分享

L'explication

last update publish date: 2025-05-27 22:00:18

Je cours sous la pluie.

 Le souffle me brûle la gorge. Mon cœur cogne si fort qu’il pourrait exploser.

 Je glisse presque sur le trottoir trempé, mais je continue.

 Je cours parce que je n’ai plus que ça. Courir. L’implorer. Le retenir.

— Dante, je t’en prie !

 Ma voix se déchire dans l’orage, emportée par le vent.

 Il ne s’arrête pas.

 Il ne se retourne même pas.

Comme si je n’existais plus.

 Comme si je n’avais jamais existé.

Une douleur sourde éclate dans ma poitrine. J’ai envie de vomir. J’ai envie de hurler.

 Il ouvre la portière de sa voiture.

 Non. Je ne peux pas le laisser partir comme ça.

Je plaque mes mains tremblantes sur le capot, haletante, désespérée. Mes cheveux ruissellent d’eau, collés à mon visage.

 Il me regarde enfin. Et ce que je vois me glace.

Ses yeux sont sombres.

Vides de toutes tendresses. Remplie de haine.

 Là, je ne suis même plus un être humain à ses yeux.

La vitre descend. Lentement. Comme une exécution.

— Monte.

Sa voix claque. Tranchante. Sans une once de chaleur.

 Je monte. Je ne réfléchis pas.

 Je suis trempée, glacée, les vêtements collés à ma peau. Mes dents claquent. Mais ce n’est pas le froid. C’est lui.

 Lui, à quelques centimètres. Si loin. Si cruel.

Il démarre sans un mot.

 Le silence est insupportable. Il pèse sur ma poitrine, m’écrase.

Je le regarde du coin de l’œil. Je veux qu’il parle. Qu’il crie. Qu’il me regarde. Je veux n’importe quoi sauf ce vide.

— Dante… je t’en supplie… ce n’est pas ce que tu crois…

Il ne lève même pas les yeux.

— Encore un mot, et je t’éjecte de cette voiture.

Sa voix est calme. Monstrueusement calme.

 Je me mords la lèvre. Je ravale mes mots, mes larmes, ma dignité.

On roule.

 L’hôpital approche. Trop lentement. Trop vite.

 Je ne veux pas arriver. Je ne veux pas comprendre ce qu’il va me montrer.

Il freine brutalement. Mon corps heurte la ceinture.

 — Descends.

Je reste figée. Mon genou me lance. Mes mains tremblent.

 Il sort, contourne la voiture, ouvre ma portière.

 Ses doigts s’enroulent autour de mon bras. Fort. Trop fort.

— Bouge.

Je titube. Je trébuche. Il ne m’aide pas. Il me pousse presque.

 Je suis une ombre. Un poids qu’il veut jeter au sol.

On entre. Le hall m’agresse. Trop blanc. Trop propre.

 L’odeur de désinfectant me donne la nausée. Le bruit sec de ses pas sur le carrelage me vrille le crâne.

Une porte. Une chambre.

 Il l’ouvre.

 Et je la vois.

Elena.

Allongée. Inerte. Reliée à des machines.

 Son visage est pâle. Presque irréel. Comme un fantôme.

Je reste figée.

 Je ne peux pas avancer.

— Voilà ce que tu as fait.

Sa voix tombe comme une lame.

 Je secoue la tête. Les larmes me brouillent la vue. J’essaie de parler.

— Non… ce n’est pas…

— Tais-toi.

Il me regarde comme si j’étais un monstre.

— Tu vas rester ici. Dehors. Toute la nuit. À genoux. Sous cette putain de pluie.

Je crois que j’ai mal entendu.

 Je ne comprends pas.

— Quoi… ?

Il s’approche.

 Ses yeux me transpercent. Son souffle me brûle.

— Tu veux que je t’écoute ? Commence par souffrir. Comme elle. Comme moi.

Il est si près. Trop près.

 Je sens sa haine. Elle me dévore.

— Une nuit entière. À genoux. C’est le prix de ta rédemption.

Il me lâche.

 Il me laisse là.

 Et je sors.

La pluie me fouette le visage. Violente. Féroce. Comme lui.

Je m’agenouille. Lentement. Mes genoux s’enfoncent dans la terre détrempée.

 Je suis trempée, glacée, souillée.

 Mais je reste. Pour lui. Pour qu’il me voie. Pour qu’il comprenne.

Les heures passent. Mon corps hurle.

 Je suis fatiguée. Trop. Mais je tiens.

Et puis… il revient.

Je lève les yeux, implorante. Un dernier regard. Un dernier espoir.

Et il me frappe.

Un coup de pied brutal dans les côtes.

 Je m’écroule dans la boue. Le souffle coupé.

 Ma joue heurte le sol.

— C’est toi qui l’as détruite. Toi !

Sa voix est partout. Dans mon crâne. Dans mes os. Elle me hante.

Je veux crier que ce n’est pas vrai.

 Mais je n’ai plus de voix.

— Si tu ne disparais pas… Je détruis ta famille. Tu sais que je peux le faire. Et je le ferai.

Puis il s’éloigne.

 Ses pas s’éteignent.

— Prévenez les Anderson. Lancez les procédures.

Je reste là.

 Seule.

 Tremblante.

 Face contre terre.

