LOGINLa plume Déesse
- Nous t' écoutons , tu peux tout nous dire . Rien ne franchira cette porte que ce que tu veux qu'on raconte .
- Je honte de parler , j'ai peur qu'on le juge .
- Nous ne sommes pas là pour te juger , mais plutôt pour aider la police a arrêté celui qui t'a amené à vouloir en finir avec la vie .
- Je m'appelle Sabrina et j'ai dix-sept ans . Toute cette histoire a commencé il y a un an quand j'avais seize ans .
C'était le jour de mon anniversaire , et toute l'école était invitée . Il est venu avec les autres , il m'a offert une fleur .
Un an plutôt
Sabrina
Je suis si heureuse , aujourd'hui le garçon qui fait battre mon cœur m'a offert une rose , celà veut dire qu'il m'a remarqué , peut-être que je lui plaît un peu ?
Mes joues rosies par la joie je me regarde une dernière fois dans le miroir et je le vois apparaître derrière moi ,il est si beau .
- Comment va la plus belle de la fête ?
Je suis tellement intimidée par sa présence qu'aucun mot ne franchit mes lèvres .Il me regarde avec intensité , je sens des papillons dans mon ventre . Il me retourne lentement vers lui et il effleure mes lèvres d'un baisé avant de disparaitre comme il est venu . Je me demande si je n'ai pas rêvé . C'était si rapide .
Deux jours plus tard , il m'attendait à la sortie du lycée , il m'a raccompagné chez moi , je n'arrive pas à croire que le garçon le plus populaire du lycée me regarde enfin . Il m'a dit que j'étais très belle .
Je n'ai pas pu dormir la nuit , toutes mes pensées étaient vers lui , je l'imagine m'embrasser , me caresser . J'étais pressée que le jour se lève pour pouvoir le voir .
- Tu es dans la lune depuis quelques jours , dis-moi qui s'est ?
- Je ne sais pas de quoi tu parles .
Elle c'est Madison ma meilleure amie . Elle est comme moi très timide .
- Allée , ne me fais pas te torturer pour connaître la vérité .
- Je crois qu'il m'aime bien .
- Qui donc ?
- Justin .
- Quoi ? Justin... Justin ? Le capitaine de l'équipe ?
- Bien sûr qui d'autre ?
- Et qu'est-ce qui te fait croire ça ?
- Rien , laisse tomber .
- Tu sais qu'il sort a des Adriana ? Ne te laisse pas berner par lui .
- Je sais , laisse tomber .
C'est comme ça que pour ne pas avoir de jugement j'ai commencé à le voir en cachette . À chaque fois que je sors des cours , il m'attendait .
- Pourquoi t'intéresses-tu à moi ?
- Selon toi ? C'est Parce que tu me plais beaucoup . Tu en doutes ?
- Je ne sais pas , tout le monde sait que tu sors avec Adriana .
- Nous as-tu vu ensemble dernièrement ?
- Non, pourquoi ?
- C'est fini entre nous , elle ne m'intéresse plus , dès que je t'ai vu , je suis tombé sous ton charme tu es tellement belle .
Il se penche et il m'embrasse longuement
ses mains déboutonnent ma robe , mon soutien apparaît , il contemple ma poitrine haletante , doucement , sa langue trace une ligne sur le renflement de mes seins . Je suis dans tous mes états , c'est la première fois que quelqu'un m'embrasse là , que quelqu'un voit ma poitrine .
- Je ....
- Churrr.... nous n'allons rien faire , laisse-moi te montrer combien tu es belle .
Je baisse les bras et il m'enlève mon soutien , il contemple ma poitrine à peine sortie , il penche la tête et avec sa langue , il effleure le téton , je pousse un gémissement , ses deux pouces titillent mes tétons , je ferme les yeux pour savourer son touché . Il presse bien mes deux seins dans ses paumes .
- Tu es magnifique , si belle , si innocente .
Il me fait changer de position , maintenant j'ai les cuisses écartées et il me demande :
- Tu me fais confiance n'est-ce pas ?
- Oui .
- Je ne te ferai jamais de mal , tu le sais n'est-ce pas ?
- Oui , tu ne me feras jamais de mal .
- Très bien , enlève ton caleçon .
Lentement , je me soulève pendant qu'il m'enlève mon caleçon .
- Ouvre bien les cuisses , je veux contempler ta beauté .
- J'ai honte..
- Tu n'as pas à avoir honte de moi , tu es magnifique , laisse-moi t'admirer .
