient censés se rendre à l'hôpital le plus proche, mais je ne comprends plus rien.

___ Tout ça était peut-être un plan pour la kidnapper.

J'écarquille mes yeux, interloquée par cette alternative.

___ Mais il... il y avait vraiment quelqu'un qui était inconscient. Je pense même qu'il a été blessé par balles. En plus, qu'est-ce qu'il gagneront en la kidnappant.

Darnell boit son café, soupire et me regarde fixement comme si ce qu'il s'apprête à me dire, va encore plus me terrifier.

___ Il y a le trafic d'être humain. Ils enlèvent les jeunes filles, puis leur force à se prostituer ou pire encore, ces gens vendent les organes des être humains.

Mon estomac se contracte et mon cœur se serre encore plus. J'imagine déjà ma cousine en train de subir l'un de ces sorts. Mes yeux se noient de larmes aussitôt.

Darnell pose sa main sur la mienne, lorsqu'il s'aperçoit que je vais fondre en larmes.

___ On va la retrouver, d'accord ?! Je ferai tout pour la retrouver saine et sauve.

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