LOGINChapitre 83
Vaelor
Je me tiens devant le miroir de ma chambre, et je ne reconnais pas l'homme qui me regarde.
Il est vêtu d'un costume sombre, impeccable, mais ses mains tremblent légèrement le long de son corps, et son visage, ce visage que j'ai appris à composer comme un masque, laisse transparaître une émotion que je croyais avoir éradiquée depuis longtemps : l
Chapitre 120AélyraJe le regarde, effondré devant moi, et je sens quelque chose se briser en moi. Une digue. Une armure. Une peur. Quelque chose que j'ai porté pendant sept ans, qui m'a protégée, qui m'a permis de survivre, mais qui m'empêche aujourd'hui de vivre.Il est là. Vaelor Draken. L'homme le plus puissant d'Eldoria. L'héritier d'une famille qui m'a détruite. Le père de mes enfants. L'homme que j'ai aimé. L'homme que j'aime encore. Et il pleure. Il ne pleure pas de colère. Il ne pleure pas de peur. Il pleure de honte. De culpabilité. De regret. Il pleure parce qu'il comprend, enfin, ce que sa famille m'a fait. Ce que le monde m'a fait. Ce que lui m'a fait, sans le savoir, sans le vouloir.Je devrais le haïr. Je devrais le repousser. Je devrais lui crier que c'est trop tard, que les excuses ne suffi
Chapitre 119VaelorJe suis anéanti.Les documents sont posés sur la table basse de la librairie. Aélyra les a lus. Elle sait tout maintenant. Elle sait ce que ma famille a fait. Elle sait comment ils l'ont détruite. Elle sait comment ils l'ont poussée à fuir. Elle sait comment ils l'ont empêchée de revenir. Et elle sait que je n'y étais pour rien. Mais cela ne change rien à ce que je ressens.Je me sens coupable. Complice. Indigne. Parce que je porte leur nom. Parce que je suis un Draken. Parce que leur sang coule dans mes veines. Parce que, pendant sept ans, j'ai vécu dans l'ignorance, dans le confort, dans le pouvoir, pendant qu'elle élevait mes enfants seule, dans la peur, dans la misère, dans la solitude. J'ai signé des contrats. J'ai dirigé des réunions. J'ai bâti un empire. Et p
Chapitre 118KaelisJe n'ai pas dormi de la nuit. Je n'ai pas dormi parce que j'ai trouvé quelque chose. Quelque chose de grave. Quelque chose que je cherchais depuis des semaines, depuis que j'avais compris que l'histoire de ma mère n'était pas l'histoire qu'on m'avait racontée.J'ai passé des heures à la bibliothèque de Brumhaven, à éplucher les archives, à recouper les informations, à comparer les dates. Et j'ai trouvé. Des documents. Des lettres. Des rapports. Des preuves que la famille Draken avait tout manigancé. Tout. Depuis le début.Ils ont fait pression sur mon grand-père, Eldric Vossen, pour qu'il chasse sa propre fille. Ils ont menacé de ruiner ce qui restait de l'entreprise familiale. Ils ont promis de l'aider s'il se débarrassait d'elle. Et il l'a fait. Il a chassé maman. Il l'a laissée partir en pleine nuit, enceinte de deux enfants, sans un sou, sans un mot.Ils ont fait surveiller maman après sa fuite. Des hommes. Des rapports. Des comptes rendus. Où elle était. Ce qu
Chapitre 117VaelorJe trouve les lettres par hasard. Ou peut-être pas par hasard. Peut-être que je les cherchais sans le savoir. Depuis des semaines, depuis que ma mère est tombée, depuis que les masques sont tombés, je fouille le passé. Je fouille les archives de la famille. Je fouille les papiers de mon père. Je cherche des réponses. Des explications. Des coupables.Aldric Draken est mort depuis dix ans. Mais ses affaires sont là, dans son bureau, dans les cartons que personne n'a jamais osé ouvrir. Je les ouvre. Un à un. Je lis les lettres, les notes, les rapports. Et je trouve.Une liasse de correspondance. Des lettres de mon père à son homme de confiance. Des lettres qui datent d'il y a sept ans. Des lettres qui parlent d'Aélyra. Des lettres qui parlent de moi.« Le jeune V
Chapitre 116AélyraJe sais.Je ne sais pas comment je l'ai appris. Peut-être par une indiscrétion, peut-être par un domestique, peut-être par un journaliste trop zélé. Peu importe. Ce qui compte, c'est que je sais. Ma mère savait. Lysandra Vossen, ma propre mère, était au courant des manigances de Seraphina. Elle savait que Seraphina préparait des attaques contre moi. Elle savait qu'elle allait me traîner dans la boue, me salir, me détruire. Et elle n'a rien fait. Pas un mot. Pas un avertissement. Pas un geste.Alors je vais la voir. Je traverse Brumhaven, les rues grises, le vent froid, et j'arrive devant sa maison. Une petite bâtisse triste, aux volets fermés, où elle vit seule depuis la mort de mon père. Je frappe. Elle ouvre. Elle me voit, et son visage se fige.
Chapitre 115VaelorLes jours passent. Les semaines. Et quelque chose change. Lentement. Imperceptiblement. Comme une plante qui pousse dans l'ombre et qui finit par atteindre la lumière.Je ne la presse pas. Je ne lui demande rien. Je suis là, simplement. Je l'aide à la librairie. Je range les livres. J'accueille les clients. Je répare l'étagère qui grince depuis des années. Je cuisine, maladroitement, mais avec application. Je couche les enfants. Je lis des histoires à Nyora. Je joue aux échecs avec Kaelis. Je vis.Et Aélyra m'observe. Elle m'observe depuis le comptoir, depuis la cuisine, depuis le canapé. Elle m'observe comme on observe un animal sauvage qu'on n'ose pas encore approcher. Elle attend. Elle jauge. Elle hésite.Mais quelque chose a changé. Depuis ce soir o&ugr
Chapitre 2NyoraJe sais que maman ment.Je le sais parce que ses mains tremblent quand elle range les livres, parce que sa voix devient trop aiguë quand elle répond à mes questions, parce qu'elle évite de croiser mon regard, ce qu'elle ne fait jamais d'habitude. Maman me regarde toujours dans les
Chapitre 1AélyraJe regarde la mer depuis la fenêtre de ma librairie, et je sais que quelque chose va arriver, je le sens dans l'air comme on sent l'orage avant qu'il n'éclate, dans cette lourdeur étrange qui précède les catastrophes et les fins du monde.La librairie est silencieuse en cette heur
Chapitre 5Suite du flashback AélyraIl s'arrête devant moi, et le monde disparaît.Je ne sais pas comment expliquer ce qui se passe à cet instant, je ne sais pas si c'est la chaleur des lustres ou le parfum des fleurs ou le bourdonnement des conversations qui s'estompent, mais tout ce qui existai
Chapitre 4Flashback Septs ans plutôt..AélyraJ'ai vingt-deux ans, et je suis debout devant le miroir de ma chambre, et je ne reconnais pas la femme qui me regarde.La robe que je porte est une merveille de soie et de tulle, une création couleur émeraude que ma mère a fait venir de la capitale il







