LOGINPOV ULRIC – CONFESSION DANS LA CUISINE Je m’arrête un instant, les mains posées sur le plan de travail, à côté des légumes. Je respire profondément, la tension dans ma poitrine enfin perceptible. Julianne me regarde, intriguée, ses yeux pleins d’attention et d’inquiétude. — Julianne… je dois te dire quelque chose. murmurai-je, ma voix plus douce qu’à l’accoutumée. Elle hoche la tête, silencieuse, attendant. — Tout à l’heure, dans la voiture… je laisse ma phrase en suspens, cherchant mes mots. Je me suis comporté… mal. Possessif, étouffant. Je sais que je t’ai fait peur, et je ne peux pas te reprocher de vouloir respirer… Je me penche légèrement vers elle, le regard sincère, intense. — Tu dois comprendre… je continue, ma voix tremblante pour la première fois. Je ne me contrôle pas toujours… parce que je t’aime. Parce que… parce que j’ai peur. Peur de te perdre, peur que quelqu’un te fasse du mal, peur de tout ce que ce monde peut t’arracher. Ses yeux s’agrandissent, et ell
POV JULIANNE – ARRIVÉE A LA MAISONLa porte du palazzo s’ouvre sur un silence trop lourd, presque palpable. Je sens mes jambes fléchir. Mes épaules tremblent. La voiture, la dispute, le trajet… tout me pèse comme un fardeau impossible à porter.Ulric est derrière moi, sa main sur ma taille. Il ne me lâche pas. Jamais. Et moi, je n’ose pas me défaire de cette emprise. Une partie de moi voudrait crier, hurler, courir… mais l’autre… l’autre sent que je ne pourrais jamais échapper à cette cage dorée.Je m’effondre presque dans le hall, les larmes montent, brûlantes.— J’ai… je ne peux plus… murmurai-je, la voix brisée.---POV ULRIC – DANS LE HALLJe la regarde tomber à mes pieds. Elle est fragile. Minuscule face à moi. Mais chaque souffle, chaque tremblement, me fait bouillonner. Une part de moi voudrait la serrer jusqu’à ce qu’elle cesse de trembler. Une autre… la clouer contre moi pour qu’elle comprenne qu’elle n’ira nulle part.— Julianne… calme-toi. Regarde-moi. Je m’agenouille, mes
POV JULIANNE – SORTIE DU RESTAURANTLes flashs des paparazzi s’éteignent peu à peu derrière nous, mais mon cœur bat encore comme si le monde voulait m’arracher à lui. Je sens sa main autour de la mienne, serrée trop fort pour que je puisse me retirer. Chaque pas vers la voiture est une lutte contre moi-même. Je veux fuir, respirer, respirer sans que ses yeux me surveillent.— Ulric… murmurai-je, ma voix tremblante, presque un suppliant.Il ne répond pas. Son visage est fermé, impénétrable. Je sais qu’il entend tout, qu’il devine tout. Mais ce silence est pire que n’importe quel cri.Je regarde la portière, la poignée… un espoir fou, un réflexe de panique. Je dois sortir. Je dois…---POV ULRIC – TRAJET VERS LA VOITUREJe vois son regard se détourner vers la portière. Encore une idée folle. Encore une tentative de fuite. La colère me saisit, une rage froide et précise. Mes mains se crispent sur le volant, mon corps se tend.— Ne bouge pas. Pas une fois, Julianne.Ma voix est basse, gla
POV JULIANNE – SORTIE DE LA CLINIQUEL’air extérieur me paraît plus lourd que celui du cabinet. Peut-être parce que j’y porte maintenant un secret plus grand que moi… non, pas un secret. Une vie. Une existence fragile qui bat en moi. Et cet homme, à ma droite, qui marche comme si le monde entier allait nous tirer dessus d’une seconde à l’autre.Ulric ne lâche pas ma main. Sa poigne est ferme, presque brutale, mais je sais que ce n’est pas de la colère. C’est sa peur qui s’agrippe à moi.Il ouvre la portière et m’aide à monter dans la voiture. Ses gestes sont précis, protecteurs… obsessionnels. Je m’assois, le cœur encore noyé dans l’écho de ce battement entendu à l’échographie. Ce son… il m’a bouleversée. Et lui ? Lui, il était figé, mais j’ai vu ses yeux.Quand il démarre, le silence s’installe de nouveau. Mais ce n’est pas le même silence qu’avant. Il n’est pas glacé, il est brûlant. Chargé. Comme si mille mots se pressaient contre ses lèvres, mais qu’il refusait de les laisser sort
