เข้าสู่ระบบContrat avec le Duc Aveugle Après un scandale orchestré qui a ruiné sa réputation, Isadora Veyrac, dix-neuf ans, est contrainte d'accepter un mariage arrangé avec le duc Amaury de Clairval, un noble reclus, réputé aveugle et sans cœur. Mais derrière le bandeau noir qu'il porte en permanence, Amaury voit parfaitement et s'il se cache, c'est pour traquer l'assassin de son frère Bastien, assassiné cinq ans plus tôt dans des circonstances maquillées en accident. Isadora, humiliée et méfiante, arrive au château de Clairval sans savoir qu'elle est une pièce dans un jeu qu'elle ne maîtrise pas. Amaury ne l'a pas épousée par hasard : le baron de Veyrac, père d'Isadora, figure sur sa liste de suspects. Pourtant, entre les murs froids de ce château battu par les vents, entre les mensonges et les secrets, une tension naît entre la jeune femme et le duc. Chacun observe l'autre, chacun ment à l'autre, chacun craint l'autre jusqu'à ce que la méfiance se fissure et laisse place à un amour aussi intense qu'interdit. Isadora tombe amoureuse d'un homme qui la manipule sciemment, qui voit tout d'elle sans jamais se dévoiler, et qui protège un secret capable de la détruire : le nom du coupable pourrait bien être celui de son propre père. Et quand la vérité éclatera, Isadora devra choisir entre la loyauté familiale et la justice, entre le confort du mensonge et le danger de la vérité. Dans ce château où chaque couloir cache un passage secret, où chaque portrait semble vous suivre des yeux, où la cécité feinte d'Amaury devient une métaphore de tous les aveuglements, Isadora et Amaury devront affronter un assassin qui rôde encore, un passé qui refuse de mourir, et un amour qui n'aurait jamais dû naître , mais qui pourrait bien être la seule lumière dans toute cette obscurité.
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Le cristal des lustres tremble au-dessus de ma tête, et je me demande si c'est la musique ou mon propre cœur qui fait vibrer l'air de cette salle. Les violons s'élèvent dans un tourbillon de notes joyeuses, mais je n'entends que le battement sourd de mon sang dans mes tempes. Il est trop rapide. Il est toujours trop rapide, ces derniers temps, comme si mon corps savait quelque chose que mon esprit refuse encore d'admettre. Je me tiens près de la fenêtre, les mains croisées sur ma robe de mousseline bleue, le regard perdu sur les jardins des Villefort. Dehors, la nuit est tombée depuis longtemps. Les lanternes des allées dessinent des cercles de lumière pâle sur les graviers. Les rosiers d'hiver, taillés au cordeau, se dressent comme des sentinelles noires dans le brouillard qui monte des étangs. Dedans, tout n'est que lumière, soie et faux sourires. Je respire lentement, comme on m'a appris à le faire. Le corset serre mes côtes à chaque inspiration. Les perles de mon collier sont glacées contre ma peau, comme des larmes solidifiées. Je ne devrais pas être ici. Enfin, je devrais, puisque je suis la fiancée de Lucien de Villefort depuis six mois et que ce bal est donné en notre honneur. Six mois. Cent quatre-vingts jours. Quatre mille trois cent vingt heures. J'ai compté chaque heure, chaque minute, chaque seconde qui me rapprochait du moment où je deviendrais sa femme. Non pas par amour — je n'ai jamais été assez naïve pour croire à l'amour — mais par devoir. Parce que c'est ce qu'on attend de moi. Parce que c'est ce que mon père a décidé. Parce que je suis née baronne de Veyrac et que les baronnes de Veyrac ne choisissent pas leur destin. Mais je ne devrais pas être ici au sens où je ne devrais pas exister dans cette pièce, dans cette famille, dans cette vie. J'ai dix-neuf ans. Je suis la fille unique d'un père qui ne m'a jamais regardée en face et d'une mère morte en couches. Je suis une pièce sur un échiquier, et ce soir, la partie va commencer. Je ne le sais pas encore. Je vois Héloïse de Sévigné s'approcher de moi avec ce sourire trop doux qu'elle réserve aux gens