ANMELDENAUROREJe fais les cent pas dans le salon, jetant des regards anxieux vers la rue. Alexis et Chloé viennent de dîner, et je me demande si je devrais rappeler Nicolas. Mon fils joue aux Lego sur le tapis, Chloé est assise à côté de lui, plongée dans un livre. J’ai la nausée.Pourquoi Nicolas ne m’appelle-t-il pas ?Une voiture se gare devant la maison. Je me penche derrière les rideaux et je vois l’Aston Martin familière. Mon cœur s’emballe. Putain.Je me précipite vers le salon, tapote le pied de Chloé. Elle lève les yeux de son livre.— Il est là, je mime.Ses yeux s’écarquillent et elle mord sa lèvre inférieure.Je couvre ma bouche de mes mains et me dirige vers la porte d’entrée. Nicolas est assis dans sa voiture.Putain… que faire ?Je reste un moment à essayer de me calmer, et il sort de la voiture en claquant la portière. Avant que je m’en rende compte, j’ai ouvert la porte et il est là, au bas des marches.Nos yeux se rencontrent et le regret me frappe de plein fouet.— Il est
NICOLASJe suis assis dans ma voiture garée à l’hôpital. Je reviens juste de l’hôpital pour enfants. Je clique sur le message vocal que j’ai rejeté ce matin et l’écoute.C’est Aurore. Sa voix apporte avec elle un poids écrasant.— Nicolas, c’est moi… Il y a une pause. — Je dois te parler, Nicolas. Il faut que je t’explique certaines choses.Je souffle en écoutant.— Rappelle-moi… s’il te plaît. Peux-tu venir ce soir après le travail ?Je pince le pont de mon nez. Je ne supporte pas de l’entendre ainsi.— À tout à l’heure… j’espère.La ligne se coupe. Je souffle profondément et passe ma main sur mon visage.Je suis abattu. J’avais des plans pour nous. Un futur… et puis elle me balance qu’elle a déjà fait tout ça avec quelqu’un d’autre… et qu’il y a un gamin pour preuve.Je secoue la tête, résolu. Je sors et claque la portière.J’ai eu une journée de merde. J’ai dû travailler avec Megan, qui flirte ouvertement et rit de tout ce que je dis devant les patients. J’ai failli la prendre par
AUROREJe suis assise à la table de ma maison, le cœur battant à tout rompre. C’est lundi soir. Nous sommes chez moi et Nicolas vient de nous préparer le dîner. Alexis rentre demain matin et je dois lui dire maintenant. Nous sommes inséparables et je ne me suis jamais sentie aussi proche de quelqu’un. Nous avons pris l’avion tard hier soir, et aujourd’hui, nous avons travaillé. Il a été à son bloc ce matin, je ne l’ai donc pas vu. Les journées sans lui sont longues. Maintenant, il est presque acquis que nous passerons toutes nos nuits ensemble. C’est naturel… c’est juste ce qui semble juste. Mon cœur est sur le point de sortir de ma poitrine alors que je le regarde par-dessus la table.— Nicolas, je dois te parler.— De quoi ?Je marque une pause en le regardant. S’il te plaît, gère ça bien. S’il te plaît…— Il y a quelque chose que je ne t’ai pas dit à propos de moi.Il fronce les sourcils.— Vas-y.Ma bouche devient soudain sèche comme du papier de verre et je n’arrive pas à parler.
NICOLASNous entrons dans la salle de bal, et l’atmosphère est électrique. Coralie connaît son affaire et ces bals sont un véritable exploit. Coralie et Aurore ont immédiatement accroché et s’entendent à merveille. Même Murph l’adore.— Que voulez-vous boire ? demande Bastien.— Une Margarita, répond Coralie.— Moi aussi, sourit Aurore. Mon cocktail préféré. Bien choisi.— Scotch pour moi, murmurai-je.Coralie sourit et elle et Aurore commencent à bavarder. Je suis distrait. Je dois trouver ma mère avant qu’elle ne s’approche d’Aurore.— Je reviens dans une minute, murmurai-je à Aurore à l’oreille.— D’accord. Elle sourit et me serre la main.Je suis Bastien jusqu’au bar.— Tu as vu maman ?Il balaie la salle du regard.— Non. Ses yeux croisent les miens dans un silent accord. — Bonne idée, dit-il.Mon père apparaît alors dans la foule. Je ris, lui serre la main et l’embrasse. J’adore mon père. Il est venu d’Australie pour être là ce soir. Il ne manque jamais un événement. Son vol n’a
AURORECoralie, Maxime et moi sommes assises par terre à l’arrière de la salle de bal. Coralie a retiré ses chaussures et nous sirotons chacune une boisson rafraîchissante bien méritée. Il est seize heures, et nous avons bossé comme des dingues toute la journée. La stupide coordinatrice s’est fait porter pâle, puis la fille qui a pris sa place ne connaissait rien au boulot, donc nous avons tout fait nous-mêmes.Nous avons dressé cent tables, chacune avec dix couverts. Vaisselle complète, décorations de table… tout y est passé. Maxime a eu environ cinq crises à cause du personnel incompétent qui manquait de couteaux à beurre et de couverts. Les compositions florales n’étaient pas du tout conformes à ce que Coralie avait commandé, donc nous les avons toutes refaites. Nous avons chacune une bonne centaine de petites piqûres de roses sur les doigts et avons découvert que nous savons jurer comme des marins quand on est poussées à bout.— Je suis trop fatiguée pour venir ce soir, soupire Co
AUROREC’est vendredi soir et nous montons à bord du jet privé des Duval, direction Bordeaux pour le gala caritatif de Coralie demain soir. Je me sens comme dans un film d’espionnage à la Mission Impossible. Il y a des gens partout et les enfants montent dans l’avion en premier avec Coralie et Bastien.Il y a les cinq enfants, deux nounous, trois gardes qui, apparemment, s’occupent des enfants. Maxime, Nicolas et moi, et un homme que je n’ai jamais rencontré avant, appelé Paul. Puis encore six autres gardes, Max et l’autre homme que j’ai rencontré l’autre soir. Les enfants jouent tous calmement sur leurs iPads et je regarde, fascinée. Ils sont tellement habitués à voler qu’ils ne bronchent même pas et ne prêtent aucune attention à tout ce qui les entoure.— Est-ce que les enfants viennent toujours ? je demande à Nicolas en les observant monter dans l’avion.— Oui, toujours. Ils ne les laisseraient jamais dans une autre ville.— Oh… je fronce les sourcils, distraite.— Ils ont toujours







