LOGINCameron était entré dans l'appartement comme une tempête, sans frapper, sans prévenir. Il avait traversé le salon d'un pas rapide, ses yeux noirs fouillant la pièce jusqu'à ce qu'ils me trouvent, assise sur le canapé, un livre ouvert sur les genoux que je ne lisais pas.— Tu sais que tout le monde est au courant ? dit-il sans même me dire bonjour.— Bonjour à toi aussi.— Amanda, je suis sérieux.Il s'arrêta devant moi, les bras croisés, la mâchoire serrée. Il avait cette expression qu'il prenait quand il allait m'annoncer quelque chose de désagréable, quelque chose qu'il aurait préféré me cacher.— Les grandes têtes de Londres sont au courant. Toutes. Ils savent que tu existes, que tu es la fille de Richard ....Je posai mon livre sur la table basse, croisai les jambes, fis semblant d'être calme. À l'intérieur, mon cœur battait plus vite.— Et alors ?— Et alors, certains voudront t'utiliser. D'autres voudront te manipuler. Certains te considèrent comme une menace. D'autres comme une
Il rit. Un vrai rire, grave, chaud, qui lui venait du ventre. Ses yeux s'étaient plissés, ses joues s'étaient creusées, et il avait l'air presque humain, presque vulnérable.— Quoi ? demandai-je.— Rien. T'es juste... étonnante.— Étonnante comment ?— Étonnante comme une tornade dans un magasin de porcelaine. Tu casses tout, mais c'est joli à regarder.Je lui donnai un coup de pied dans le tibia. Pas fort. Juste assez pour qu'il cesse de rigoler.— Aïe, dit-il.— T'avais qu'à pas te moquer.— Je ne me moquais pas. Je te complimentais.— C'était un compliment tordu.— Je suis tordu.Il s'approcha à nouveau, posa ses mains sur mes hanches. Son pouce caressa ma peau à travers le tissu de mon legging.— On fait une pause ? demanda-t-il.— Non. On continue.— T'es sûre ?— T'es essoufflé ?— Non, mais toi, oui.Je l'étais, en effet. Mon souffle était court, mes joues étaient rouges, mes cheveux collaient à mes tempes. Mais je ne voulais pas m'arrêter. Je voulais apprendre. Je voulais deve
Une semaine plus tard .Les cauchemars venaient encore, parfois. Mais ils étaient moins forts, moins envahissants . Je réapprenais à vivre et je voulais apprendre à me battre.Je n'avais pas plaisanté quand je lui avais dit que je voulais être capable de me défendre. Chaque fois que je croisais mon reflet dans un miroir, je voyais cette femme qui s'était laissé faire, qui avait tremblé, qui avait pleuré, qui avait attendu qu'on vienne la sauver. Je ne voulais plus être elle. Je voulais être celle qui se bat, qui encaisse, qui relève la tête même quand tout s'écroule.Cameron avait fini par prendre ma demande au sérieux. Très au sérieux. Il avait dégagé deux heures chaque matin dans son emploi du temps, repoussé des réunions, délégué des dossiers. Il s'arrangeait pour que ce soit toujours lui qui me fasse les cours. Pas un de ses hommes. Pas un instructeur extérieur. Lui.— Comme ça, avait-il dit avec un sourire en coin, je pourrai te corriger quand tu feras n'importe quoi.— Et tu va
L'eau scintillait devant moi, calme, turquoise, presque irréelle sous la lumière tamisée des projecteurs. Mon cœur battait à tout rompre. Mes mains tremblaient. Mon maillot noir me collait à la peau, et j'avais l'impression que chaque centimètre de mon corps hurlait de sortir d'ici.Je ne peux pas.Cameron était déjà dans l'eau. Il avait retiré son t-shirt, ses épaules larges luisant sous la lumière. L'eau lui arrivait à la taille. Il s'est retourné vers moi, les bras ouverts, le regard calme ce regard qu'il avait quand il voulait m'apaiser sans dire un mot.— Je ne peux pas, ai-je murmuré.— Si, tu peux.— Cameron...— Regarde-moi. Ce n'est pas la même eau. C'est clair, c'est calme. Et je suis là. Je te retiendrai.J'ai fermé les yeux. Inspiré. Expiré. Et j'ai plongé.Pas dans l'eau. Dans ses bras.Ses mains ont attrapé ma taille, m'ont serrée contre lui. L'eau m'a frappé les hanches, froide, glaçante. Mon cœur s'est affolé. Des flashs la cuve, le noir, l'étouffement ont explosé de
