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last update Zuletzt aktualisiert: 20.01.2026 00:37:52

Era

Les bras croisés sur ma poitrine, j'observe la nature autour de moi. Une grande forêt se présente à moi et il n'y a quasiment rien. Pas même une cabane en dehors de cet entrepôt. Le soleil me brûle la peau ainsi que les yeux. Je plisse légèrement mon front, réfléchissant à une solution pour me barrer d'ici.

Treize m'a promis de me trouver un taxi et ça fait plus d'une demi-heure que j'attends encore. Rien à signaler. Je regarde fixement le petit chemin étroit qui mène directement à la forêt, me demandant ce qu'il peut bien se trouver dans cette forêt et encore la taille de cette forêt.

Si jamais, je me lance dans une course folle pour me sauver de ce lieu, vais-je trouver une route de l'autre côté de la forêt ou des gens qui vivent peut-être dans cette forêt et qui pourraient me tendre un coup de main pour que je puisse rentrer chez moi ?

Alors que milles et une idées me traversent l'esprit pour fuguer d'ici, pendant qu'il est encore temps, le craquement d'un bois mort me fait sursauter. Je me retourne vivement et tombe sur Treize, qui vient tout juste d'arriver.

___ Alors ? Le taxi est là ? demandé-je, même si je n'ai pas entendu le vrombissement du moteur d'un quelconque véhicule.

___ Je vous ai trouvé un téléphone pour que vous puissiez communiquer avec votre famille.

Mes sourcils se serrent davantage.

___ Mais, et le taxi ? C'était convenu que vous me laisserez entrer chez moi.

___ Calmez-vous docteure. C'est toujours le cas, le taxi ne tardera pas à arriver. Mais vous avez aussi demandé un téléphone pour appeler, non ? Où vous n'en voulez plus ?

Mes yeux le sondent avec attention. Il paraît serein, comme si notre accord tient toujours. Voyant que je ne réponds pas tout de suite, il hausse les épaules, se retourne et rebrousse le chemin.

___ Attendez ! le stoppé-je.

Ses pas s'estompent et je le rejoins à la hâte.

___ Je... je vais appeler quelqu'un, en attendant que le taxi arrive.

Il hoche la tête, fait sortir un téléphone de sa poche et me le tend. Je le récupère, le cœur battant à une vitesse folle.

___ Je serai à l'intérieur, me dit-il.

J'acquiesce puis il s'en va. Je compose sans tarder le numéro de téléphone de Aaliyah et lance l'appel. Je commence à faire les cent pas, priant qu'elle décroche.

___ Allô... Aaliyah, dis-je dès qu'elle décroche le téléphone.

___ Era... c'est toi ? répond-t-elle, d'une voix inquiète.

___ Oui, c'est bien moi.

Elle lâche un soupir de soulagement.

___ Bon sang, où es-tu ? On commence à s'inquiéter là. J'ai appelé dans tous les hôpitaux d'Atlanta, mais vous n'êtes pas identifiés.

Je prends une inspiration pour me calmer, tourne la tête pour vérifier que personne ne m'espionne. Il y'a trois hommes qui discutent au loin et je doute qu'ils puissent entendre notre conversation.

___ Nous ne sommes pas allés à l'hôpital. J'ai des doutes sur ces gens, ils sont pas très nets, Aaliyah. Ils m'ont obligés à opérer le blessé dans un entrepôt et ils... ils m'ont même menacé de mort si je n'arrivais pas à le sauver, me confié-je en baissant le ton de ma voix.

___ Oh, mon Dieu ! Tu dois sortir de là et très vite.

___ Ils m'ont commandé un taxi…

___ Tu dois partir de là, n'attends pas ce taxi parce qu'il ne viendra peut-être jamais.

___ Le taxi va bientôt arriver... enfin, c'est ce qu'ils m'ont dit.

Les paroles d’Aaliyah sèment le doute. Et si Treize me mentait depuis le début ? Et si le taxi n’était qu’une excuse pour me garder ici plus longtemps ?

___ Les journaux parlent d'un affront entre deux gangs cette nuit-là...

___ Quoi ? la coupé-je

___ Ça c'est le moins pire. Ces hommes peuvent être des trafiquants d'être humains ou d'organes. Tu comprends pourquoi je te demande de te tirer de là ? Ils vont soit te forcer à te prostituer dans des clubs ou même...

Mon sang se refroidit et je sens mes tempes pulser, mon cœur qui martèle contre ma poitrine comme s'il voulait sortir. Mes mains deviennent moites et tremblantes. J’ai l’impression que chaque mot de ma cousine pourrait être entendu par les hommes au loin. J’ai peur que quelqu’un m’arrache le téléphone des mains.