POV JULIANNE – DANS LA VOITURE Le silence me pèse plus que les nausées qui me tordent l’estomac. Le moteur ronronne, mais le bruit est étouffé par ce mur de tension entre nous. Ulric conduit comme s’il tenait le destin entre ses mains, chaque mouvement précis, chaque respiration mesurée. Ses doigts, crispés sur le volant, trahissent pourtant une tempête qu’il essaie de contenir. Je détourne les yeux, regarde par la vitre les rues qui défilent, floues, comme si le monde avait perdu ses contours. Je voudrais lui parler, lui dire que tout ira bien, que je vais bien… mais je sais qu’il n’entendrait rien. Ulric ne sait pas croire. Il ne fait que contrôler. Une goutte de sueur glisse le long de ma nuque. Je me sens vulnérable, petite dans cette voiture qui ressemble à un coffre-fort roulant. Et lui, à côté, enfermé dans son armure de rage contenue. Je sens sa peur. Elle est palpable, presque tangible. Et pourtant, il ne me regarde pas. Pas un mot. — Ça va ? sa voix grave fend enfin l
Ulric sentit un frisson le traverser alors qu’il regardait Julianne, blême et silencieuse, le visage encore marqué par la peur. Il avait passé tant de temps à la protéger, à la garder dans un cocon, à se battre pour qu’aucune ombre ne l’atteigne… mais maintenant, quelque chose en lui se fissurait. Assez… assez de cette illusion… pensa-t-il. Elle doit savoir. Elle doit voir l’homme que je suis vraiment. Il inspira profondément, laissant sa colère et sa rage couler librement dans ses veines. Chaque meurtre, chaque trahison, chaque bain de sang… c’était lui. Brutal, impitoyable, dangereux. Et Julianne avait le droit de le voir tel quel. “Écoute-moi,” dit-il, sa voix basse mais tranchante, brisant le silence pesant. “Tu crois que je peux tout contrôler. Que je peux tout faire pour te protéger… que je peux te garder à l’abri de ce que je suis. Mais c’est impossible. Je ne suis pas un homme comme les autres. Je ne le serai jamais. Et tu as le droit de voir le monstre que je suis.” Ju
Chapitre quinze – L’enterrement du Don La pluie tombait comme un chapelet de sangs versés. L’église San Giovanni, au cœur de la vieille ville, était noire de monde. Mais pas un mot, pas une larme, pas un cri. Car quand un Don meurt, on ne pleure pas. On se tient droit. On honore. Et on attend
Chapitre Quatorze – Le sang des roisLa nuit s’était faite plus noire que toutes celles que Julianne avait connues.Il y avait dans l’air une tension étrange, quelque chose de trop silencieux. Même les oiseaux avaient cessé de chanter. Ulric dormait à moitié, une arme sous l’oreiller, son corps enc
Chapitre Treize – Le pacte et l’absenceL’aube s’était levée comme une promesse silencieuse.Julianne dormait encore, sa main posée contre la poitrine d’Ulric, là où battait ce cœur que trop de balles avaient déjà manqué d’arrêter. Il ne bougea pas. Il l’observait, presque pieusement, comme si ses
Chapitre Douze – La crypte et le feuLe silence du couloir était trompeur.Julianne avançait derrière Ulric, son pas rapide, décidé. Elle n’était plus cette jeune mariée effarouchée, piégée dans une robe blanche cousue de chaînes invisibles. Elle était Julianne, fille du Don, épouse d’Ulric, et le







