Se connecterChapitre 107
Aelys
La lumière du matin entre par les grandes fenêtres du chalet, blanche et douce, étincelante sur la neige fraîche tombée pendant la nuit, une nappe infinie de cristaux qui capturent les premiers rayons du soleil, qui les renvoient en mille éclats aveuglants. Les flocons couvrent tout, les branches des pins ploient sous leur poids, le toit du chalet disparaît sous un manteau immaculé
Chapitre 107AelysLa lumière du matin entre par les grandes fenêtres du chalet, blanche et douce, étincelante sur la neige fraîche tombée pendant la nuit, une nappe infinie de cristaux qui capturent les premiers rayons du soleil, qui les renvoient en mille éclats aveuglants. Les flocons couvrent tout, les branches des pins ploient sous leur poids, le toit du chalet disparaît sous un manteau immaculé, le chemin s'efface, le monde entier s'efface, il n'y a plus que le blanc, le silence, l'immobilité. Le feu s'est éteint dans la cheminée, les braises rougeoient encore, une chaleur résiduelle, un souvenir de flamme, une promesse de réchauffement.Je suis assise dans le fauteuil près de la fenêtre, Soren sur mes genoux. Il est réveillé, ses yeux noirs grands ouverts, curieux, attentifs, comme s'il comprenait tou
Chapitre 106AelysLe chalet est au bout d'un chemin de terre, enfoncé dans la forêt, entouré d'arbres si hauts qu'ils cachent le ciel, si denses qu'ils masquent la lumière, si épais qu'ils semblent former un mur, une forteresse, un tombeau. La neige a commencé à tomber pendant le trajet, des flocons légers, silencieux, qui dansent dans l'air glacé comme des plumes arrachées à un ange, qui se posent sur les branches des pins avec une délicatesse infinie, qui recouvrent le toit du chalet d'un manteau blanc et immaculé, qui s'accrochent aux vitres des fenêtres comme des baisers timides. L'odeur de la forêt entre par les interstices des murs, une odeur de résine chaude, de terre gelée, de bois humide, de neige fraîche, une odeur pure, primitive, presque sacrée, qui emplit les poumons, qui purifie l'espri
Chapitre 105AelysLe message arrive le lendemain matin, posé sur le seuil de ma chambre, glissé sous la porte, une enveloppe blanche sans timbre sans adresse sans nom. Je suis seule, Soren dort encore, sa respiration légère, apaisée. Mes doigts tremblent en ouvrant l'enveloppe. Une photo en tombe.La photo montre moi. Soren. Sur la terrasse du penthouse, il y a trois jours. Je le porte dans mes bras. Je souris. Il sourit. La lumière du soleil éclaire nos visages, nos cheveux, nos yeux. Nous sommes heureux. Nous étions heureux.Derrière nous, un cercle rouge est tracé. Un petit cercle rouge, précis, net, menaçant. Autour de ma tête. Autour de la tête de Soren.Des mots sont écrits au dos, à l'encre noire, une écriture hachée, nerveuse.&
Chapitre 104AelysLa nouvelle arrive un mardi matin, portée par la voix tendue de Miya qui entre dans la nursery sans frapper, son tailleur rose pâle froissé, ses cheveux en désordre, son visage livide comme si elle avait vu un fantôme. Je suis en train de donner le biberon à Soren, assise dans le fauteuil en bois clair près de la fenêtre, la lumière du matin qui caresse les petites joues rondes de mon fils, ses doigts minuscules qui se referment sur le verre avec une détermination étonnante.— Aelys, dit-elle, la voix étranglée. Il faut que tu viennes. Tout de suite. Kael est dans le bureau de M. Kurogane. Il y a eu une attaque.Je pose le biberon. Soren proteste, un petit cri aigu, ses mains s'agitent. Je le prends contre moi, je le berce, mes doigts caressent ses cheveux noirs, doux comme du duvet.
Chapitre 103AelysLes premiers gestes arrivent sans prévenir.Un matin, je trouve un livre posé sur la table de la nursery, à côté du berceau de Soren. Un livre ancien, relié en cuir, les pages jaunies, une couverture usée par le temps. Je l'ouvre. Une édition rare. Un recueil de poèmes. Le titre est en japonais ancien, des caractères que je déchiffre à peine. Une petite carte est glissée entre les pages. Pas de nom, pas de signature. Juste une ligne écrite à la main, son écriture, fine, nerveuse."Pour les nuits où tu ne dors pas."Je le pose. Je le repose. Mes doigts caressent le cuir. Il a cherché. Il a trouvé. Il a offert.Je ne le remercie pas. Je ne lui en parle pas. Mais je le garde. Je le pose sur la table
Chapitre 102AelysL'emménagement dans les deux ailes du penthouse se fait dans un silence minutieux, presque chirurgical. Les gardes, les domestiques, Miya, Kael, tout le monde s'active autour de nous, déplaçant des cartons, installant des meubles, rangeant des vêtements. Mais je ne vois personne. Je ne vois que l'espace qui se crée entre nous, l'organisation millimétrée qui va rythmer nos journées désormais.Mon aile est à l'ouest. La sienne est à l'est. Un long couloir les sépare, une moquette beige, des appliques en verre soufflé, des portes en bois clair. Nous avons nos propres entrées, nos propres salons, nos propres cuisines. Nous partageons seulement la salle à manger, pour les repas officiels, et la nursery de Soren.La nursery est au centre. Une grande pièce lumineuse
Chapitre 65AelysLe carnet est posé sur mes genoux.La couverture en cuir est froide, lourde, elle pèse sur mes cuisses, écrase le tissu de ma robe. Mes doigts caressent le motif gravé, les fleurs, l
Chapitre 5Les rues de Yozora sont désertes à cette heure.La neige tombe plus dense maintenant, des flocons épais qui tourbillonnent dans la lumière des lanternes, se posent sur les toits incurvés, sur les câbles électriques, sur le pavé luisant. Tout est silencieux. La ville retient son souffle so
Chapitre 4Le regard de l'inconnu ne me lâche pas.Je sens son attention posée sur moi comme une main invisible, chaude, insistante. Elle glisse sur ma nuque, s'attarde sur mes lèvres quand je bois une gorgée de saké, suit le mouvement de ma gorge quand j'avale. Je n'ai jamais été observée ainsi. P
Chapitre 3L’escalier est raide, étroit, si étroit que mes épaules frôlent les murs. Mes doigts effleurent la brique froide, rugueuse sous la peinture écaillée qui s’effrite par endroits, laissant apparaître la terre cuite originelle. Plus je descends, plus l’air s’épaissit. Il se charge de senteur