___ ... te tuer et vendre certaines parties de tes organes.

Une vague glacée me parcourt l'échine. Les mots de ma cousine me font frissonner malgré la chaleur du soleil. L’idée d’être prisonnière dans un engrenage qui me dépasse me donne des sueurs froides. Les mots trafiquants d’organes et prostitution forcée résonnent dans ma tête comme un écho terrifiant.

___ T'es où ?

___ Je... je ne sais pas, réponds-je d'une voix tremblante en scrutant autour de moi

Et c’est ça le pire… je n’ai aucune idée de l’endroit où je me trouve. Je suis perdue, enfermée dans un piège à ciel ouvert.

Une partie de moi veut courir dans la forêt, même sans savoir où ça mène, mais l’autre partie espère encore que Treize tiendra parole et que le taxi viendra.

___ On va faire court. Je vais parler à ton frère, lui dire ce qui se passe. Toi, pendant ce temps, tu dois te trouver un refuge loin de ce lieu et de ces gens.

Je hoche vivement la tête, comme si elle pouvait me voir.

___ D'accord.

Je raccroche le téléphone, l'estomac noué et les épaules crispés. J’ai l’impression que mes jambes sont en coton. Je n’arrive pas à décider si je dois agir immédiatement ou attendre encore un peu.

Je tiens fermement l'appareil entre mes doigts. Mes yeux continuent de scanner autour de moi, cherchant une issue, un mouvement suspect, un danger invisible. Pendant ce temps mes pensées tournent en boucle.

___ Réfléchis... réfléchis, Era. Tu ne peux pas mourir dans ces conditions, surtout pas à un si jeune âge. Tu voulais juste faire du bien, aider et rien de plus...

Je me parle à moi-même, comme si ça pourrait m'aider maintenant. Je prends une grande inspiration, tentant de calmer mes pulsations cardiaques afin de mieux réfléchir.

Si je me lance maintenant dans cette grande forêt, il y'a de fortes chances qu'ils me rattrapent. Et s'ils me rattrapent, je suis foutue.

Mais si j'agis comme si de rien n'était et continue de soigner Jamal, le temps qu'il fasse nuit ou même qu'une opportunité se présente. Je pourrai m'évader d'ici, quand la moitié sera endormie et l'autre moitié, distraite car ils ne réaliseront pas que j'ai un plan.

J'inspire puis expire, à plusieurs reprises. Quand je constate que je suis un peu plus sereine, je me lance vers l'entrepôt avec tout mon courage.

En pénétrant dans l'entrepôt, j'avise Jamal, allongé, et un homme à la peau marron chaud, avec un sous-ton doré qui met en valeur son visage ovale et sa mâchoire fine mais nette, est assis à ses cheveux. Ses yeux sont brun foncé, expressifs sous des sourcils épais. Ses lèvres légèrement pulpeuses contrastent avec son regard dur. Ses cheveux courts, entre waves et dégradé bas. Avec ses épaules carrées, ses bras subtilement dessinés et sa taille de 1m88 – 1m90.

Quant à Treize, il est debout de l'autre côté de la pièce, son dos repose contre le mur. Il est en train de jouer avec un briquet.

Dès qu'ils s'aperçoivent de ma présence, leurs regards se portent vers moi. Des sueurs froides perlent sur mon front. Mon souffle devient irrégulier, alors que j'avance vers Treize. Je serre le téléphone si fort que mes articulations deviennent douloureuses.

Je ne regarde plus Treize de la même manière. Son calme apparent me paraît désormais suspect, presque glaçant.

___ J-ai fini de communiquer. Merci.

Ma voix frissonne, malgré que j'essaie de la maîtriser. Il cesse jouer avec son briquet et récupère le téléphone, qu'il range ensuite dans sa poche.

___ Le taxi va arriver dans combien de minutes ?

___ Docteure, mon frère a eu un léger malaise. Vous pouvez venir voir, ce qui se passe ? déclare une voix grave et calme.

Je me retourne lentement, avec hésitation. Celui qui se tient aux côtés de Jamal me scrute comme s'il est en train de m'analyser. Je retiens mon souffle et me dirige vers eux.

___ Qu'est-ce qui s'est passé ? demandé-je, en vérifiant la température corporelle.

Sa fièvre est baissée.

___ J'ai essayé de me lever et j'ai ressenti un léger voile noir sur mon visage.

___ C'est normal. Vous êtes encore faible et je vous déconseille d'essayer de faire des mouvements brusques pendant quelques jours.

___ Je ne peux pas rester allonger au lit, râle-t-il.

___ C'est pour votre bien. Mais vous êtes adultes et vous savez que ce vous voulez, n'est-ce pas ?

Les sourcils de Jamal se contractent à peine. Je me mords violemment la lèvre inférieure, regrettant d'avoir répliqué même s'il ne dit toujours rien.

