Se connecterLes jours passèrent, et Alec ne pouvait échapper à l’ombre d’Erik. Même lorsqu’ils se croisaient dans les couloirs de l’université, le monde autour de lui semblait se réduire à ce lien invisible, mais omniprésent. Erik habitait ses pensées, présence constante qu’il ne parvenait pas à fuir, même quand il s’efforçait de l’ignorer.
Il s’était peu à peu installé dans un entre-deux, ni vraiment prêt à accepter ce qu’il ressentait, ni capable de le repousser. Une douleur sourde lui serrait la poitrine, un tourment que seule la pensée d’Erik parvenait à apaiser. Mais cette pensée l’effrayait. Chaque fois qu’il se retrouvait seul, la voix d’Erik résonnait dans sa tête, l’invitant à plonger dans ce lien qu’il n’avait pas choisi, mais qui se refermait sur lui comme un étau. Un après-midi, Alec décida de reprendre le contrôle. Il ne pouvait pas continuer à vivre dans cette confusion. Il avait besoin de réponses. Des réponses que seul Erik semblait pouvoir lui donner, même si l’idée de se retrouver face à lui le déstabilisait encore. Il se rendit à l’endroit où Erik l’avait abordé pour la première fois : le parc. Là-bas, au fond, à l’endroit précis de leur première conversation, Alec attendait. Il ignorait ce qu’il dirait, mais il savait qu’il ne pouvait plus vivre dans l’ignorance. Erik arriva quelques minutes plus tard, sans surprise. Il n’eut pas l’air étonné de trouver Alec là, comme s’il avait su que ce moment viendrait. Il s’approcha calmement, mais cette fois, son aura d’autorité habituelle semblait s’être dissipée. Comme s’il comprenait que cette conversation était plus importante que les autres, qu’elle scellerait leur avenir. — Tu veux parler ? demanda Erik d’une voix calme, presque douce. Alec acquiesça, les lèvres sèches. — Je ne sais pas par où commencer. Il y a trop de choses qui me tourmentent. Et je ne peux plus ignorer ce lien entre nous. — Je sais, répondit Erik, son regard plongé dans le sien avec une profonde compréhension. Ce n’est pas facile, je le sais mieux que personne. Mais ce lien… ce n’est pas juste une malédiction. C’est une partie de nous, une vérité qui s’impose peu à peu. Alec détourna les yeux, luttant contre les émotions qui menaçaient de le submerger. — Pourquoi ? Pourquoi moi ? Pourquoi maintenant ? Erik se rapprocha, sans geste brusque. — Parce que c’était écrit. Parce que notre rencontre n’était pas un hasard. Ce lien existe depuis bien plus longtemps que tu ne le crois, Alec. Il était là, invisible, attendant d’être révélé. — Je n’en veux pas, répliqua Alec, la voix plus haute. Je n’ai pas demandé ce lien, ni cette souffrance. Je voulais juste… être moi, vivre ma vie sans tout ça. — Je sais, dit Erik, les yeux brillants d’une tristesse partagée. Mais parfois, on n’a pas le choix. Le destin nous attache à des choses qu’on ne comprend pas tout de suite. Parfois, il faut souffrir avant de comprendre. Alec secoua la tête. — Tu parles du destin comme d’une excuse pour tout ce qui m’arrive. Mais je n’ai rien demandé, Erik. Je ne veux pas souffrir. Je ne veux pas être lié à toi. Erik resta silencieux un instant, son regard ancré dans celui d’Alec. — Tu ne comprends pas tout. Et c’est normal. Mais je suis là, avec toi. Tu n’es pas seul dans ce tourment. Tu n’as pas à tout saisir immédiatement. Ce lien existe pour une raison. Et peut-être qu’un jour, tu le verras comme une bénédiction, même si aujourd’hui il te semble être une malédiction. Alec ferma les yeux, épuisé. Tout ce qu’il entendait, tout