로그인Éabha
Les rumeurs vont plus vite que le vent.
Quand j'arrive à la blanchisserie le lendemain matin, les conversations s'arrêtent à l'instant où je franchis la porte. Les têtes se tournent vers moi, les regards me détaillent, me jaugent, me jugen
Je me détourne des grilles. Le garde restant ne me regarde toujours pas. Je m'éloigne le long du chemin, le manteau de Cillian serré contre moi, et je sens les larmes qui montent à mes yeux. Je les ravale. Je ne pleurerai pas. Pas ici. Pas maintenant. Pas pour lui.Le chemin descend vers le village, et mes pas sont lourds, comme si je portais un poids immense. Le vent glacé me fouette le visage, mais je ne le sens pas. Je ne sens que le vide en moi, ce vide que j'avais réussi à combler un instant avec l'odeur de Cillian, et qui s'ouvre à nouveau, béant, insondable.Je rentre chez moi sans rencontrer personne. Les rues sont désertes à cette heure, et c'est tant mieux. Je n'aurais pas supporté les regards, les
ÉabhaLe domaine des O'Connor se dresse sur la colline qui domine le village, visible de partout, comme un rappel constant de leur puissance.Je ne l'avais jamais vu d'aussi près. Les omegas comme moi ne s'approchent pas des demeures des alphas. Nous restons dans les bas-fonds, dans les ruelles boueuses, dans les cabanes qui fuient. Nous ne levons pas les yeux vers les hauteurs. Nous savons ce qui nous attend si nous nous approchons trop près.Mais aujourd'hui, je marche vers la colline.
ÉabhaLes rumeurs vont plus vite que le vent.Quand j'arrive à la blanchisserie le lendemain matin, les conversations s'arrêtent à l'instant où je franchis la porte. Les têtes se tournent vers moi, les regards me détaillent, me jaugent, me jugent. Je sens leurs yeux sur ma peau comme des insectes, et je dois me faire violence pour ne pas me recroqueviller, pour ne pas fuir.Je pose mes affaires dans mon coin, j'enfile mon tablier, je plonge mes mains dans l'eau bouillante. Le travail commence, et avec lui le silence pesant de celles qui veulent parler mais n'osent pas.Cela dure une
ÉabhaJe ne rentre pas tout de suite.Mes pas me portent à travers les rues endormies du village, loin du port, loin du bar, loin de tout ce qui pourrait me rappeler ce qui vient de se passer. La lune est cachée derrière les nuages, et la nuit est si noire que je distingue à peine les façades des maisons, les pavés inégaux sous mes pieds. Mais je connais ce chemin. Je l'ai parcouru des centaines de fois, de jour comme de nuit, dans la lumière et dans l'obscurité.Le manteau de Cillian est lourd sur mes épaules. Un poids rassurant, comme une armure, comme un bouclier contre le monde. La laine est
ÉabhaJe ne bouge pas.Je reste assise sur cette chaise, les lambeaux de mon corsage serrés contre ma poitrine, les yeux fixés sur le manteau que Cillian O'Connor a laissé derrière lui. Le silence est retombé sur le bar, épais, palpable, comme si le départ du chef suprême avait aspiré toute l'énergie de la pièce.L'odeur de lui emplit encore l'air. Forêt profonde. Terre mouillée. Fourrure chaude. Elle s'accroche aux murs, aux tables, à mes vêtements déchirés. Elle s'infiltre dans mes poumons à chaque respiration, et je ne peux pas m'empêc
ÉabhaIl ne dit plus rien.Les mots qu'il vient de prononcer flottent encore dans l'air vicié du bar, lourds de sens, chargés de promesses que je n'ose pas déchiffrer. La vengeance. La justice. Appelle ça comme tu veux. Mais nous voulons la même chose. Sa voix grave résonne dans ma tête, se mêle au battement sourd de mon cœur, au silence épais qui est retombé sur la pièce après le départ de Mooney.Cillian O'Connor se tient devant moi, immense, et ses yeux gris ne me quittent plus. Ce n'est plus le regard absent qu'il posait sur l'ivrogne, ce vide absolu qui signifiait la mort. C'est autre chose. Une attention aigu&e
Maman tremble. Elle tremble de tout son corps, un tremblement qui la secoue, qui la secoue, qui ne s'arrête pas. Ses dents claquent, ses mains sont froides comme la mort, ses lèvres sont bleues.— Prends ma couverture, dis-je. Je lui tends ce qui me reste.
ÉabhaLes premières neiges tombent un matin de décembre.Je suis à la blanchisserie quand je les vois par la fenêtre. De gros flocons blancs qui dansent dans le ciel gris, qui tournoient, qui s'amoncellent. Ils recouvrent les toits, le
Éabha...Le mot me frappe comme un coup de poing dans l'estomac. Je sais. Je sais avant qu'il ne le dise. Je sais depuis toujours, depuis cette nuit dans la forêt, depuis ce regard froid, depuis cette promesse de destruction.— Une société écr
Éabla M. O'Flaherty rit, mais il n'y a pas de joie dans ce rire. Rien que de l'amertume.— Depuis quand la loi compte pour ceux qui ont le pouvoir, Declan ? Il est le futur gendre de Cillian O'Connor. Dans quelques mois, il sera intouchable. Tu crois que des petits commerçants comme nous peuvent l







