ホーム / Mafia / OBSESSION Mortelle / CHAPITRE 6 : Emprisonnée 1

共有

CHAPITRE 6 : Emprisonnée 1

作者: L'invincible
last update 公開日: 2025-12-04 19:11:18

MATTEO

Mais comprenez ceci : vous êtes à moi maintenant. Votre sécurité, votre confort, votre secret… tout cela dépend de moi. En échange, votre loyauté m’appartient. Pas votre soumission aveugle. Votre loyauté. Il y a une différence.

Elle me regarde, et je vois qu’elle comprend la nuance. Et qu’elle comprend aussi le piège plus profond. La loyauté, c’est ce qui s’attache, ce qui lie. C’est bien plus dangereux que l’obéissance.

L’attraction entre nous est palpable, un champ de force qui déforme l’air. Elle a peur. Je suis dangereux. Mais elle est fascinée. Et moi, face à cette créature de lumière et de douleur, je suis… captivé.

— Et si je trahis cette loyauté ? murmure-t-elle.

Je souris, et je laisse toute la vérité de ce que je suis briller dans mes yeux.

Alors, ma protection se retire. Et le monde apprendra ce qu’est Aurélia, la femme qui réveille les morts. Et ce monde, ma chère, ne sera ni courtois, ni fasciné. Il sera avide. Il vous déchirera en morceaux pour comprendre.

Elle ferme les yeux, absorbant le choc de cette vérité. Quand elle les rouvre, il y a une acceptation sombre, presque paisible.

L’accord est scellé. Non pas sur du papier, mais dans la lumière d’un oiseau ressuscité, dans l’électricité d’un contact, dans le silence chargé d’un appartement au-dessus du monde.

Je fais un pas de côté, brisant le sortilège.

Votre chambre vous attend. On vous y conduira. Demain, nous commencerons.

Elle hoche la tête, silencieuse, et se dirige vers la porte que je lui indique, sa silhouette mince et droite traversant la vaste pièce comme un fantôme doré.

Je reste devant la fenêtre, regardant la ville. Dans le reflet du verre, je vois l’oiseau mort sur le bureau. Et je sens encore, sur mes doigts, l’écho brûlant de sa peau.

Je l’ai. Maintenant, il faut que je la garde. Et que j’apprenne à me garder d’elle.

AURÉLIA

La chambre est immense. Un piège doré.

Les hauts plafonds m’écrasent, les murs couleur crème semblent s’éloigner, créant une vaste étendue de solitude. On m’a laissée ici avec ma valise , récupérée à la hâte de mon appartement par un homme au visage de pierre m, et la clé promise. Une clé lourde, froide. Un faux symbole de liberté.

Je ferme la porte à clé. Le déclic résonne dans le silence comme un coup de feu. Je m’adosse au bois, les paumes à plat, et je laisse enfin sortir le tremblement que je retenais depuis la voiture. Il monte des genoux, envahit le ventre, serre la gorge. Un sanglot sec et douloureux s’échappe, puis un autre.

Je regarde mes mains. Mes gants. J’ai retouché la mort devant lui. J’ai laissé cette partie sacrée, maudite, intime de moi-même être vue, évaluée, convoitée. L’expression sur son visage… ce n’était pas de la peur. C’était de l’avidité. De la vénération. Pire que tout.

Et pourtant, quand il a saisi mon poignet…

La sensation revient, violente, intrusive. Ce choc électrique qui n’avait rien à voir avec mon pouvoir. C’était lui. Une vague de volonté froide, de certitude absolue, de possession. Comme si son âme à lui, sombre et noueuse, avait tenté d’effleurer la mienne. Et quelque chose en moi… avait répondu. Pas avec peur. Avec une reconnaissance terrifiante.

Je pousse un cri étouffé de frustration et m’arrache à la porte. Je fais le tour de la pièce. Un lit large, un dressing vide, une salle de bain en marbre. Luxueux. Stérile. Une cage. La fenêtre offre une vue vertigineuse sur la ville endormie. Ma ville. Celle où je me cachais. Maintenant, j’en suis le prisonnier avec la meilleure vue.

Je sors mon téléphone. Aucun signal. Bien sûr. Emprisonnée, mais protégée. Le marché de Faust.

Ma main droite, sous le gant, palpite. Elle brûle depuis le contact avec l’oiseau, et depuis son touché à lui. Comme si son empreinte s’était gravée dans ma chair. Je retire le gant avec précaution.

Ma paume est rouge, sensible. Des veines dorées, à peine visibles, tracent un motif étrange sous la peau, là où la lumière a jailli. C’est nouveau. Ça n’a jamais fait ça avant. Le pouvoir… réagit-il à lui ? À la menace qu’il représente ? Ou à l’attraction ?

Je me jette de l’eau froide sur le visage dans la salle de bain. Mon reflet dans le miroir géant me fait sursauter. Une femme aux yeux hagards, cernés de violet. Les boucles blondes, échevelées, semblent électriques, vivantes. Une beauté glacée, oui, mais fêlée. Je ressemble à ce que je suis : une chose précieuse sur le point de se briser.

