L'après-midi est interminable. Je fais les cent pas dans l'appartement. Je range la cuisine , la poêle du petit-déjeuner, les tasses à café, les miettes sur la table. Je fais le lit , notre lit , avec des gestes lents, presque rituels, comme si refaire ce lit effaçait les traces de notre nuit, comme si lisser les draps pouvait lisser les émotions qui me tourmentent. À quatorze heures, je n'y tiens plus. J'enfile une veste, j'attrape mes clés, et je sors. Je n'ai pas de plan précis. Juste le besoin de marcher, de m'éloigner de ces murs qui résonnent encore de nos souffles et de nos cris. Mes pas me portent vers la rue des Bouchers. Je ne l'ai pas décidé consciemment , du moins, c'est ce que je me raconte. Le local provisoire de la boutique est là, un petit espace que j'ai fait aménager après l'incendie. Je m'arrête de l'autre côté de la rue, adossé à un porche, les mains dans les poches. À travers la vitrine,
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