Le nom saute aux yeux, en plein milieu d'une ligne chiffrée, dans une lettre dont l'encre a passé. BASTIEN, et rien d'autre de lisible autour. Je passe à une autre lettre. Trois pages plus loin, dans une écriture différente, il y a plusieurs correspondants, je m'en aperçois, au moins trois écritures distinctes, je lis, en clair, un mot qui me glace : assassinat. Pas « mort ». Pas « disparition ». Assassinat. Je dois poser la lettre. Mes mains tremblent trop. Assassinat. Voilà le mot que ce château retient depuis cinq ans, le mot que le village n'ose pas prononcer, le mot qui se cache derrière « l'accident ». Bastien n'est pas mort d'une chute, d'un cheval, d'une crise. Bastien a été assassiné, ou du moins, c'est le mot que le duc emploie, dans ses lettres secrètes, quand personne ne lit par-dessus son épaule. Je reprends ma lecture, fébrile. Les mots en clair se succèdent, rares, précieux : trahison, deux fois. La nuit, sou
Dernière mise à jour : 2026-09-17 Read More