___ Permettez-moi de demander votre nom, prénom, âge, reprend l'inconnu.

___ Pourquoi ? Est-ce si important ? réponds-je sans même prendre la peine de le regarder.

___ On a quand même le droit de savoir qui vous êtes, non ? Après tout, vous avez sauvé la vie à l'un des nôtres.

Je finis de prendre la tension de Jamal et elle est normale aussi.

___ Je n'ai fait que mon travail. J'ai prêté serment et c'est ce que je suis entrain de respecter. En ce qui concerne mon identité, je peux aussi dire que je ne sais rien sur mon patient et son entourage.

Il sourit. Je tourne un peu la tête vers lui, déconcertée.

___ Moi, je me nomme Raven Malik Williams.

Il tourne la tête vers Treize et poursuit :

___ Treize, que vous connaissez déjà. Il fait partie de la famille.

Son regard se porte sur moi, puis sur Jamal. Celui-ci roule des yeux, comme si la discussion l'agace.

___ Votre patient s'appelle Jamal Zayd Williams. Voilà, vous savez tout sur nous. Mais nous, on ne sait rien sur vous.

Je me redresse, lâche un lourd soupir après avoir fini de vérifier sa température, sa tension et ses pansements.

___ Je suis personne, réponds-je d'un ton sec en allant prendre mon sac par terre.

___ C'est une impression ou vous avez peur de nous ? insiste Raven.

Je me tais, n'osant pas me retourner maintenant. S'ils remarquent que je leur crains, ils comprendront très vite que j'ai des informations sur eux. Alors pour brouiller la piste, je me tourne complètement vers eux, tenant la lanière de mon sac et décide de jouer à son jeu.

___ Je m'appelle Era, voilà.

Mon regard balaie furtivement la silhouette de Raven, essayant de mémoriser quelques traits de lui car mon frère Kendrick en aura besoin pour les traquer, quand je sortirai d'ici. Raven doit avoir environ 28 ans tout comme Jamal et Treize. Les trois ont l’air d’avoir des traits afro-américain contrairement à moi, qui ai des origines africaines.

Je me retourne et me dirige vers Treize. Ce dernier est toujours calme.

___ Je dois aller aux toilettes, lui dis-je.

___ Nous n'avons pas de toilettes.

___ Quoi ? Comment je vais faire, si vous ne disposez pas de toilettes ?

Treize soupire d’exaspération, s'éloigne du mur et prend la porte. Mes pas le suivent.

Une fois, à l'extérieur, il s'arrête et plante son regard sombre dans le mien. Mes poils se hérissent, mais j'essaie de ne pas paniquer, car ce n'est pas le moment.

___ Je vais vous accompagner dans la forêt et vous allez vous soulager ou peut importe, faire ce que vous avez envie de faire. Puis, je vous ramène ici. C'est clair ?

Je ne réponds pas. Mon silence a l'air de l'énerver, il se penche vers moi et dit d'une voix basse mais menaçante :

___ Si vous tentez quoique ce soit, je vous mettrai une balle dans le crâne. Encore heureux que ce ne soit pas Jamal ou Raven qui le fasse.

J'avale difficilement ma salive. Il me fait un signe de menton de marcher. Je me lance vers la forêt, pendant qu'il me suit derrière.

Je pénètre dans la forêt, et aussitôt, une fraîcheur humide m’enveloppe. L’odeur de terre mouillée et de feuilles en décomposition me prend aux narines, âcre et persistante. Les arbres, hauts et serrés, laissent filtrer à peine la lumière du jour, créant des zones d’ombre presque totales. À chaque pas, le sol craque sous mes pieds, couvert de branches mortes et de feuilles humides. Des bruits étranges me parviennent par intermittence : le froissement d’un animal dans les buissons, le chant lointain d’un oiseau, ou le souffle du vent dans les branches. Je sens mon cœur battre plus vite, l’angoisse et la prudence me tenant en alerte à chaque mouvement autour de moi.

Mes yeux finissent par trouver un buisson un peu plus loin devant moi.

___ Je vais m'arrêter là, dis-je à Treize en pointant le buisson.

Il hoche la tête et je me dirige vers le buisson. Une fois à l'abri de son regard, je scanne autour de moi, cherchant une issue finale. Je pensais pouvoir attendre jusqu'au soir, mais je crois que j'ai une opportunité de disparaître d'ici maintenant. Il suffit que je réfléchisse.

Mon regard parcourt les arbres, les feuilles mortes, jusqu'à ce que je remarque un sentier étroit. Un léger sourire étire mes lèvres.

Je me mets à quatre pattes et rampe le plus loin possible du buisson. Dès que je retrouve le sentier, je me redresse et cours à en perdre haleine entre les arbres.

___ Hé ! m'interpelle Treize, mais je suis assez loin de lui.

Son cri déchire le silence de la forêt. J'accélère le pas, mon sac à main balance dans tous les sens. Les branches fouettent mon visage, mes jambes tremblent et mon cœur bat comme un tambour... Mais je ne m'arrête pas.

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