LOGINLa nuit de sa première transformation, Lyra découvre que son âme sœur n’est autre que l’Alpha de sa meute. Mais au lieu de l’accepter, il la rejette devant tous, humiliant son cœur et brisant son destin. Blessée, Lyra fuit… jusqu’à tomber dans les bras de l’Alpha ennemi. Protecteur, dangereux, il clame qu’elle est sienne. Entre haine, passion interdite et guerre entre meutes, Lyra devra choisir : pardonner celui qui l’a rejetée, ou embrasser le loup qui pourrait détruire sa meute.
View MoreLe tambour résonnait avec un rythme soutenu au cœur de la forêt. Chaque battement vibrait dans mes os, dans ma peau et dans mon souffle rendu court par l'excitation. La clairière de Silverpine était illuminée par des torches plantées en cercle autour de la Pierre des Ancêtres. L’air sentait la résine brûlée et la tension. Et ce soir, la meute allait assister à ma première transformation.
Je m’appelais Lyra. Et jusqu’à maintenant, je n’étais rien. On m’avait placée à l’arrière, comme toujours, avec les autres omégas. Invisible et méprisée. Certains murmuraient à mon passage que j’étais trop fragile, trop silencieuse, pas assez digne pour être une louve. Les dominants ricanaient souvent de mes maladresses, les jeunes apprentis me lançaient parfois de la boue ou des pierres. Personne ne me défendait, au final, c'était presque un soir comme les autres. Heureusement, la déesse avait mis sur mon chemin une fille qui était depuis plusieurs années déjà ma meilleure amie, c'était Mira. Se tenant à mes côtés, on pouvait distinguer sa petite silhouette nerveuse, ses doigts serrés autour des miens. Elle me lança un sourire tremblant. — Ce soir, tu vas leur prouver qu’ils ont tort, chuchota-t-elle. J’aurais aimé la croire. Mais j’avais vu tant de fois la haine dans les yeux des autres. Je n’étais qu’une oméga. Et un oméga n’a pas de place dans les rêves de grandeur de la meute. Un silence tomba lorsque Caius Blackthorne, notre Alpha à tous, monta sur la Pierre des Ancêtres.Le tambour s'était arrêté et on ne voyait plus que lui, immense, droit, magnifique, drapé de puissance. Ses yeux sombres brillaient d’une lueur qui faisait plier même les plus arrogants, son autorité était absolue et on aurait dit que même les arbres semblaient se taire à son approche. Je levai les yeux vers lui comme tous les autres. Et comme tous les autres, je ressentis cette impression d’être écrasée par sa présence. Caius n’avait jamais posé son regard sur moi. Et pourtant, ce soir je sentis mon cœur réagir plus que de raison, peut-être était-ce lié au fait que malgré l'habituel traitement que je subissais de la part des autres membres de la meute, j'espérais que ce soir soit différent. — Que la Lune juge, déclara-t-il d’une voix grave. Que le sang se souvienne. Le tambour reprit alors à un rythme plus effréné, plus pressant. Mon cœur se mit à battre en écho. La sueur perlait sur ma nuque. La lumière de la pleine lune baignait la clairière, se posant sur les pierres, sur les visages, sur mon corps tremblant. Et la douleur arriva. Un feu me déchirant la poitrine. Mes os craquèrent, mes poumons s’enflammèrent. Je tombai à genoux, un cri jaillit de mes lèvres. La foule se pencha pour mieux voir. Des rires nerveux fusèrent derrière moi. Mais déjà, mes doigts s’allongeaient, mes ongles se recourbaient. Ma première transformation venait d'avoir lieu. Je crus suffoquer. Puis une odeur explosa dans l’air. C'était comme du bois brûlé et sous cette pluie glacée, je sentais une fragrance sauvage et suave qui commençait sérieusement à ' affoler. Mes sens se brouillèrent, tandis que dans mon esprit, un certitude s'annonçait, presque implacable. Ainsi, je levai les yeux et croisai son regard. Caius. L’Alpha. Mon alpha. Le monde entier s’effaçait. Il ne restait plus que lui. Une force invisible me lia à son souffle, à ses veines, à son âme. Je n’avais jamais rien ressenti de tel. Mon cœur hurlait que cet homme était le mien, ma place était auprès de lui et bientôt même les quelques mètres qui nous séparaient étaient insoutenables. Ce n'était pas seulement son corps qui appelait le mien, ce n'était pas seulement son odeur qui devenait irrésistible ou ses traits attirants. Après tout il avait toujurs été d'une beauté presque douloureuse. Il s'agissait d'un lien des plus sacrés. La avait écouté mes prières. Les murmures de la meute éclatèrent autour de nous. — Non… impossible ! — L’Alpha et une oméga ?! — La Lune s’est trompée… Mes lèvres tremblaient. Mes yeux se remplirent de larmes. Contre toute logique, l'étincelle d'espoir que m'avait traversée résistait. Peut-être que c’était ma chance. Peut-être que la Lune m’avait choisie pour une raison. Peut-être que ma vie allait enfin changer. Je fis un pas. Caius descendit de la Pierre. Lentement, son regard fixé sur moi. Chaque pas pesait comme une sentence. J’avais envie de courir vers lui, de hurler la vérité, de me jeter dans ses bras. La chaleur du lien brillait comme un soleil dans mes veines. Il s’arrêta juste devant moi. Ses yeux brûlaient. Mais pas de désir. Pas de tendresse. Pas de reconnaissance. Son regard était froid, implacable. Je levai la main, tremblante, comme pour toucher ce lien invisible. Il inspira profondément. Ses lèvres se serrèrent. Alors que l'attente atteignait déjà son