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CHAPITRE 80 — PREMIÈRE DÉCISION

last update Veröffentlichungsdatum: 26.08.2026 08:06:11

Il s'exécute, et je l'attache aux montants avec les liens de cuir que j'ai préparés. Ses poignets, ses chevilles, immobilisés. Il ne proteste pas, ne détourne pas les yeux. Il me regarde, confiant, abandonné, et je sens mon cœur se serrer. Je l'aime. Je l'aime tellement.

Je le chevauche, lentement, sans le laisser entrer en moi. Mes mains parcourent son corps, le caressent, le griffent, le marquent. Mes lèvres se posent sur sa peau, le mordent, le sucent, le torturent de pl
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  • Liaisons féminines 3   ÉPILOGUE 4— LA MAISON DES LUMIÈRES 2

    Les années passent, et la maison grandit, et le réseau s'étend, et notre famille s'agrandit. Des enfants naissent, des couples se forment, des vies se reconstruisent. Le manoir devient un village, un refuge, un phare. Et nous, Léonora, Soren et moi, nous devenons les gardiens de ce phare. Les gardiens de la lumière.Un soir, alors que l'été décline, je m'assieds sur la terrasse, entre Léonora et Soren, et je regarde le soleil se coucher sur le jardin. Les fleurs, les arbres, les allées, tout est baigné d'une lumière dorée, paisible, presque irréelle. Les enfants jouent encore, leurs rires montent jusqu'à nous, et je souris, malgré moi. Soren passe son bras autour de mes épaules. Léonora pose sa main sur ma cuisse, et sa tête sur mon épaule.— Tu penses à quoi ? demande-t-elle.— À tout. À rien. À nous.— C'est une bonne réponse, dit Soren en riant.— Tu te souviens de la première fois ? dis-je. La première fois que je suis entrée dans ce manoir ?— Oui, dit Léonora. Tu étais terrifiée

  • Liaisons féminines 3   ÉPILOGUE 3 — LA MAISON DES LUMIÈRES

    Ce matin, je me réveille avant eux.Je reste immobile un long moment, les yeux à demi fermés, à écouter leurs respirations. Léonora, sur le côté, un bras jeté en travers de l'oreiller, ses cheveux noirs parsemés de quelques fils d'argent — les années passent, pour elle aussi, et elle est plus belle que jamais. Soren, sur le dos, une main posée sur son torse, sa poitrine qui se soulève lentement, son visage détendu, presque enfantin. Ils dorment. Ils sont en paix. Et je les aime, d'un amour qui a grandi, mûri, s'est enraciné. Un amour solide, profond, éternel.Je me glisse hors du lit sans les réveiller. Je passe une robe de chambre, j'ouvre les rideaux, et je reste debout devant la fenêtre, à regarder le jardin. C'est l'été. Les fleurs éclosent, les arbres sont verts, le soleil brille dans un ciel sans nuages. Les enfants jouent dans l'allée, leurs rires montent jusqu'à moi, et je souris, malgré moi. Des enfants. Ils sont nombreux, maintenant, au manoir. Des enfants de résidents, des

  • Liaisons féminines 3   ÉPILOGUE 2 — LA MAISON DES OMBRES 2

    Les semaines passent, et le printemps s'installe, puis l'été. La Phalange prospère, sous la direction de Léonora, avec moi comme pivot, et Soren comme second. Nous avons repris le contrôle des territoires perdus, nous avons rétabli les alliances brisées, nous avons fait de notre organisation une force stable, respectée, crainte. Mais nous avons aussi fait autre chose. Nous avons créé un refuge. Une maison. Un endroit où les brisés peuvent se reconstruire, où les perdus peuvent se retrouver, où les solitaires peuvent trouver une famille.Des femmes, des hommes, des enfants, parfois. Des victimes de la Matriarche, des rescapés de Volkov, des oubliés du Cercle. Ils arrivent au manoir, tremblants, affamés, terrifiés, et nous les accueillons. Nous les nourrissons, nous les soignons, nous les écoutons. Et quand ils sont prêts, nous les aidons à repartir, ou à rester, ou à trouver leur propre chemin.Je ne l'ai pas cherché, ce rôle. Il est venu à moi, comme tout le reste, par hasard, par néc

