Il se lève, docile, et l'accompagne jusqu'à la porte. Je les regarde partir. Lui, grand, voûté, marchant un pas derrière elle comme un valet derrière sa maîtresse. Elle, droite, raide, ne se retournant pas, ne lui accordant pas un regard.Je reste seule à table, au milieu des miettes et des verres vides, de la vaisselle sale qui porte encore les traces de ce repas sinistre. Les autres clients rient, parlent, profitent de leur soirée. Autour de moi, la vie continue. Mais moi, je suis figée dans cet instant, le cœur serré, la gorge nouée.Je respire enfin. Je ne m'étais pas rendu compte que j'avais retenu mon souffle pendant tout le repas.Léo revient quelques minutes plus tard. Il a l'air épuisé, vidé, comme s'il sortait d'un combat. Il se laisse tomber sur sa chaise, se prend la tête entre les mains. Ses doigts s'enfoncen
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