ce qu’il ressentait, le dépassait. Il avait l’impression de se noyer dans un océan d’incertitudes, et Erik était la vague qui le poussait, inexorable. — Mais je ne veux pas de ça, répéta-t-il, plus doucement. Je ne veux pas de ce lien. Et je ne veux pas de toi, Erik. — Tu dis ça maintenant, répondit Erik, mais un jour tu penseras différemment. Peut-être pas aujourd’hui, peut-être pas demain, mais un jour. Ce lien est plus fort que tout ce que tu ressens. Il te guidera. Peut-être même qu’il te sauvera. Alec se leva brusquement, le cœur battant. — Je ne veux pas être sauvé ! Pas par toi. Pas par ce lien. Erik le regarda s’éloigner, un sourire triste aux lèvres. — Tu peux courir aussi longtemps que tu veux, Alec. Mais tu reviendras toujours ici. À moi. Alec ne répondit pas. Il tourna les talons et partit sans se retourner, mais au fond de lui, une vérité persistante commençait à s’imposer. Peut-être qu’il ne pourrait pas fuir éternellement. Peut-être qu’il n’en avait pas la force.Les jours suivants furent un tourbillon pour Alec. Chaque pensée, chaque geste semblait ramener à ce lien, à cette présence envahissante qu’Erik occupait dans sa vie. Il avait beau tenter de s’occuper l’esprit avec ses cours, avec ses amis, rien ne parvenait à chasser cette obsession, ce tiraillement constant entre la colère et une irrépressible envie de comprendre.Erik n’était plus un simple souvenir. Il était une ombre, une marque indélébile gravée dans ses pensées, jusque dans ses rêves. Même endormi, il voyait ses yeux perçants, cette lueur de tristesse dans son regard, ce sourire énigmatique à la fois si lointain et si proche. Malgré lui, Alec ne pouvait s’empêcher de le chercher, de le désirer.Mais chaque fois qu’il pensait à ce lien, une rage sourde le consumait. Il haïssait cette impression d’être manipulé par un destin qu’il n’avait pas choisi. Il n’était pas prêt à tout accepter, à se laisser guider sans comprendre. Pourquoi lui ? Pourquoi ce lien avec quelqu’un qui avait
Les jours passèrent, et Alec ne pouvait échapper à l’ombre d’Erik. Même lorsqu’ils se croisaient dans les couloirs de l’université, le monde autour de lui semblait se réduire à ce lien invisible, mais omniprésent. Erik habitait ses pensées, présence constante qu’il ne parvenait pas à fuir, même quand il s’efforçait de l’ignorer.Il s’était peu à peu installé dans un entre-deux, ni vraiment prêt à accepter ce qu’il ressentait, ni capable de le repousser. Une douleur sourde lui serrait la poitrine, un tourment que seule la pensée d’Erik parvenait à apaiser. Mais cette pensée l’effrayait. Chaque fois qu’il se retrouvait seul, la voix d’Erik résonnait dans sa tête, l’invitant à plonger dans ce lien qu’il n’avait pas choisi, mais qui se refermait sur lui comme un étau.Un après-midi, Alec décida de reprendre le contrôle. Il ne pouvait pas continuer à vivre dans cette confusion. Il avait besoin de réponses. Des réponses que seul Erik semblait pouvoir lui donner, même si l’idée de se retrouv
Alec marchait sans but, ses pas avalés par le brouhaha de la ville. Chaque son, chaque visage semblait se refermer sur lui, un étau un peu plus serré. Il avait besoin de fuir, de respirer, mais il n'y avait nulle part où aller. La ville entière n'était qu'un immense rappel d'Erik, un écho constant de ce lien qu'il ne pouvait ignorer.Ses pas le menèrent finalement au parc, son sanctuaire habituel, le seul endroit où il trouvait un semblant de paix quand le monde devenait trop lourd. Il s'effondra sur un banc, les mains tremblantes, crispées sur ses genoux. Les arbres familiers lui parurent soudain plus grands, plus menaçants ; leurs branches tordues évoquaient des bras squelettiques prêts à l'emprisonner. L'impression d'être enfermé dans une cage invisible était devenue une certitude. Et Erik, forcément Erik, en détenait l'unique clé. Il haïssait cette impuissance, cette sensation d'être à la merci d'une force qu'il ne comprenait pas, qui le dépassait.Il ferma les paupières, s'efforç