  • Liaisons féminines 3   ÉPILOGUE I — LA MAISON DES OMBRES

    NoraSix mois.Six mois depuis la chute de la Matriarche. Six mois depuis que le soleil s'est levé sur un monde sans elle, sans son ombre, sans sa toile. Six mois depuis que nous sommes rentrés au manoir, épuisés, couverts de poussière et de sang, mais vivants. Vivants, ensemble, et libres.Le manoir a changé. Pas les murs, pas les pierres, pas les couloirs sombres ni les hautes fenêtres. Mais l'air, oui. L'air qui circule dans les pièces, l'air que nous respirons, l'air qui n'est plus chargé de peur, de secrets, de menaces suspendues. Les gardes sourient, parfois. Les domestiques chantonnent en travaillant. Les portes restent ouvertes, et personne ne sursaute quand un pas résonne dans le couloir.Moi, j'ai changé aussi. Je ne suis plus la femme traquée du marché, celle qui comptait ses pas, ses repas, ses souffles. Je ne suis plus la protégée tremblante, la soumise hésitante, l'ombre qui se glissait dans les pièces en espérant qu'on ne la remarque pas. Je suis Nora Moreau. Je suis la

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    Nora Le nom de la Matriarche refait surface, comme une ombre qui s'étend. Léonora l'a murmuré devant le portrait d'Elena, je l'ai lu dans le dossier Arkady, et maintenant, il s'impose à nous, inévitable, terrifiant. La Matriarche. Une femme de l'ombre, ancienne mentor de Léonora, qui contrôle plusieurs organisations criminelles à travers l'Europe. C'est elle qui finançait Arkady. C'est elle qui a ordonné le protocole sur Gabriel. C'est elle qui a envoyé Iris. Elle n'a jamais lâché prise, jamais reculé, jamais pardonné. — Elle m'a formée, murmure Léonora, un soir, dans le bureau. Elle a fait de moi ce que je suis. Et elle ne me le pardonnera jamais. — Qu'est-ce qu'elle te reproche ? — D'avoir réussi sans elle. D'avoir fondé ma propre organisation. D'avoir refusé de rester son instrument. Je pose ma main sur la sienne, et je sens ses doigts se crisper, comme si le simple fait d'évoquer la Matriarche la faisait souffrir. Je comprends maintenant la profondeur de sa blessure, la sou

  • Liaisons féminines 3   CHAPITRE 5 — LA TAUPE

    NoraIris. La taupe. Je la découvre par hasard, un soir, en fouillant dans les dossiers de Léonora. Des messages codés, des rendez-vous secrets, des informations qui fuient vers Volkov. Je la confronte, et elle avoue, haineuse, brisée.— Tu as tout pris ! hurle-t-elle. Sa confiance, sa chambre, son amour ! Tout !— Tu as trahi, dis-je. C'est impardonnable.Elle se jette sur moi, un couteau à la main. Je me bats, je la désarme, je la maîtrise. Léonora arrive, et Iris est emmenée, jugée, punie. Mais ses mots résonnent encore en moi : Tu n'es qu'un substitut. Elle ne t'aimera jamais comme elle a aimé l'autre.Le soir, Léonora me prend dans ses bras, et elle me raconte l'histoire d'Elena. La femme qu'elle a aimée, perdue, assassinée par Volkov. Et je comprends, enfin, la profondeur de sa blessure, la source de sa méfiance.— Tu n'es pas un substitut, murmure-t-elle. Tu es toi. Et je t'aime.Elle me fait l'amour, lentement, tendrement, et je me donne à elle, sans réserve, sans peur. Elle m

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