Un bruit discret à la porte. Un coup.

Mon cœur se bloque. Ce n’est pas lui. Il ne frapperait pas.

— Mademoiselle ? C’est Enzo. Je dépose quelque chose pour vous.

La voix est neutre, professionnelle. J’enfonce mes gants, vérifie que la porte est bien verrouillée.

— Laissez-le devant la porte.

Un silence. Puis le bruit d’un plateau qu’on pose sur le sol. Des pas qui s’éloignent.

J’attends, le dos à la porte, jusqu’à ce que le silence soit total. Alors seulement, je déverrouille et entrouvre la porte.

Un plateau en argent. Une carafe d’eau, une théière, une assiette de fruits, de fromages, de pain. Et un petit objet enveloppé de papier de soie. Pas de note.

Je ramène le plateau à l’intérieur, referme à clé. Je suis incapable de manger. Mais la soif… la soif est toujours là, tenace, après avoir utilisé le pouvoir. Je bois un verre d’eau, puis un autre. Ce n’est jamais assez.

L’objet dans le papier de soie m’attire. Je déplie délicatement le tissu.

C’est une boîte. En bois clair, poli, avec des charnières en argent. Simple. Belle. Aucun motif. Je l’ouvre.

À l’intérieur, sur un lit de velours noir, repose une paire de gants.

Je les prends avec une révérence involontaire. Ils sont d’un cuir plus fin, plus souple que les miens. Presque du daim. D’une couleur gris perle, discrète mais d’une qualité évidente. Ils sont doublés de soie. Et sur la face interne du poignet droit, brodés à même la doublure, deux initiales entrelacées : A et R.

Mes initiales. Et la sienne. Entrelacées.

Le message est limpide. Il ne s’agit pas de remplacer mes barrières. Il s’agit de les marquer. De m’habiller de lui. Je lance la boîte sur le lit comme si elle brûlait. Mais les gants, je les serre contre moi. Ils sentent le cuir neuf et… le santal. Son parfum. Il les a choisis. Peut-être même touchés.

C’est une violation. Une séduction. Un rappel : ma protection est sa possession.

La nuit est interminable. Je me couche, habillée, sur le lit immense. Je ne dors pas. Je fixe les ombres qui dansent au plafond, écoutant les bruits de la maison. Des pas étouffés. Une porte qui claque au loin. Le bourdonnement lointain de l’ascenseur. Je sursaute à chaque son.

この本を無料で読み続ける
コードをスキャンしてアプリをダウンロード

最新チャプター

  • OBSESSION Mortelle    Chapitre 131 : L'éternité

    AuréliaLa soirée est douce, tranquille, parfaite. Nous sommes dans notre appartement, entourés de ceux que nous aimons. Sofia est là, resplendissante dans une robe rouge. Léo discute avec elle près de la cheminée, un verre de vin à la main. Quelques hommes de Matteo, ceux en qui il a le plus confiance, sont disséminés dans le salon, détendus, souriants.Et il y a Adriano.Il est arrivé il y a une heure, une femme à son bras. Elle s'appelle Elisa, elle est restauratrice d'art, brune aux yeux verts, douce et lumineuse. Ils se tiennent par la main, échangent des regards complices. Il a l'air heureux. Vraiment heureux.Je m'approche de lui, un verre de champagne à la main.— Alors, c'est elle ? dis-je en souriant.— Oui. C'est elle.— Elle est magnifique.— Elle est plus que magnifique. Elle est... tout ce que j'espérais.— Je suis contente pour toi. Vraiment.Il me regarde, ses yeux verts toujours aussi profonds, mais apaisés maintenant. Les tourments, la passion douloureuse, la jalousi

  • OBSESSION Mortelle    Chapitre 130 : La nouvelle vie

    AuréliaL'idée a germé lentement, pendant la lune de miel, puis pendant les semaines qui ont suivi notre retour. Je ne peux pas rester sans rien faire. Je ne suis pas femme à attendre que mon mari rentre le soir, à organiser des dîners, à mener une vie oisive. J'ai besoin d'agir, de servir, d'utiliser mes compétences.Et mon don, surtout.— Tu veux ouvrir un cabinet ? demande Matteo, interloqué.— Pas un cabinet médical. Un cabinet de... conseil spirituel, si on veut.— C'est-à-dire ?Je m'assois en face de lui, prends ses mains dans les miennes.— Il y a des gens qui ont perdu des êtres chers. Des gens qui n'ont pas pu leur dire au revoir, qui vivent avec des regrets, des remords, des questions sans réponses. Mon don me permet de ressentir des énergies, des souvenirs, des émotions. Je ne peux pas parler aux morts, pas vraiment. Mais je peux aider les vivants à trouver la paix.— Tu veux utiliser ton don pour aider les gens ?— Oui. Discrètement, évidemment. Rien d'officiel, rien de p

