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chapitre 9: Après la chute

작가: Nanalie
last update 게시일: 2026-07-09 05:59:54

Je ne sors pas de ma chambre.

Le silence est lourd.

Presque hostile.

Les minutes passent sans que je m'en rende compte. Je reste assise au bord de mon lit, les mains serrées sur mes genoux. J'essaie de remettre de l'ordre dans mes pensées, mais tout se mélange. Les paroles de Christopher. Les regards des autres. Les accusations. La peur. La honte. Tout tourne dans ma tête jusqu'à me donner l'impression d'étouffer.

Je ferme les yeux quelques secondes.

J'aimerais me réveiller et découvrir que tout cela n'était qu'un mauvais rêve.

Mais quand je les rouvre, les murs sont toujours là.

La même chambre.

La même solitude.

La porte s'ouvre.

Ma mère entre.

Sans frapper.

Elle tient Hemera dans ses bras.

Mon cœur fait un bond.

Pendant une seconde, je crois qu'elle est venue me voir. Qu'elle a enfin décidé de me parler comme une mère parle à sa fille.

Je me redresse aussitôt.

- Maman ?

Elle ne répond pas.

Ses pas sont lents. Son visage est fermé, marqué par la fatigue. On dirait qu'elle a vieilli en une seule journée.

Elle s'approche du lit et dépose délicatement Hemera à côté de moi.

Le bébé remue doucement dans sa couverture.

Je tends aussitôt les bras vers elle, comme si j'avais peur qu'on me l'enlève à nouveau.

Je la serre contre moi.

Sa chaleur me calme un peu.

Je relève les yeux vers ma mère.

- Maman, je répète

Elle garde toujours le silence.

Ses lèvres tremblent légèrement avant qu'elle ne prenne enfin la parole.

- J'ai essayé.

Je fronce les sourcils.

- Je ne comprends pas...

Elle pousse un profond soupir.

- J'ai essayé de te comprendre.

Ces mots me font mal avant même qu'elle continue.

Parce qu'ils sonnent déjà comme un abandon.

Elle lève enfin les yeux vers moi.

Je ne reconnais pas son regard.

Il n'y a ni douceur...

Ni affection.

Seulement une immense déception.

- J'ai honte de toi, Lurie.

Mon souffle se bloque.

Ces mots résonnent dans toute la pièce.

Je les entends encore et encore.

Comme un coup de marteau.

- Maman...

Ma voix est à peine audible.

- Tu aurais pu être différente.

Sa voix tremble.

Mais ce n'est pas de la tristesse.

C'est de la déception.

- Regarde Nevia.

Mon cœur se serre.

Encore elle.

Toujours elle.

Depuis que nous sommes petites, je vis dans son ombre.

Nevia est la fille parfaite.

La fille obéissante.

La fille dont tout le monde est fier.

Et moi,

Je suis toujours celle qui déçoit.

- Ne la compare pas à moi...

Elle secoue lentement la tête.

- Pourquoi pas ? Elle n'a jamais fait honte à cette famille, elle a toujours été une bonne fille.

Je baisse les yeux.

Je connais ce discours.

Je l'ai entendu toute ma vie.

Mais aujourd'hui,Il me détruit plus que jamais.

- Tu aurais dû apprendre d'elle, poursuit-elle.

Les larmes montent malgré moi.

- Mais toi, tu refuses tout.

Je serre Hemera un peu plus contre moi.

Comme si elle était la seule chose qui me restait.

- Même ce que la vie t'impose.

Je relève lentement la tête.

- Ce que vous appelez la vie, ce sont vos choix, pas les miennes.

Un silence tombe.

Ma mère détourne le regard.

Elle ne cherche même plus à me convaincre.

Comme si elle avait abandonné l'idée de sauver notre relation.

Elle tourne les talons.

Sans un mot de plus.

La porte se referme.

Je reste immobile.

Une larme glisse sur ma joue avant de tomber sur la couverture d'Hemera.

Je l'essuie rapidement.

Je refuse qu'elle me voie pleurer.

Même si elle est encore trop petite pour comprendre.

Je pose doucement ma main sur sa joue.

- Toi, je commence vraiment à t'aimer.

Ma voix n'est qu'un murmure.

Je ne sais pas comment.

Je ne sais pas quand.

Mais hemera a prit une grande place dans mon cœur.

Quelques minutes passent.

Puis des pas résonnent dans le couloir.

Lourds, lents, déterminés.

Je n'ai même pas besoin de lever les yeux pour savoir de qui il s'agit.

Mon père entre.

Son visage est impassible.

Il ne regarde même pas Hemera.

Ses yeux se posent directement sur moi.

- Donne-moi ton téléphone.

Je cligne des yeux.

- Mais pourquoi ?

-Ne me mets pas d'avantage en colère , fait ce que je te dis.

Sa voix ne laisse aucune place à la discussion.

Je serre instinctivement mon téléphone contre moi.

C'est le seul lien qu'il me reste avec le monde extérieur.

- Papa s'il te plaît... Ne me fait pas ça.

Il avance d'un pas.

- Tu ne vas plus sortir d'ici.

Mon cœur s'emballe.

- Tu n'as pas le droit, je ne suis pas une prisonnière

- Donne.

Cette fois, sa voix est encore plus froide.

Je comprends que résister ne servira à rien.

Mes doigts tremblent lorsque je lui tends le téléphone.

Il me l'arrache presque des mains.

Sans un regard.

Sans une hésitation.

Comme s'il confisquait un simple objet.

Pas la dernière liberté qu'il me restait.

Il recule vers la porte.

- À partir d'aujourd'hui, tu restes ici jusqu'à ton mariage.

Je sens la panique m'envahir.

- Tu m'enfermes ? Et je fais comment pour mes cours ?

Il garde le silence.

Son regard répond à sa place.

Oui, Il m'enferme.

Il ouvre la porte.

Sort.

Puis je l'entends tourner la clé dans la serrure.

Le bruit métallique résonne dans toute la chambre.

Un seul déclic.

Pourtant, il suffit à faire s'écrouler le peu d'espoir qui me restait.

Je cours jusqu'à la porte.

J'appuie sur la poignée.

Elle ne bouge pas.

Je frappe.

Une fois.

Puis deux.

- Papa !

Aucune réponse.

Seulement le silence.

Je laisse mon front reposer contre le bois froid.

Les larmes coulent enfin sans que je puisse les retenir.

Pour la première fois, je comprends que ce n'est plus une menace.

Ce n'est plus une punition.

C'est une prison.

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