INICIAR SESIÓNPOV : Alima
Je passe le reste de la journée incapable de me concentrer sur quoi que ce soit, la demande d'Igor tournant sans relâche dans mon esprit, se mêlant à des souvenirs plus anciens, ce même schéma qui s'est répété tant de fois durant notre enfance : Igor qui promet, Igor qui rechute, notre mère qui pleure en silence dans la cuisine en préparant le d&i
POV : AlimaSonia m'attend dans notre café habituel près de la faculté, deux tasses déjà commandées, un carnet noirci de notes ouvert devant elle sur la table. Elle relève la tête en me voyant approcher, et je vois immédiatement, à l'excitation contenue dans son regard, qu'elle a découvert quelque chose d'important. Le café, tapissé de vieilles affiches de concerts et bondé d'étudiants révisant à voix basse, m'offre une bulle familière et rassurante, un décor que je connais par cœur depuis mes premières années de faculté, bien avant que ma vie ne bascule entièrement.— Tu as une mine affreuse, dit-elle en guise de salutation, avant d'adoucir aussitôt son ton. Ça va.
POV : NikolaiLe message d'Alima, reçu en pleine réunion avec Grigori, m'arrache un sourire que je m'empresse de dissimuler avant que mes hommes ne le remarquent. Elle a sauvé une patiente ce matin, diagnostiqué à temps une appendicite que d'autres auraient laissée s'aggraver, et cette simple phrase, envoyée sans autre prétention que de partager sa fierté, réussit à percer, l'espace d'un instant, l'épaisse tension qui règne dans cette pièce depuis le début de la matinée. Je réponds brièvement, quelques mots seulement, avant de reposer le téléphone et de reporter toute mon attention sur les documents que Grigori a étalés devant moi, résultat de deux jours de recherches acharnées sur les avoirs dispersés de Bariatinski.
POV : AlimaJe n'ai pas dormi plus de deux heures cette nuit, l'esprit tournant en boucle autour de cette photographie, de ce sourire inconnu sur le visage de mon père, de toutes les questions que je n'ai pas encore osé lui poser directement. Nikolai a essayé, avant que je ne quitte la maison ce matin, de me retenir un instant, mais j'ai préféré fuir vers ce qui reste, dans ma vie actuelle, l'un des rares endroits où je sais encore exactement qui je suis censée être. Mais l'hôpital, contrairement à ma propre vie, n'accorde aucun répit aux esprits fatigués, et je retrouve, en franchissant les portes du service ce matin, cette même discipline salvatrice qui m'a toujours permis de me concentrer sur autre chose que mes propres tourments.Vassilievitch m'intercepte presque immédiatement,
POV : NikolaiJe referme lentement la main sur le bord du bureau, cherchant dans ce contact rigide un semblant de contrôle que je sens m'échapper depuis la seconde où Alima a saisi cette photographie. Vingt ans de discipline apprise auprès de Sergueï, et pourtant, face à elle, ce soir, je ne trouve aucune manière élégante de retarder ce que je vais devoir lui dire. La carte de Moscou, toujours étalée entre nous sur le bureau, semble soudain dérisoire face à ce que cette simple photographie vient de rouvrir, un passé que je pensais avoir suffisamment maîtrisé pour ne jamais avoir à le lui révéler dans ces conditions précises.— Assieds-toi, dis-je enfin.— Je préfère rester debou
POV : AlimaJe trouve Nikolai dans son bureau ce soir-là, penché sur des documents qu'il referme précipitamment en m'entendant entrer, un réflexe si ancré chez lui que je doute qu'il en ait même conscience. La pièce sent le cuir et le papier ancien, cette odeur particulière que je commence à associer désormais à tout un pan de sa vie qui, jusqu'ici, m'était resté rigoureusement fermé, malgré les mois passés sous ce même toit.— Tu peux me laisser voir, dis-je simplement, m'avançant malgré tout dans la pièce plutôt que de reculer comme je l'aurais fait il y a quelques mois.— Alima.— Tu m'as promis de me consulter, pas de continuer &
POV : NikolaiLe chantier de Kotelniki, vu depuis la voiture qui m'y conduit tôt ce matin, ressemble à n'importe quel autre projet immobilier en construction dans cette partie sud-est de Moscou : grues immobiles dans le froid matinal, ouvriers emmitouflés circulant entre les blocs de béton, panneaux publicitaires annonçant de futurs appartements de standing avec vue sur la Moskova. Personne, en passant devant, ne devinerait que ce complexe résidentiel sert, depuis maintenant six ans, à faire transiter une part significative de revenus que je ne pourrais jamais justifier autrement auprès du fisc russe. La neige, tombée pendant la nuit, recouvre encore les échafaudages d'une fine couche blanche que les premiers ouvriers commencent tout juste à déblayer, leurs pelles raclant le métal dans un bruit métallique et régulier qui acco