Il soulève ma robe pour mieux voir ma chatte bien mouillée . Mes poils sont autour de mon entrée , il ouvre grandement mes cuisses et je ferme les yeux pour ne pas le voir regarder un endroit où personne n'y met les pieds .
Il me caresse lentement les poils , puis il touche mon entrée , je sursaute .
- N'aille pas peur , je ne te ferai rien . Es-tu vierge ?
- Oui .
- Nous ne ferons rien . As-tu déjà jouit ?
- Non.
- Alors , je vais te faire jouir aujourd'hui .
- C'est vrai ?
- Oui , laisse-moi te faire découvrir ce monde intense .
Il se met à genoux et il pose sa bouche sur ma chatte . Je pousse un cri de surprise . Il est si doux . Il relève mes cuisses pour bien faire entrer sa langue dans mon petit trou , je n'arrive plus à me contenir , mes gémissements lui montrent qu'il fait du bon travail . Pendant qu'il me broute la chatte , ses mains titillent mes tétons et je ne tarde pas à jouir dans un cri étouffé par la main . J'ai eu mon premier orgasme .
Elias La cahute est toujours là. Je ne sais pas pourquoi je m'attendais à ce qu'elle ait disparu, avalée par les bulldozers, les promoteurs, le temps. Mais non. La cahute du port est toujours debout, au bord de la lagune puante, coincée entre un entrepôt de cacao et un atelier de mécanique navale. Les murs de planches sont plus gris, plus tordus, plus croulants. Le toit de tôle est rouillé, percé par endroits, laissant passer des rais de lune. La porte pend sur ses gonds, bouche édentée ouverte sur le passé. J'y entre comme on entre dans un tombeau. L'intérieur est vide, bien sûr. Les meubles ont disparu depuis longtemps, brûlés, volés, rongés par les termites. Ne restent que les murs de planches, le sol de terre battue, et l'odeur. L'odeur du tabac froid, du rhum, de la sueur, du sang. L'odeur de mon père. L'odeur de ma mère. L'odeur de mes dix ans. Je m'assois au milieu de la pièce, à l'endroit exact où le corps de papa est tombé. La montre de poche a roulé jusqu'à mes pieds,
Elias Je ne peux plus tuer. L'évidence s'impose à moi dans les jours qui suivent le départ d'Elena, comme une aiguille qui se plante dans un cadran. Je ne peux plus tuer. Le fil d'acier est rangé dans son étui, au fond d'un tiroir, et je ne l'ouvre plus. La Breguet de Genève est posée sur l'établi, à côté du chronomètre de papa, et je ne la caresse plus. Les cibles potentielles défilent dans la rue, banquiers, notaires, charlatans, et je ne les suis plus. Les criquets sont devenus fous. Depuis le départ d'Elena, leur stridulation a redoublé d'intensité. Un vacarme assourdissant qui couvre le tic-tac des horloges, qui noie le murmure des canaux, qui m'empêche de dormir, de manger, de penser. Les aiguilles grincent dans ma tête comme des dents qu'on lime, des vrilles qui percent mes tympans, des scies qui coupent mes nerfs. Je sais ce que ça signifie. J'ai trahi ma mission. J'ai renoncé à mon art. J'ai libéré une victime au lieu de la tuer, j'ai pleuré au lieu de frapper, j'ai éc
Elias Cela fait trois semaines qu'Elena est dans la cave. Trois semaines que je descends chaque matin lui porter à manger, du pain, du fromage, des fruits, de l'eau fraîche. Trois semaines que je m'assois sur la chaise, en face de son lit, et que je l'écoute parler. Elle ne pose plus de questions. Elle raconte. Son enfance à Gand, ses études à Louvain, son père horloger amateur, sa mère pianiste, un frère jumeau mort à la naissance. Des histoires simples, des souvenirs bavards, un bruit de fond humain que je n'ai jamais connu. Les criquets se taisent quand elle parle. Elle ne cherche pas à s'évader. Elle ne teste pas les murs, ne fouille pas les tiroirs, n'essaie pas de me soudoyer ou de me séduire. Elle attend. Elle attend que je comprenne quelque chose que je ne comprends pas encore. — Pourquoi tu ne cries pas ? je demande un soir. — Parce que tu ne me fais pas peur. — J'ai tué vingt-cinq personnes. — Je sais. Je l'ai lu dans les journaux. L'Ombre d'Abidjan. Le vol de la Br
