MasukChapitre 40
Livia
Quand Marta entre dans ma chambre ce matin-là, elle ne porte pas seulement le plateau du petit-déjeuner avec la théière fumante et le pain frais, elle tient aussi entre ses mains usées par le travail un bouquet de fleurs sauvages, un bouquet modeste et fragile de perce-neige aux corolles blanches, d'hellébores pourpres et de jasmin d'hiver qui embaume l'air glacé de la ch
Chapitre 77AlexanderLes mots de Livia résonnent encore en moi, ils se mêlent aux battements de mon cœur et à la chaleur de son corps blotti contre le mien, et je reste un long moment silencieux, les bras refermés autour d'elle, le visage enfoui dans ses cheveux bruns qui sentent la lavande et le feu de cheminée. Elle est là, elle est réelle, elle n'est pas partie, elle a veillé sur moi toute la nuit et elle m'a couvert quand j'avais froid, et maintenant elle est dans mes bras, chaude et vivante et aimante, et je ne veux plus jamais la laisser partir. Cette vérité s'impose à moi avec la force d'une évidence, elle monte des profondeurs de mon âme comme une vague qui balaie tout sur son passage, et je la serre un peu plus fort contre moi, comme si ma seule étreinte pouvait la retenir, comme si mes bras pouvaient devenir une forteresse imprena
Chapitre 76LiviaLa lumière grise de l'aube baigne la bibliothèque d'une clarté douce et pâle qui filtre à travers les fenêtres ogivales, et je suis assise dans le fauteuil de cuir face au canapé où Alexander s'est endormi la veille au soir, le recueil de poésie d'Elara posé sur mes genoux, les mains croisées sur la couverture de cuir rouge. Je me suis assoupie quelques heures, bercée par le crépitement du feu et par le souffle régulier de son sommeil, mais je me suis réveillée avant lui, et je le regarde maintenant dormir, enveloppé dans la couverture de laine que j'ai posée sur lui au milieu de la nuit, quand le froid est descendu sur la bibliothèque. Son visage est détendu, paisible, comme je ne l'ai jamais vu, et ses longs cils noirs projettent des ombres légères sur ses pommettes hautes
Chapitre 75AlexanderLa voix de Livia s'est tue, le poème s'est achevé, et le silence est retombé sur la bibliothèque comme un manteau de velours, chaud et apaisant. Le feu crépite doucement dans la cheminée, les flammes dansent dans l'âtre en projetant des lueurs dorées sur les murs tapissés de livres, et je sens une fatigue immense s'abattre sur moi, une fatigue qui n'a rien de la lourdeur épuisante des nuits sans sommeil, mais qui ressemble à une langueur paisible, à un abandon confiant, à une reddition consentie. Mes paupières sont lourdes, mes membres sont engourdis, et je me laisse glisser sur le canapé de cuir qui fait face à la cheminée, sans résister, sans lutter, sans craindre ce qui m'attend de l'autre côté du sommeil.Livia est toujours près de moi, je sens sa pr&ea
Chapitre 74LiviaLa nuit est tombée sur Thornfield, une nuit fraîche et claire où les étoiles percent enfin le manteau de nuages qui recouvre la lande depuis des semaines, et je suis assise devant la cheminée de la bibliothèque, dans le grand fauteuil de cuir qu'Alexander a fait rapprocher du feu, le recueil de poésie d'Elara ouvert sur mes genoux. Les flammes dansent dans l'âtre, elles projettent des lueurs dorées sur les murs tapissés de livres, elles font briller les reliures de cuir et les titres gravés en lettres d'or, elles caressent les visages des ancêtres peints sur les murs comme des bénédictions silencieuses, et l'air est chargé de l'odeur du bois qui brûle, de la cire d'abeille et du papier ancien, cette odeur que j'ai appris à aimer et qui est devenue l'odeur de ma maison. Alexander est assis en face de moi, dans s
Chapitre 73AlexanderLa nuit est tombée sur Thornfield, une nuit calme et silencieuse où le vent s'est tu et où la mer ne gronde plus qu'en sourdine au pied de la falaise, et je suis allongé dans mon lit, les yeux fermés, le corps lourd de fatigue mais l'esprit étrangement paisible. Livia est restée avec moi dans la bibliothèque jusqu'à ce que les bougies achèvent de se consumer, elle m'a écouté raconter mes cauchemars, elle a tenu mes mains dans les siennes, elle a posé son front contre le mien, et quand elle s'est retirée dans sa chambre, elle m'a laissé avec une sensation nouvelle, une sensation que je n'avais pas ressentie depuis des années, une sensation de paix, de sécurité, de confiance.Je me suis couché sans appréhension, sans ce sentiment de terreur sourde qui m'étr
Chapitre 72LiviaLe soir est tombé sur Thornfield, un soir doux et clair où le vent s'est calmé et où la mer ne gronde plus qu'en sourdine, comme une bête repue qui s'endort au pied de la falaise, et je suis assise près de la cheminée dans la bibliothèque, le recueil de poésie d'Elara ouvert sur mes genoux, les yeux perdus dans les flammes qui dansent dans l'âtre. Alexander est assis en face de moi, dans le fauteuil de cuir usé qu'il a rapproché du feu, et le silence qui nous enveloppe est un silence chaud et apaisé, un silence de fin de journée, un silence de confiance partagée. Eleanor est déjà montée se coucher, elle a embrassé son frère sur le front et m'a serré la main avant de se retirer, et nous sommes seuls, tous les deux, dans la pénombre dorée de la bibliothèque.
Chapitre 2LiviaManoir Deveraux, veille de noces.La dentelle gratte ma gorge. Je tourne la tête vers la gauche, puis vers la droite. La robe est belle. On me l’a dit cent fois aujourd’hui. Belle. Ravissante. Éclatante. Les mots tournent dans ma tête comme des mouches autour d’un cadavre. Je les c
Chapitre 1AlexanderThornfield, nuit sans lune.La pierre est froide sous mes doigts. Je les pose contre le mur du couloir, lentement, comme si je pouvais sentir les battements de ce manoir mort. Rien. Pas de pouls. Pas de chaleur. Juste l’humidité qui imprègne les murs depuis des siècles et cette
Chapitre 9AlexanderJe reviens dans la chambre une heure plus tard, comme je l'ai promis, comme je l'ai ordonné, et cette fois je ne suis pas seul. Gideon m'accompagne, silhouette noire et silencieuse qui se tient en retrait près de la porte, et dans mes mains gantées de cuir noir, je tiens le con
Chapitre 8LiviaIl est parti. La porte s'est refermée sur lui avec ce bruit sec et définitif que je commence à connaître, ce claquement de loquet qui est devenu la bande-son de mon cauchemar éveillé, et je reste seule dans la chambre glacée, debout près de la fenêtre ogivale, les doigts crispés su







