LOGINChapitre 53DamonLe couloir qui mène à la chambre d'Elena est silencieux, un silence ouaté que troublent seulement le tic-tac lointain d'une horloge comtoise et le bruissement feutré de mes pas sur le tapis d'Orient. Je m'arrête devant la porte, la main levée, sans frapper, les doigts suspendus à quelques centimètres du bois sculpté, et je reste ainsi un long moment, à l'écoute des bruits ténus qui filtrent à travers l'épaisseur du battant. Je sais qu'elle est là, recroquevillée sur le lit ou assise près de la fenêtre, les yeux perdus sur les jardins qu'elle contemple sans les voir, et cette certitude m'étreint la poitrine comme un étau, une pression sourde qui ne me lâche plus depuis que j'ai découvert les journaux du matin étalés sur la table du petit-déjeuner, leurs gr
Chapitre 52BiancaLa lumière du matin traverse les voilages de ma suite avec une douceur perfide, une lumière d'ambre et de miel qui caresse les meubles laqués et les soieries sans parvenir à réchauffer l'air climatisé de cette chambre d'hôtel particulière que j'ai transformée en quartier général. Je me tiens debout devant la baie vitrée, une tasse de café noir fumant entre les doigts, et je contemple la ville qui s'étend à mes pieds comme un échiquier dont je connais chaque case, chaque pièce, chaque faiblesse cachée sous la surface polie des apparences. Les journaux du matin sont étalés sur la table basse derrière moi, leurs gros titres encore frais d'encre, leurs colonnes chargées de mensonges que j'ai soigneusement distillé, goutte à goutte, dans les oreilles complaisantes des journalistes qui ne savent pas qu'ils sont mes marionnettes. Et je souris, je souris d'un sourire lent et satisfait, un sourire de félin qui vient de déposer sa proie pantelante au centre de la clairière, u
Chapitre 51ElenaLes journaux du matin sont étalés sur la table du petit-déjeuner comme autant de couperets prêts à s'abattre sur ma nuque, et je les découvre en entrant dans la salle à manger, les doigts encore tremblants des événements de la nuit, les yeux cernés par le manque de sommeil et les larmes que j'ai versées en silence pour ne pas réveiller Damon qui dormait enfin, épuisé par l'assaut et la blessure que j'avais pansée de mes mains. La une du premier quotidien affiche une photographie qui me glace le sang, un cliché volé lors d'une réception ancienne, bien avant mon arrivée dans ce monde, et l'on y voit Bianca Romano au bras de Damon, tous deux souriant à l'objectif comme un couple de jeunes fiancés promis à un avenir radieux. Le titre qui barre l'image en lettres grasses est un
Chapitre 50DamonL'entrepôt est encore fumant des cendres de l'assaut lorsque mes hommes entreprennent de fouiller systématiquement chaque recoin, chaque caisse, chaque conteneur abandonné qui pourrait receler un indice sur les commanditaires de l'enlèvement. L'aube blanchit les vitres brisées, projetant des lames de lumière grise sur le béton maculé de sang et de poudre, et l'air est chargé d'une odeur âcre de métal chauffé et de cordite qui prend à la gorge. Viktor supervise les recherches avec sa minutie habituelle, son visage fermé ne trahissant aucune émotion, mais je connais assez mon bras droit pour savoir que la fureur qui l'habite n'est pas moins intense que la mienne.Je me tiens près de la chaise renversée où Elena était attachée quelques heures plus tôt, incapable de
Chapitre 49ElenaLe palais est silencieux quand nous franchissons les grilles, un silence de cathédrale que troublent seulement le crissement des pneus sur le gravier et les ordres étouffés que Viktor donne aux gardes qui se déploient autour du périmètre. Damon me porte dans ses bras depuis la voiture, il a refusé que quiconque le fasse à sa place, il a refusé que les médecins appelés en urgence s'occupent de moi avant qu'il ne m'ait déposée lui-même sur le lit de notre chambre, et je n'ai pas protesté, je n'ai pas trouvé la force de protester, je me suis simplement blottie contre sa poitrine en respirant son odeur de poudre et de sueur, cette odeur qui est devenue pour moi le parfum du salut.Les domestiques s'écartent sur notre passage, leurs visages sont pâles et leurs yeux sont baissés,
Chapitre 49ElenaLe palais est silencieux quand nous franchissons les grilles, un silence de cathédrale que troublent seulement le crissement des pneus sur le gravier et les ordres étouffés que Viktor donne aux gardes qui se déploient autour du périmètre. Damon me porte dans ses bras depuis la voiture, il a refusé que quiconque le fasse à sa place, il a refusé que les médecins appelés en urgence s'occupent de moi avant qu'il ne m'ait déposée lui-même sur le lit de notre chambre, et je n'ai pas protesté, je n'ai pas trouvé la force de protester, je me suis simplement blottie contre sa poitrine en respirant son odeur de poudre et de sueur, cette odeur qui est devenue pour moi le parfum du salut.Les domestiques s'écartent sur notre passage, leurs visages sont pâles et leurs yeux sont ba