在 APP 繼續免費閱讀本書
掃碼下載 APP

最新章節

  • Le Regret du PDG : reviens, mon amour   422

    Ethan me regarde.Je refuse de croiser son regard.— On reparlera de ça, murmure-t-il.— Non.— Si.Mon téléphone vibre enfin.Ji-Won.Il vient de partir.Je me lève immédiatement.Un second message arrive.Cho a tout enregistré.Puis :Vous devez entendre ça.Nous rejoignons le bureau de conformité trente-cinq minutes plus tard.Ji-Won est assise devant Cho.Elle a l’air secouée.Pas paniquée.Secouée.Je m’assieds face à elle.— Qu’est-ce qu’il a dit ?Elle regarde Cho.— Faites écouter.Cho lance l’enregistrement.La voix de Kim remplit la pièce.Au début, rien d’utile.Il

  • Le Regret du PDG : reviens, mon amour   421

    — Je veux que tu le laisses parler.Ji-Won reste silencieuse quelques secondes.— Tu te rends compte que cet homme travaille directement pour Lee ?— Oui.— Et que quelqu’un a utilisé le badge de Han pour falsifier une prescription ?— Oui.— Tu veux quand même que j’aille le voir ?— Pas seule.Cette fois, elle ne répond pas immédiatement.— Explique.Je pousse la porte du bureau de conformité.Cho relève les yeux en me voyant revenir.— Je te rappelle dans cinq minutes, dis-je à Ji-Won.Je raccroche avant qu’elle proteste.Cho soupire déjà.— J’ai l’impression que je vais regretter de vous demander ce qu’il se passe.— Kim Do-yun vient de contacter le docteur Choi.Son expression change.Han se r

  • Le Regret du PDG : reviens, mon amour   420

    — Quelqu’un vous vole votre badge pendant deux heures, le rend et vous ne trouvez pas ça étrange ?— Je pensais l’avoir laissé dans une autre veste et qu’un membre de mon équipe l’avait retrouvé.— Vous avez demandé ?Han ne répond pas.Décidément, beaucoup de gens dans cet hôpital ont une relation étonnamment souple avec la sécurité.Cho semble aussi furieux que moi.— Qui a accès à votre casier ?— Il n’est pas verrouillé.Je laisse échapper un rire incrédule.— Vous plaisantez.— Nous ne mettons pas d’objets personnels importants dedans.— Apparemment, sauf les badges permettant d’accéder aux bureaux où l’on peut falsifier des prescriptions.Han me lance un regard ag

  • Le Regret du PDG : reviens, mon amour   419

    Lorsque j’entre dans le bureau de la conformité, monsieur Cho et le technicien informatique sont déjà devant l’écran.Le professeur Han n’est pas là.Je m’assieds sans retirer ma blouse.— Montrez-moi.Cho lance la première vidéo.L’image est médiocre, mais suffisamment nette pour reconnaître le couloir du deuxième étage. L’heure apparaît en bas de l’écran.02 h 09.Un homme arrive devant la porte du bureau médical, passe son badge et entre.Je le reconnais immédiatement.— Han.— Oui.C’est bien lui.La vidéo défile.À 2 h 14, quelqu’un utilise mon compte depuis le terminal A17 et modifie pendant quelques s

  • Le Regret du PDG : reviens, mon amour   418

    — Je veux les noms.— Je ne peux pas vous remettre cette liste directement.— Je ne vous demande pas de me la remettre. Je vous demande de la comparer avec les personnes présentes ce soir-là.Le technicien regarde Cho.Cho finit par acquiescer.— Faites-le.Pendant qu’il travaille, je prends mon téléphone.Je commence à écrire à Ethan.Puis je m’arrête.Non.Pas encore.Je veux comprendre avant de lui envoyer une moitié d’information.Le technicien consulte plusieurs tableaux.— Ce soir-là, cinq personnes disposant de ce niveau d’accès étaient enregistrées dans l’établissement.— Kang ?— Oui.Je ne réagis pas.— Le docteur Choi ?— Non. Elle n’a pas ce niveau d’

  • Le Regret du PDG : reviens, mon amour   417

    Ethan m’attend devant l’hôpital lorsque ma garde se termine.Je monte dans la voiture et lui tends directement mon téléphone.— Lis.Il parcourt les captures de l’historique pendant que je lui explique ce que Min-Ho et moi avons découvert : l’ancienne endoscopie consultée, le bilan de coagulation ouvert ensuite, puis la prescription modifiée quelques minutes plus tard.Son visage se ferme progressivement.— La personne savait pour l’ulcère.— Oui.— Donc elle savait ce que provoquerait une augmentation de l’héparine.— C’est ce que je pense.Il me rend le téléphone.— Ce n’était pas une erreur choisie au hasard.— Non. Si on avait simplement voulu me faire passer pour négligente, on aurait pu modifier n’importe quel traitement. Là, quelqu’un a cherché une complication précise chez un patient qui avait déjà un risque hémorragique.Ethan reste silencieux quelques secondes.— Tu réalises ce que ça signifie ?— Qu’on a affaire à quelqu’un qui connaît suffisamment la médecine.— Pas seulem

更多章節
探索並免費閱讀 優質小說
GoodNovel APP 免費暢讀海量優秀小說,下載喜歡的書籍,隨時隨地閱讀。
在 APP 免費閱讀書籍
掃碼在 APP 閱讀
DMCA.com Protection Status