paroxysme, il parla. — Lyra de Silverpine… Le silence se fit total. Même le tambour s’arrêta. J’attendais les mots: "Je t’accepte".La fracture ne se fit pas dans un cri.Elle se fit dans les gestes.Les jours qui suivirent la déclaration de Caius furent étrangement calmes. Trop calmes. Silverpine continuait de vivre mais ce calme semblait froid et les choses paraissaient différentes, les rondes, les repas, et les entraînements notamment, la manière dont chacun occupait l’espace.Les regards ne se croisaient plus de la même façon.Les silences étaient trop calculés.Les groupes se formaient… et même un semblant de mélange semblait impossible..Je le voyais depuis la cabane.Certains loups s’arrêtaient à distance, me regardaient brièvement, puis détournaient les yeux avec un respect hésitant. D’autres passaient sans ralentir, mâchoires serrées, comme si ma simple présence était une provocation.Et puis il y avait ceux qui murmuraient.— Elle l’a retourné. — Il s’affaiblit. — Ce n’est pas une Alpha qu’il protège, c’est une faille.Je n’intervenais pas.Pas par peur.Mais avec par lucidité.Le Voile restait silenc
Je sentis Caius avant même qu’il n’entre. Ce n’était pas une présence physique. C’était cette traction sourde, profonde, comme si quelque chose en moi s’était aligné brutalement avec quelque chose en lui. Une certitude sans image. Sans voix. Il savait. La porte s’ouvrit lentement. Caius entra, seul. Son regard balaya immédiatement la cabane. Les chaînes brisées au sol. L’air encore chargé de cette pression invisible. Et moi, debout, droite, tremblante mais intacte. Son regard s’arrêta sur moi. Un long silence s’installa. — Ils ont essayé de te contenir, dit-il enfin. Ce n’était pas une question. Je hochai la tête. — Theron. Par ordre du Conseil. Sa mâchoire se crispa imperceptiblement. Il s’approcha, ramassa l’un des liens rituels, le fit tourner lentement entre ses doigts. Le métal était froid. Mort. — Ces chaînes n’étaient pas censées céder, murmura-t-il. — Moi non plus, répondis-je. Il releva les yeux vers moi. Pour la première fois depuis longtemps, i
Je sentis le danger avant même de comprendre ce qu’il était. Ce n’était pas une vision. Pas un avertissement du Voile. Pas même une intuition claire. Juste cette crispation primitive au creux de la nuque. Cette certitude animale que quelque chose avançait vers moi sans chercher à se cacher. Je me redressai brusquement sur la paillasse. La cabane était plongée dans l’obscurité, mais l’air vibrait. Des pas résonnaient à l’extérieur. Trop réguliers. Trop nombreux. Pas ceux d’une ronde nocturne. Pas ceux d’un garde distrait. Ceux d’une décision. Mon cœur s’emballa. — Non… soufflai-je. Je n’eus pas le temps de me lever. La porte s’ouvrit sans frapper, heurtant le mur avec une violence contrôlée. Trois silhouettes entrèrent, découpées par la faible lueur des torches. Deux guerriers. Et derrière eux… Theron. Il ne souriait pas. Et cette absence de sourire était plus inquiétante que toutes ses moqueries passées. — Lyra de Silverpine, déclara-t-il d’une voix calme, presque ne
Point de vue de Lyra Je ne l’ai pas vu tomber. Je l’ai ressenti. C’est arrivé au milieu de la nuit, sans cri, sans vision, sans lumière. Une simple pression, sourde et brutale, comme si quelque chose s’était déplacé dans l’air même que je respirais. Je me redressai d’un coup sur la paillasse. Mon cœur battait trop vite. Pas de panique. Pas de douleur. Juste cette impression étrange que l’équilibre venait de se rompre ailleurs… et que j’en étais l’axe invisible. Je portai une main à ma poitrine. Le Voile murmura. Cette fois-ci ce n'était pas des mots mais plutôt une sorte d'absence. — Caius… soufflai-je sans réfléchir. Je ne savais pas ce qui se passait. Je ne savais même pas comment je le savais. Mais quelque chose en lui venait de céder. Et de ce que je comprenais cette chose n'était ni une faiblesse physique ni une une blessure.Il s'agissait de quelque chose de bien plus effrayant : son autorité. Je me levai lentement, les pieds nus sur le sol froid. La
Ils ne m’attendirent pas. Je le sentis avant même que les gardes ne viennent me chercher. Silverpine avait cette manière particulière de se crisper quand l’équilibre se fissurait : les patrouilles devenaient plus nombreuses, les regards plus directs, les silences plus lourds que les paroles. La
Le silence ne dura pas. Il explosa. — La Lune s’est obscurcie ! — Ce n’est pas possible ! — C’est un présage ! Les voix jaillirent de toutes parts, se chevauchant, affolées. Certains reculaient comme si j’étais devenue contagieuse. D’autres s’agenouillaient, pris d’une ferveur soudaine. La me
L’aube ne vint pas avec la lumière. Elle arriva lourde, grise, et étouffée par un ciel bas. Comme si la Lune refusait de céder sa place au soleil. Silverpine se réveilla dans un silence inhabituel, presque religieux. Même les oiseaux ne chantaient pas. On vint me chercher avant que je ne sois p
Je n’avais jamais craint la nuit. Je l’avais traversée cent fois, parfois seul, parfois à la tête de guerriers couverts de sang. J’avais senti ses odeurs, écouté ses murmures, compris ses pièges. La nuit avait toujours été un territoire que je maîtrisais. Mais cette nuit-là… La nuit ne m’obéissa






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