ÈveLa porte s'ouvre sans prévenir. C'est toujours comme ça ici. Jamais un frappement, jamais une annonce. Ils entrent comme chez eux, parce que je suis chez eux, parce que je suis leur chose. Huit jours que je suis là, et j'ai appris à reconnaître le bruit de leurs pas dans le couloir. Ceux de Marco sont lourds, réguliers. Ceux de Vito sont plus rapides, plus nerveux. Ceux de Silvia sont légers, presque imperceptibles.Mais ceux-là, je les reconnais entre tous. Ce sont ceux de Salvatore. Lents, délibérés, inexorables. Chaque pas comme un avertissement, comme une promesse de domination.Il se tient dans l'encadrement. Il a les traits tirés, les yeux rouges. Pas dormi, lui non plus. Dans ses mains, une tablette. Il porte le même costume qu'hier, froissé maintenant, la cravate desserrée. Il entre, referme derrière lui. Il s'approche du lit où je suis assise, le dos contre le mur, les genoux remontés contre ma poitrine. Position de défense. Position de petite fille perdue.— Il faut que
Dernière mise à jour : 2026-03-16 Read More