Alec n'avait plus qu'une seule obsession : fuir. Loin d'Erik, loin de ce lien qui vrillait son esprit comme une lame qu'on retourne sans cesse dans la plaie. Chaque regard échangé était un piège qui se refermait un peu plus sur lui. Il n'avait rien demandé de tout ça. Il n'avait pas choisi de souffrir encore.En cours, il fixait le tableau sans rien voir. Les mots du professeur n'étaient qu'un bourdonnement lointain, noyé sous le tumulte de ses pensées. Ce lien. Ce putain de lien. Il l'obsédait, le hantait, le tirait vers des eaux si troubles qu'il préférait fermer les yeux plutôt que d'affronter ce qui s'y cachait. Toute sa vie, il avait couru après la paix. Et maintenant, Erik se dressait sur sa route, vivant, brûlant, impossible à ignorer.Dès que le cours se termina, Alec fut le premier dehors. Il voulait disparaître avant que quiconque ne l'aperçoive. Mais à peine eut-il poussé la porte du bâtiment que son regard tomba sur une silhouette appuyée contre un arbre, les bras croisés,
Alec avait passé la nuit à fixer le plafond, les yeux grands ouverts dans l'obscurité. Son corps était épuisé, mais son esprit refusait de lâcher prise. Les mêmes questions tournaient en boucle, comme un disque rayé. Pourquoi ce lien ? Pourquoi maintenant ? Et surtout, pourquoi lui, Erik, parmi tous les êtres sur cette terre ?Quand les premières lueurs de l'aube filtrèrent à travers les rideaux, Alec comprit qu'il n'avait pas dormi une seule minute. Il se leva, le dos raide, la tête lourde, et traversa sa chambre comme un zombie. Il évita soigneusement le miroir. Pas aujourd'hui. Il n'avait pas besoin de voir à quel point il avait l'air aussi brisé qu'il se sentait.Dans la cuisine, sa mère préparait le café sans vraiment y croire. Elle lui jeta un regard en coin, ce regard qu'elle avait adopté depuis quelque temps celui de quelqu'un qui observe un animal blessé sans oser s'approcher.— Tu vas bien ? demanda-t-elle d'une voix trop prudente.Alec haussa les épaules, attrapant une pomm
Quand il rouvrit les yeux, il n’était plus sur le banc.Il était dans sa chambre. Pourtant, il l’avait quittée des heures plus tôt. Ses mains tremblaient. La lumière, l’air, tout semblait flotter à la limite du réel. Il se leva d’un bond et courut vers le miroir posé sur la commode. Son reflet ne semblait pas différent, mais au fond de ses yeux, il y avait un vide nouveau. Une absence.Il se sentait… léger. Mais terrifié.Aucun souvenir ne lui revenait. Il fouilla sa mémoire en vain, comme on cherche une lumière dans une pièce plongée dans le noir. Rien. Le néant. Et pourtant, une sensation persistait, étrange, au fond de sa poitrine. Comme une porte close qu’il ne pouvait pas ouvrir.Il tenta de se rappeler qui il était, mais tout se brouillait. Ses parents ? Des amis ? Des visages flous passaient, mais rien n’avait de poids. Comme si l’essentiel s’était envolé.La porte de la chambre s’ouvrit.Alec se retourna, le souffle coupé. Dans l’encadrement se tenait un homme. Un homme dont l