  • OBSESSION Mortelle    Chapitre 129 : Le retour

    MatteoParis me paraît différente quand nous atterrissons. Plus grise, plus bruyante, plus oppressante. Ou peut-être est-ce moi qui ai changé. Dix jours sur une île déserte, dix jours à ne rien faire d'autre qu'aimer Aurélia, ont modifié quelque chose en moi. Ma perception du monde, mes priorités, mes désirs.— À quoi tu penses ? demande Aurélia, assise à côté de moi dans la voiture qui nous ramène à l'appartement.— Je pense que je n'ai plus envie de cette vie.Elle se tourne vers moi, surprise.— Comment ça ?— Pas toi. Pas nous. Cette vie. La mafia, les affaires, les guerres de territoire, les ennemis à abattre. J'en ai assez.— C'est nouveau ?— Oui. Avant, c'était tout ce que j'avais. Le pouvoir, l'argent, le respect. Maintenant, j'ai toi. Et le reste me semble... vide. Inutile.Elle pose sa main sur la mienne, la serre doucement.— Qu'est-ce que tu veux faire ?— Changer. Transformer. Légaliser ce qui peut l'être, transmettre ce qui ne peut pas. Me retirer progressivement. Vivre

  • OBSESSION Mortelle    Chapitre 128 : La lune de miel - connexion

    AuréliaC'est notre dernière nuit sur l'île. Demain, nous rentrerons à Paris, retrouverons nos vies, nos responsabilités, nos combats. Mais ce soir, il n'y a que nous. Ce soir, je veux quelque chose de plus. Quelque chose d'unique.Nous sommes allongés sur le lit de la villa, les baies vitrées grandes ouvertes sur la nuit tropicale. La lune trace un chemin argenté sur l'océan, les étoiles sont si nombreuses qu'elles semblent former un voile lumineux. Le bruit des vagues, régulier, apaisant, emplit la chambre.Matteo dort à moitié, sa tête posée sur mon ventre, un bras en travers de mes cuisses. Sa respiration est lente, profonde. Il est détendu, confiant, vulnérable.— Matteo ? murmuré-je.— Hmm ?— Je voudrais te demander quelque chose.Il ouvre les yeux, se redresse légèrement pour me regarder.— Quoi donc ?— J'aimerais toucher ton cœur pendant que tu dors.— Toucher mon cœur ? Comme tu l'as déjà fait ?— Oui. Mais cette fois, j'aimerais aller plus loin. Voir tes rêves. Pas pour fo

  • OBSESSION Mortelle    Chapitre 127 : La lune de miel - passion

    MatteoLe soleil se lève à peine sur l'océan quand je m'éveille. Aurélia dort encore, allongée sur le ventre, les draps repoussés au pied du lit. Sa peau bronzée contraste avec le blanc des oreillers, ses cheveux éparpillés forment un éventail sombre sur le tissu. Elle est magnifique. Nue, offerte, parfaitement sereine.Je reste un long moment à la contempler, appuyé sur un coude. Chaque matin depuis notre arrivée, je m'émerveille de sa beauté. Chaque matin, je tombe un peu plus amoureux.Elle s'étire lentement, ouvre les yeux, me sourit.— Tu me regardes encore ?— Toujours.— Depuis combien de temps ?— Des heures. Peut-être des jours. J'ai perdu le compte.Elle rit doucement, se retourne sur le dos. Ses seins se soulèvent au rythme de sa respiration, ses yeux brillent d'une lueur malicieuse.— Il est quelle heure ?— Tôt. Très tôt. L'île dort encore.— Alors viens te recoucher.— Je n'ai pas sommeil.— Qui a parlé de dormir ?Elle tend la main vers moi, m'attire contre elle. Nos co

  • OBSESSION Mortelle    Chapitre 126 : La lune de miel - départ

    AuréliaL'hydravion fend les nuages, son ombre glissant sur le bleu profond de l'océan. Je suis collée au hublot, fascinée par le spectacle qui s'offre à moi. L'eau est d'un turquoise si pur qu'elle semble irréelle, parsemée de taches plus sombres qui sont des récifs coralliens. Des îles minuscules émergent çà et là, écrins de verdure posés sur le miroir de la mer.— Alors, heureuse ?La voix de Matteo est pleine de cette satisfaction tranquille qu'il a quand il réussit une surprise. Il est assis à côté de moi, une main posée sur ma cuisse, l'air parfaitement détendu.— Heureuse ? C'est un euphémisme. Où est-ce qu'on va exactement ?— Une île. Privée. À nous pour dix jours.— Une île privée ? Tu es sérieux ?— Parfaitement sérieux. Un ami me la prête. Enfin, un associé. Disons qu'il me doit un service.— Quel genre de service ?— Le genre dont on ne parle pas.Je souris, secoue la tête. Matteo et son monde de secrets, de dettes d'honneur, de services rendus dans l'ombre. Un jour, il m

続きを読む
無料で面白い小説を探して読んでみましょう
GoodNovel アプリで人気小説に無料で!お好きな本をダウンロードして、いつでもどこでも読みましょう!
アプリで無料で本を読む
コードをスキャンしてアプリで読む
DMCA.com Protection Status