La lumière du matin filtrait à travers les rideaux, pâle et grise, comme Londres savait si bien la faire. Amanda était assise sur le bord du lit, les pieds nus sur le parquet froid, les mains posées sur ses cuisses. Elle ne portait qu'un grand t-shirt de Cameron qui lui tombait sur les cuisses, ses cheveux en bataille, ses yeux cernés par une nuit blanche.Cameron était déjà habillé, adossé à l'encadrement de la porte, les bras croisés. Il la regardait sans rien dire. Il avait vu les cernes, les tremblements, cette façon qu'elle avait de sursauter quand une voiture klaxonnait dans la rue. Elle n'était plus la même. L'enlèvement lui avait pris quelque chose un voile d'innocence, une insouciance qu'elle ne retrouverait peut-être jamais.— Tu as encore fait des cauchemars, dit-il. Ce n'était pas une question. Il le savait. Il les avait entendus.Amanda hocha la tête, sans lever les yeux.— Cette nuit... c'était le même. L'eau. Dante. Et toi, au loin, qui courais vers moi sans jamais m'a
L'appartement était silencieux. Trop silencieux.Cameron était allongé sur le côté, les yeux ouverts dans le noir, à regarder le profil d'Amanda baigné par la lueur blafarde des réverbères qui filtrait à travers les rideaux. Elle dormait enfin, elle essayait. Son visage était paisible en apparence, mais ses sourcils étaient légèrement froncés, ses doigts agrippés au drap comme si elle craignait de tomber.Cela faisait cinq nuits qu'ils étaient rentrés de l'hôpital. Cinq nuits qu'il dormait à côté d'elle, sur le bord du lit, sans jamais vraiment fermer l'œil. Il la surveillait. Il écoutait sa respiration, guettait le moindre signe, la moindre crispation.Les premières nuits, elle n'avait presque pas dormi du tout. Elle restait allongée, les yeux grands ouverts, fixant le plafond sans rien dire. Quand il lui demandait si elle allait bien, elle répondait *"Ça va"* d'une voix mécanique, vide, qui le terrifiait plus que ses silences.Mais cette nuit, elle avait fini par s'assoupir. Une heur
« Amanda, ma chérie ! Comment s'est passée ta journée ? » Sa voix est chaleureuse, familière, un baume sur mes nerfs à vif. Je force un sourire, même si elle ne peut pas le voir.« Bien, maman. Juste… occupée. Et toi ? Comment va Luna ? »Elle rit doucement, un son qui me ramène à la maison, au sal
Mon cœur bat si fort que j'ai l'impression qu'il va exploser dans ma poitrine, un rythme frénétique qui pulse dans mes tempes comme un avertissement incessant. Je suis toujours plaquée contre la porte de la petite pièce, le dossier serré contre moi comme un bouclier dérisoire, le souffle court et i
Mon estomac se noue. « Comme avant » ? Il y a donc eu un avant. Une histoire entre eux. Je sens une pointe de jalousie inattendue me piquer, acide et brûlante, même si je n'ai aucun droit de ressentir ça. Cameron ne relève pas la tête immédiatement, continuant de feuilleter le dossier comme si elle
Le colosse frappe à nouveau, un uppercut au menton qui fait claquer la tête en arrière. Du sang vole. L'homme hurle, un son guttural qui me donne la nausée. Je recule instinctivement, dégoûtée, horrifiée. Mon estomac se retourne. C'est violent. Abject. Ces hommes s'amusent. Ils torturent comme si c