Elias Bruges est une ville noyée. Les canaux dorment sous les ponts de pierre, les cygnes glissent entre les façades à pignons, les clochers carillonnent dans la brume qui monte de la mer du Nord. Tout est gris, ici, d'un gris doux, ouaté, feutré. Le gris du ciel, le gris de l'eau, le gris des pavés, le gris des murs de brique. Même les arbres, des saules pleureurs qui trempent leurs branches dans les canaux, semblent peints à l'encre de Chine. Je suis arrivé après Genève, après la Suisse, après l'Europe entière qui bruissait de mon forfait. Le vol de la Breguet a fait le tour du monde, mais personne ne m'a reconnu. Personne n'a fait le lien entre Jean-Baptiste Moreau, restaurateur d'horlogerie, et l'Ombre d'Abidjan. Je suis une ombre parmi les ombres, un fantôme dans la brume flamande. Je me suis installé dans un atelier du quartier Sint-Anna, une maison de briques rouges aux volets verts, coincée entre un béguinage et un atelier de dentellière. Le propriétaire, un antiquaire bru
Elias Genève est une cathédrale de verre et d'acier dressée au bord d'un lac bleu comme un cadran émaillé. L'eau est si pure qu'on voit les galets du fond, les truites qui paressent entre deux courants, les algues qui ondulent comme des spiraux déroulés. Les cygnes glissent sur la surface, blancs, silencieux, mécaniques parfaites. Tout, dans cette ville, respire l'ordre, la précision, la richesse. L'argent a une odeur, ici, une fragrance de cuir et de neige, de cigare et de café, qui flotte sur les quais et s'insinue dans les ruelles pavées de la vieille ville. Je suis arrivé il y a trois mois, après Katmandou, après l'humiliation himalayenne. Le souvenir du kukri me poursuit comme une tache d'huile sur un mouvement. Ce meurtre de boucher, cette sauvagerie imposée par les circonstances, est une verrue dans ma collection. Je dois me purifier. Je dois prouver au monde et surtout à moi-même que l'Ombre n'est pas un assassin ordinaire, un égorgeur de passage, un vulgaire coupe-jarret.
Elias L'Asie est le berceau des cycles. Je l'ai compris dès mon arrivée à Katmandou, quand j'ai vu les premiers moulins à prières tourner dans les ruelles de Thamel, actionnés par des moines aux robes safran et des vieilles femmes aux doigts noueux. Des cylindres de cuivre remplis de mantras, qui tournent, tournent, tournent, à chaque rotation une prière exaucée, à chaque tour un cycle accompli. Le temps n'est pas une flèche, en Orient. Le temps est une roue. Je voyage depuis deux ans. Après le Maroc, l'Algérie, la Libye, l'Égypte, les déserts traversés en camion, les frontières passées en bus, les identités changées comme on change de chemise. Alexandrie, je l'ai quittée sur un cargo pour la Turquie. Istanbul, sur un train pour Téhéran. Téhéran, sur un bus pour Lahore. Lahore, sur un camion pour la frontière népalaise. Maintenant, Katmandou. La vallée des dieux. Le toit du monde. Mes papiers sont au nom de Jean-Baptiste Moreau, un missionnaire français disparu au Bénin dont j'ai
ÉliseLa cellule n’est pas celle que j’imaginais. Pas celle des films, humide et grise. C’est une boîte propre, presque aseptisée. Les murs sont peints d’un beige laqué qui absorbe la lumière des néons. Une couchette fixée au mur, un bloc toilette en acier inoxydable, une tablette rabattable. L’ode
ÉliseLes pas résonnent maintenant dans l’escalier en pierre. Un, deux. Puis un troisième jeu de pas, plus léger. Lena.Ils émergent dans le salon octogonal. Les deux agents se tiennent de part et d’autre de la seule issue, bras croisés. Lena s’avance d’un pas, s’arrête. Puis Moreau paraît. Il a le
MoreauJe parle, à voix basse, pour elle, pour l’ombre qui pourrait être à l’autre bout de la place, derrière une fenêtre, dans le creux d’une porte.— Tu as voulu me rendre complice. Tu as réussi. Je vois ton tableau maintenant. Mais un tableau, ce n’est pas la réalité. C’est une interprétation. L
MoreauLa lumière du bureau est trop crue. Elle dévore les ombres, ne laisse aucune place au doute, à la nuance. C’est une lumière d’interrogatoire. Je suis à la fois l’enquêteur et le suspect.La boîte métallique est là, sur mon bureau, sous un sac en plastique transparent. Pièce à conviction N°1.







