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Chapitre 50 : Isabella

Auteur: L'invincible
last update Date de publication: 2026-04-10 17:18:00

Ève

La chambre est grande, plus grande que je l'imaginais.

Des fenêtres sur tout un mur, une vue sur un jardin intérieur, des arbres, un peu de verdure. Des murs peints en jaune pâle, comme du beurre, comme du soleil, comme une tentative désespérée de faire oublier où on se trouve. Des peluches sur une étagère, des livres, des crayons de couleur, une télévision accrochée au mur

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    SalvatoreLa nuit est tombée sur Palerme. La réanimation s'est calmée, les médecins ont réduit les doses de sédatifs, les infirmières font leurs rondes en silence. Je suis toujours là, sur ma chaise en plastique, dans le couloir désert. Vito est reparti il y a une heure, je lui ai ordonné d'aller dormir. Il a résisté, bien sûr, il a grogné, il a protesté, mais j'ai été intraitable. Il doit protéger Isabella maintenant, c'est sa mission. Ma mission, c'est Ève.Le couloir est silencieux, à peine éclairé par les veilleuses qui diffusent une lumière orangée, tamisée, presque paisible. Les bruits de la ville me parviennent étouffés par les doubles vitrages, un klaxon lointain, une sirène, le souffle du vent dans les cyprès. La mer, là-bas, est une plaque

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    SalvatoreLes heures passent. Lentes, gluantes, interminables. Le temps s'étire comme un élastique prêt à se rompre, chaque minute est un siècle, chaque seconde est une torture. Je suis assis sur une chaise en plastique dans le couloir de la réanimation, les coudes sur les genoux, la tête entre les mains, les yeux fixés sur la porte close qui me sépare d'Ève.Je n'ai pas bougé depuis des heures. Peut-être quatre, peut-être cinq, peut-être plus. Je ne sais pas. Le soleil a tourné, les ombres se sont allongées, la lumière a changé de couleur. Par la fenêtre du couloir, je vois la mer, là-bas, plate et grise, et les toits de Palerme qui descendent en cascade vers le port. Le monde continue de tourner, indifférent à ma souffrance. Les gens vont et viennent, les voitures circulent, les bateaux pêchent. Mais m

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    SalvatoreLa lumière s'éteint.Je ne trouve pas d'autres mots. Il n'y a pas d'autres mots. Une seconde avant, la chambre était inondée d'une clarté surnaturelle, un éclat blanc et or qui jaillissait de sous la porte comme si le soleil lui-même était entré dans cette pièce. J'ai vu cette lumière, Vito l'a vue, tout le couloir en a été illuminé. Une lumière qui ne venait d'aucune ampoule, d'aucune lampe, d'aucune source connue. Une lumière qui traversait la matière, qui vibrait, qui pulsait comme un cœur vivant.Et puis, d'un coup, plus rien.Le silence qui suit est pire que tout. Pire que les bips des machines, pire que les cris, pire que les sirènes. Un silence absolu, minéral, un silence de tombeau. Je plaque mes deux mains contre la porte, j'écoute de toutes mes forces, le souffle suspendu, le cœur arrêté.Rien.Pas un gémissement, pas une respiration, pas un froissement de drap. Rien.La panique me prend aux tripes, une main glacée qui serre mes entrailles et ne lâche plus. J'oubli

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