LOGINChapitre 103
AlyaJe lui ai envoyé un message. Trois mots. « J'ai lu. Alya. »
J'ai effacé. Recommencé. Effacé encore. Mon pouce tremblait au-dessus de l'écran. J'ai appuyé sur envoyer.
Il a répondu en une seconde.
« Merci. »
Juste merci.
Et j'ai pleuré devant mon téléphone.
J'ai appelé Camille. Elle a décroché à la prem
Chapitre 104CamilleAlya lui a répondu. « J'ai lu. » Elle me l'a dit au téléphone. Sa voix tremblait. J'ai entendu les larmes dans sa gorge. Je suis venue.Je l'ai trouvée assise sur son canapé, le téléphone dans la main, les yeux rouges. Elle fixait l'écran. Le message était encore ouvert. « Merci. » Un mot. Un seul. Je l'ai vue pleurer devant son téléphone.Je me suis assise à côté d'elle. Je l'ai prise dans mes bras. Elle s'est effondrée contre moi. Ses épaules tremblaient. Ses larmes mouillaient mon épaule. Je l'ai bercée. Comme quand nous étions adolescentes. Comme quand Gabriel l'avait quittée. Comme quand sa grand-mère était morte.— Tu vas retourner vers lui ?Ma voix était douce. Pas accusatrice. Juste une question. Elle a relevé la tê
Chapitre 103AlyaJe lui ai envoyé un message. Trois mots. « J'ai lu. Alya. »J'ai effacé. Recommencé. Effacé encore. Mon pouce tremblait au-dessus de l'écran. J'ai appuyé sur envoyer.Il a répondu en une seconde.« Merci. »Juste merci.Et j'ai pleuré devant mon téléphone.J'ai appelé Camille. Elle a décroché à la première sonnerie.— Alya ? Qu'est-ce qui se passe ? Tu pleures ?— J'ai envoyé un message.— À qui ?— À lui.Silence.— Qu'est-ce que tu as écrit ?— Trois mots. « J'ai lu. Alya. »— Et il a répondu ?— Oui.— Quoi ?— Merci.Un autre silence. Plus long.— C'est tout ? Il a dit merci ?
Chapitre 102RafaelMon téléphone vibre. Une seule fois. Un message. Je ne bouge pas tout de suite. Je reste allongé dans le noir, les yeux fixés sur le plafond, à écouter le silence de l’appartement vide. Cent jours que je vis ici comme un fantôme. Cent jours que je me lève sans elle. Cent jours que je respire sans elle. Cent jours que je meurs un peu plus chaque soir. Le téléphone vibre encore. Je finis par tendre la main. L’écran m’aveugle. Un nom. Camille. Pourquoi Camille m’écrirait-elle ? Elle ne m’écrit jamais. Elle me méprise. Elle a raison. Je déverrouille. Un seul message. Trois phrases. Je les lis. Je les relis. Mon cœur s’arrête.« Elle n’a pas déchiré la lettre. Elle l’a gardée. Ne t’emballe pas. »Je reste immobile. Le téléphone d
Chapitre 101AlyaJ’ai lu sa lettre. Toute la nuit.Je l’ai trouvée en rentrant, glissée sous la porte du restaurant. Une enveloppe simple. Juste mon prénom. Alya. Écrit à la main. De cette écriture trop élégante que je connais par cœur. J’ai su que c’était lui avant même de l’ouvrir. Je l’ai ramassée. Je l’ai montée. Je me suis assise à la table des confidences. Et j’ai lu.Toute la nuit.Chaque ligne était une lame. Chaque aveu, une brûlure. Il a tout écrit. La vengeance. La haine. La promesse faite à son père. Les quinze années de préparation. Le forum. Le contrat. Le mariage. Le premier baiser. La première nuit. La coupure dans la cuisine. Les croissants du matin. La rose blanche. La tombe de grand-mère. Les larmes. Les rires. Les silences. Les
Chapitre 100RafaelCent jours. Cent jours que je vis sans elle. Cent jours que je me lève sans la voir, que je respire sans son odeur, que je marche sans sa main dans la mienne. Cent jours. J’ai compté. Chaque matin. Chaque soir. Chaque nuit. Cent jours, c’est à la fois une éternité et un clin d’œil. Une éternité de douleur. Un clin d’œil de lucidité. Parce qu’en cent jours, j’ai compris.Ce soir, j’ai écrit une lettre.Pas un SMS. Pas un mail. Pas un message vocal. Une lettre. Du papier. De l’encre. Ma main qui tremble. Tout. J’ai cherché du papier dans l’appartement. J’ai fini par en trouver, au fond d’un tiroir, dans une vieille boîte que je n’avais pas ouverte depuis des années. Le papier est jauni. L’encre est bleue. Le stylo est un vieux stylo plume que je n’utilisais
Chapitre 99AlyaCamille me l’a dit. Sans prévenir. Sans détour. Elle est entrée, elle s’est assise, et elle a lâché la nouvelle comme on jette une pierre dans l’eau calme.— L’avocate. Celle qui est venue te voir. Elle a été virée.Je suis restée immobile. Mes doigts se sont crispés sur le bord de la table. Je n’ai rien dit. J’attendais. Je savais qu’il y avait une suite. Et cette suite, je la redoutais autant que je la désirais.— Virée ? Par qui ?— Par lui. Par Rafael. Il l’a apprise. Il n’a pas aimé. Il l’a virée sur-le-champ.Mon cœur a bondi malgré moi. Un bond. Un sursaut. Une trahison de mon propre corps. Je l’ai senti. Elle l’a vu. Elle n’a rien dit. Mais elle l’a vu. Je le sais.— Il ne veut pas divorcer,
Chapitre 3AlyaCamille débarque sans prévenir à vingt et une heures passées, trempée par l'averse de mars, une bouteille de vin blanc à la main. Elle a les cheveux plaqués sur le front, les joues rougies par le froid, et ce sourire indomptable qui ne la quitte jamais, même dans les pires moments.
Chapitre 2AlyaGabriel arrive le lendemain matin sans prévenir, comme il le fait toujours, comme si le restaurant lui appartenait encore, comme si ces deux années de séparation n'avaient été qu'une parenthèse qu'il peut refermer à sa guise.Je suis en train de préparer la salle pour le service du
Chapitre 1AlyaLe papier est jauni sur les bords, plié en trois, usé aux pliures comme si quelqu'un l'avait manipulé mille fois avant moi. L'écriture de ma grand-mère est penchée, élégante, reconnaissable entre toutes. Cette écriture qui écrivait « je t'aime » sur des post-it collés au frigo, qui
Chapitre 5RafaelLa porte du restaurant se referme derrière moi, le carillon tinte une dernière fois, et je me retrouve sur le trottoir humide, les mains enfoncées dans les poches de ma veste élimée, le visage fouetté par le vent de mars. Je reste immobile quelques secondes, les yeux fixés sur la







