Home / Mystère/Thriller / MEURTRES / Chapitre 49 — Le collectionneur 6

Share

Chapitre 49 — Le collectionneur 6

Author: Déesse
last update Petsa ng paglalathala: 2025-10-28 18:02:10

Léna Morel

Le gris du matin a la couleur de l'acier et du désespoir. Je suis assise à mon bureau, l'écran de mon ordinateur portable braqué sur des fichiers volés. Les murs de mon appartement me semblent aussi fins que du papier à cigarette ; je peux sentir le silence de l'immeuble entier, pesant, complice.

Le mot tourne en boucle dans ma tête, synchronisé avec le pouls qui bat à mes tempes : Écho 9.

J'ai passé ce qui reste de la nuit à forcer les serrures numériques du ministère. Un ancien con
Patuloy na basahin ang aklat na ito nang libre
I-scan ang code upang i-download ang App
Locked Chapter

Pinakabagong kabanata

  • MEURTRES    Chapitre 95 : La Première Goutte

    Je ne réponds pas. Les criquets sont trop forts. Leur stridulation noie les mots de l'homme, les transforme en borborygmes incompréhensibles. Je le regarde bouger les lèvres sans l'entendre. Un film muet. Une pantomime menaçante. Sa lame danse devant mon visage, accrochant les reflets orangés des lampadaires du port.Ma main gauche plonge dans ma poche. Pas pour y chercher de l'argent. Je n'en ai pas. Mes doigts rencontrent du métal froid. Un bout de fil de fer récupéré le matin même, oublié au fond de ma veste. Un bout de ferraille de rien du tout. Un déchet.L'homme avance. Sa main libre agrippe ma caisse à outils. Il tire. La sangle mord mon épaule. Et dans ce geste brusque, quelque chose craque en moi. Un barrage cède. Un mécanisme bloqué depuis la nuit du collier de perles se libère soudain. Le temps repart. Mais pas dans

  • MEURTRES    Chapitre 94 : La Marchande de Sommeil 2

    Et puis tout bascule.Un soir, je rentre plus tard que d'habitude. J'ai passé la journée à récupérer des montres chez les ferrailleurs du port, troquant mes réparations contre des mécanismes à sauver. Ma poche est pleine de trouvailles, des mouvements rouillés mais récupérables, un chronomètre de marine au boîtier fracassé mais au cœur intact. Je suis presque heureux, ou du moins aussi proche du bonheur qu'un enfant comme moi peut l'être.La cour est silencieuse. Trop silencieuse.Mame Adja est allongée sur sa natte, les bras en croix, les yeux cousus tournés vers le plafond. Sa bouche est entrouverte. Un filet de salive a séché sur sa joue. Sa poitrine ne bouge pas.Je m'approche. Mes doigts touchent sa main. Elle est froide. Glacée. Le froid de la mort qui n'a rien à voir avec

  • MEURTRES    Chapitre 93 : La Marchande de Sommeil

    EliasLa vieille femme n'a pas d'yeux. C'est la première chose que je remarque quand je la rencontre, adossé contre un mur d'Adjamé, le ventre creux, les lèvres gercées par trois jours de rue. Ses paupières sont cousues. Pas au sens figuré. Vraiment cousues. Un fil noir épais qui court le long des cils, formant une cicatrice boursouflée comme une fermeture éclair de chair. Elle avance dans la ruelle à l'aide d'une canne en bambou, tapotant le sol, évitant les flaques et les ordures sans jamais hésiter. Elle voit autrement. Elle entend autrement.— Toi, l'enfant aux oreilles qui saignent, viens par ici.Sa voix est un filet d'eau sur des pierres chaudes. Elle ne se trompe pas de direction. Elle pointe sa canne vers moi avec une précision d'horloger. Mes oreilles ne saignent pas. Pas vraiment. Mais les acouphènes me font parfois gratter

  • MEURTRES    Chapitre 92 : Les Sifflets dans la Tête

    EliasJ'ai douze ans et ma tête est une assemblée de démons siffleurs. Ils se réveillent au milieu de la nuit, stridulations aiguës qui percent mes tympans comme des aiguilles chauffées à blanc. Parfois ils ressemblent à des cigales prises de folie. Parfois à un poste de radio bloqué entre deux fréquences, ce grésillement blanc qui énerve les dents et contracte les mâchoires. Je les appelle les criquets du temps. Ils ne dorment jamais. Ils ne meurent jamais. Ils sont ma punition pour avoir aimé le silence de la mort de papa.L'oncle Koffi me traîne chez un docteur après que je me suis évanoui dans la cour, le nez en sang, les yeux révulsés. Un petit homme sec au cabinet puant l'éther et le désinfectant bon marché. Il m'enfonce un otoscope dans l'oreille, inspecte, soupire, écrit des mots sur une

