La nuit était tombée sur la maison Stéphane, une nuit épaisse et inquiète. Dans la chambre douillette, Chantelle avait sombré dans un sommeil agité, rongé par la fièvre qui montait, conséquence du choc, des blessures et de l’infection rampante. Son front était moite, ses traits tirés, et de petits gémissements lui échappaient parfois, des murmures incohérents où se mêlaient la peur et la douleur.Théronie veillait à son chevet, épongeant son front avec un linge frais, ajustant les couvertures. Stéphane faisait les cent pas dans le couloir, incapable de se reposer, écoutant chaque bruit venant de la chambre. L’image de ses bras bandés le hantait, mêlée à celle, plus ancienne, des bleus sur sa peau. Une rage sourde couvait en lui, dirigée contre Mégane, contre Collen, contre l’injustice qui semblait s’acharner sur elle.Le silence de la maison fut soudain déchiré par le son strident d’un téléphone portable. C’était celui de Chantelle, posé sur la table de nuit. Elle tressaillit dans son
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