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Chapitre 142: Le mariage

Auteur: L'invincible
last update Date de publication: 2026-05-30 20:01:32

Salvatore

Je ne suis pas un homme romantique. Je ne sais pas faire de beaux discours, préparer des surprises, organiser des dîners aux chandelles. Je ne suis pas l'homme qui offre des fleurs et déclame des poèmes. Je suis l'homme qui protège, qui pourvoit, qui élimine les menaces. C'est comme ça que j'aime. C'est la seule façon que je connaisse.

Mais aujourd'hui, je veux faire les choses bien. Aujourd'hui, je veux lui offrir quelque chose qu'elle mérite.

Je fais préparer le jardin. Une table po
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    SalvatoreJe ne suis pas un homme romantique. Je ne sais pas faire de beaux discours, préparer des surprises, organiser des dîners aux chandelles. Je ne suis pas l'homme qui offre des fleurs et déclame des poèmes. Je suis l'homme qui protège, qui pourvoit, qui élimine les menaces. C'est comme ça que j'aime. C'est la seule façon que je connaisse.Mais aujourd'hui, je veux faire les choses bien. Aujourd'hui, je veux lui offrir quelque chose qu'elle mérite.Je fais préparer le jardin. Une table pour le petit-déjeuner, des fleurs partout, des roses blanches, ses préférées. Isabella et Silvia m'ont aidé, en secret, pouffant comme des conspiratrices. Je me sens ridicule, maladroit, terrifié. J'ai affronté des hommes armés sans trembler, et voilà que je tremble pour une demande en mariage.Je prends sa main et je l'emmène dans le jardin sans un mot. Elle me suit, intriguée. Quand elle voit la table, les fleurs, le soleil qui joue dans les feuillages, elle s'arrête, et son visage s'illumine.

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    Salvatore— Je veux voir ma mère.C'est la première fois depuis des jours qu'Ève formule une demande. Sa voix est faible, presque inaudible, mais je l'entends. Je l'entends toujours.Je hoche la tête sans hésiter. C'est dangereux. Vittorio est mort, mais ses hommes sont encore là, dispersés, cherchant peut-être à venger leur chef. Faire venir la mère d'Ève, c'est prendre le risque de l'exposer, de créer une piste, de donner une cible. Mais le risque, je m'en moque. Si Ève veut voir sa mère, elle la verra.J'organise tout en quelques heures. Une voiture banalisée, deux hommes de confiance, un itinéraire discret. Quand la mère d'Ève arrive, je l'attends dans le hall. Elle est plus petite que dans mon souvenir, plus fragile, mais son regard est le même. Un regard qui me transperce, qui me juge, qui me condamne.— Où est-elle ? demande-t-elle d'une voix brève.— Dans sa chambre. Suivez-moi.Je la conduis à travers les couloirs, et je reste derrière la porte. Je n'entre pas. Ce moment n'es

  • Le prix du miracle    Chapitre 140 : Le piège

    SalvatoreJe ne dors plus. Je ne mange plus. Je passe mes nuits penché sur des cartes, des plans, des relevés téléphoniques. Mes hommes me regardent avec inquiétude. Ils ne disent rien, ils n'osent pas, mais je vois dans leurs yeux la question muette : jusqu'où ira-t-il ?Jusqu'au bout. Jusqu'à ce que Vittorio soit mort, et avec lui la menace qui pèse sur ma famille depuis trop longtemps. Je n'aurais jamais dû le laisser en vie. J'aurais dû l'écraser comme l'insecte qu'il est. Aujourd'hui, chaque minute qu'il respire encore est une insulte à tout ce que j'aime.Ève découvre mon plan. Je ne sais pas comment. Peut-être a-t-elle entendu des bribes de conversation, peut-être a-t-elle vu les cartes étalées sur mon bureau quand elle est venue me parler. Elle entre dans la pièce, plus pâle que jamais, enveloppée dans ce plaid qu'elle ne quitte plus.— Je ne veux pas que tu deviennes un meurtrier pour moi.Sa voix est faible, mais elle porte cette force tranquille qui m'a toujours désarmé. Je

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    ÈveJe vois dans ses yeux qu'il ne dormira plus. Qu'il ne mangera plus. Qu'il ne vivra plus que pour une seule chose : me sauver. C'est ce que je redoutais depuis le début. C'est pour ça que je n'ai rien dit. Parce que je connais Salvatore. Je connais son obstination, sa dévotion, cette façon qu'il a de transformer l'amour en une guerre qu'il doit absolument gagner.Et maintenant, la guerre est déclarée contre la mort elle-même.Les jours qui suivent, la maison se transforme en quartier général médical. Des médecins défilent, convoqués par Salvatore avec l'urgence qu'on réserve aux affaires les plus graves. Des spécialistes venus de Rome, de Milan, de Genève. Des professeurs d'université, des chercheurs, des pontes de la médecine qui n'ont jamais mis les pieds dans une demeure comme la nôtre. Ils m'examinent, me posent des questions, consultent des dossiers, hochent la tête avec des airs graves.— Il n'y a rien à faire, dit le plus éminent d'entre eux. Le corps s'épuise. C'est comme s

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    SalvatoreLa porte de mon bureau claque contre le mur avec une violence qui me fait lever les yeux. Silvia se tient dans l'encadrement, le visage défait, les yeux rouges. Je repose mon stylo, lentement. Silvia ne pleure jamais. Silvia ne tremble jamais. Quelque chose ne va pas. Quelque chose de grave.— Il faut que je vous parle. C'est à propos d'Ève.Mon sang se fige dans mes veines. Ces mots, ce ton, cette expression sur son visage. Je me lève sans m'en rendre compte, mes mains s'appuient sur le bureau. Le bois est froid sous mes paumes. Tout est froid soudain.— Parle.Un seul mot. Ma voix est calme, trop calme. C'est le calme avant la tempête, je le sais. Je le sens dans mes entrailles qui se tordent, dans mon cœur qui bat trop vite contre mes côtes.Silvia ouvre la bouche, la referme. Elle cherche ses mots, ou peut-être le courage de les prononcer. Ses mains se tordent sur le tissu de sa robe, un geste nerveux que je ne lui ai jamais vu. Puis elle se lance, et chaque mot est un c

  • Le prix du miracle    Chapitre 137 : Le secret 2

    Elle ferme les yeux, respire profondément. Et puis elle parle. Elle parle de son don, de ce pouvoir mystérieux qui s'est éveillé en elle quand elle était adolescente, qui lui permet de guérir les maladies et de soulager les douleurs. Elle parle du prix à payer, de cette énergie vitale qu'elle transfère aux autres, qu'elle donne sans compter, qu'elle sacrifie sur l'autel de chaque guérison. Elle parle de la leucémie d'Isabella – cette maladie hideuse, cette mort lente qui dévorait la petite fille de l'intérieur, qu'elle a aspirée en elle comme on aspire un poison, qu'elle a brûlée dans son propre corps pendant trois jours de coma.— Je meurs à petit feu, Silvia. Chaque guérison me coûte un peu de ma vie. Chaque patient que je soigne emporte avec lui une parcelle de mon énergie, une fraction de mon âme, une année de mon existence. Et après Isabella... après ce que j'ai fait pour elle, après avoir pris sa leucémie en moi... quelque chose s'est cassé. Quelque chose qui ne se réparera jama

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