  • MEURTRES    Chapitre 91 : La Maison des Horloges Mortes

    EliasL'oncle Koffi sent le fer rouillé et la sueur aigre. C'est lui qui me récupère après le procès de maman. Un homme large comme une armoire, avec des doigts épais qui ne savent rien réparer, seulement broyer et revendre. Sa ferraille s'entasse dans une cour aux murs de parpaings, au cœur du marché de Treichville. Mon nouveau royaume. Un cimetière de machines défuntes où les carcasses de voitures côtoient les réfrigérateurs éventrés et les postes de radio muets.— Tu mangeras si tu travailles, grogne-t-il le premier matin. Ici, y a pas de bouche inutile.Il me jette un tournevis rouillé. La poignée est graisseuse. Il me montre un coin de la cour où s'empilent des caisses en plastique. Des montres. Des centaines de montres. Elles débordent des bacs comme des insectes morts, bracelets tordus, ca

  • MEURTRES    Chapitre 90 : Le Dernier Tic-Tac de Papa

    EliasLa pluie cogne contre la tôle comme mille doigts impatients. J'ai dix ans et je suis caché sous le lit. Les ressorts du sommier grincent au-dessus de ma tête, couinements métalliques qui répondent aux coups. Papa cogne maman. Son poing s'abat avec la régularité d'un balancier détraqué. J'ai appris à compter. Un coup. Deux coups. Trois coups. Entre chaque impact, le souffle rauque de ma mère, cette expiration mouillée qui ressemble à un petit animal qu'on écrase.— Le temps ne ment pas, salope ! Regarde cette merde !La montre. Il parle de la montre de poche. Elle était cassée ce matin, les aiguilles bloquées sur huit heures trois. Je l'ai vue sur la table de la cuisine, son cadran fendu comme un œil mort. Papa l'avait héritée de son propre père, un Blanc qui l'avait abandonné dans les ruelles de Treichville avec ce seul objet pour héritage. Une blague cruelle. Un legs de fantôme.Je plaque mes paumes sur mes oreilles. Les coups continuent. Dans ma tête, je compte les secondes co

  • MEURTRES    CHAPITRE 74 : LA COUCHE FINALE 1

    ÉliseLe Musée des Beaux-Arts est un sanctuaire de silences feutrés où l’écho des pas s’éteint dans la laine épaisse des tapis. 17h55. Je suis en place, nichée dans le petit salon octogonal qui surplombe la salle des sanguines. Derrière la cloison vitrée teintée, je suis un fantôme, un œil dans la

  • MEURTRES    CHAPITRE 73 : LA MAIN QUI RECOUVRE 2

    ÉliseMoreau les a tous les trois sur son bureau maintenant. Il cherche le pinceau derrière le vernis. Il cherche la main qui a tenu le scalpel, la seringue, qui a limé la détente.Il ne trouvera pas de pinceau. Il trouvera un instrument, différent à chaque fois. L’outil adapté à la toile. Ma signa

  • MEURTRES    CHAPITRE 71 : L'ATELIER DU SILENCE

    MoreauJe parle, à voix basse, pour elle, pour l’ombre qui pourrait être à l’autre bout de la place, derrière une fenêtre, dans le creux d’une porte.— Tu as voulu me rendre complice. Tu as réussi. Je vois ton tableau maintenant. Mais un tableau, ce n’est pas la réalité. C’est une interprétation. L

  • MEURTRES    CHAPITRE 70 : LE DOUBLE FOND

    MoreauLa lumière du bureau est trop crue. Elle dévore les ombres, ne laisse aucune place au doute, à la nuance. C’est une lumière d’interrogatoire. Je suis à la fois l’enquêteur et le suspect.La boîte métallique est là, sur mon bureau, sous un sac en plastique transparent. Pièce à conviction N°1.

Higit pang Kabanata
Galugarin at basahin ang magagandang nobela
Libreng basahin ang magagandang nobela sa GoodNovel app. I-download ang mga librong gusto mo at basahin kahit saan at anumang oras.
Libreng basahin ang mga aklat sa app
I-scan ang code para mabasa sa App
DMCA.com Protection Status