qu'elle s'apprête à détruire. Elle traverse la salle de bal comme une lame fend la soie, sans effort, sans bruit, sans hésitation. Sa robe rouge sombre traîne derrière elle sur le parquet ciré, et les invités s'écartent sur son passage sans même s'en rendre compte. Elle est la cousine de Lucien, belle comme une promesse empoisonnée, blonde comme le miel qui cache le poison. Je me souviens d'avoir pensé, en la voyant entrer, qu'elle ressemblait à une tache de sang sur la piste de danse. Personne d'autre ne l'a remarqué. Personne d'autre ne regarde Héloïse comme je la regarde. — Isadora, ma chère, votre couture est défaite. Laissez-moi vous aider. Sa voix est un filet de soie. Elle me prend par le bras avant que je puisse répondre. Ses doigts sont durs à travers le tissu de ma manche, plus durs que l'amabilité de son ton ne le laisse supposer. Je me méfie immédiatement, sans savoir pourquoi. Peut-être parce que Héloïse ne m'a jamais adressé la parole autrement que pour me rappeler ma place. Peut-être parce que son sourire n'atteint pas ses yeux, qui restent froids comme deux pierres grises. Peut-être parce que je sens en elle quelque chose de faux, de fabriqué, de dangereux. — Ce n'est rien, je vous remercie, dis-je en reculant d'un pas. — Allons, ne soyez pas modeste. Je ne voudrais pas que vous vous donniez en spectacle. Le mot spectacle sonne comme une promesse. Elle me prend de nouveau par le bras, plus fermement cette fois, et m'entraîne hors de la salle de bal. Je me laisse faire. Je pourrais résister. Je pourrais planter mes talons dans le parquet, appeler à l'aide, attirer l'attention. Mais je ne le fais pas. Parce que je suis bien élevée. Parce que je suis la fiancée de Lucien. Parce que faire un scandale serait pire que tout. Nous traversons un couloir sombre, puis un autre. Les bruits de la fête s'estompent derrière nous. J'entends encore la musique, mais lointaine, étouffée, comme si elle venait d'un autre monde. Héloïse pousse une porte et me fait entrer dans un salon isolé dont les rideaux sont tirés. Il y fait sombre. Une seule bougie brûle sur une table basse, et sa flamme vacille, projetant des ombres mouvantes sur les murs tapissés de velours rouge. — Voilà, dit-elle en me tournant le dos. Ne bougez pas. Je sens ses mains sur mes épaules, puis sur mon dos. Je me raidis. Un frisson parcourt ma colonne vertébrale. Ses doigts s'attardent, glissent sur le tissu, s'insinuent sous la bordure de mon corsage. — Il n'y a rien à réparer, dis-je. Vraiment, je vous assure. — Mais si, insiste-t-elle. Une couture a craqué. Là. Ses doigts s'attardent. Je sens un froissement d'étoffe, un glissement furtif contre mon corsage, comme un insecte qui se faufile entre les couches de tissu. Je veux me retourner, mais elle me retient d'une main ferme. — Une seconde. Voilà, c'est fait.Isadora Les jours suivants, j'explore le château. Je ne devrais pas. Le duc m'a dit de ne pas poser de questions, de ne pas m'immiscer dans ses affaires. Mais il ne m'a pas interdit de me promener. Et je ne peux pas rester enfermée dans cette chambre froide, à regarder la pluie tomber sur les vitres, à écouter le vent hurler contre les murs, à attendre un mariage que je redoute. Je commence par les couloirs. Ils sont interminables, sombres, identiques. Des portraits anciens, des tapisseries fanées, des fenêtres étroites qui donnent sur la mer. Je me perds à plusieurs reprises, me retrouvant dans des ailes que je n'ai jamais vues, devant des portes closes que je n'ose pas ouvrir. Je croise des domestiques qui baissent les yeux, des valets qui s'effacent, des femmes de chambre qui disparaissent dans les recoins comme des souris effrayées. Puis je découvre la bibliothèque. Elle est immense. Une salle haute de plafond, éclairée par de grandes fenêtres qui donnent sur la mer. Des étag
IsadoraLe lendemain, Corbin vient me chercher plus tôt que prévu.— Le duc vous attend, Madame.Je m'étais préparée à une nouvelle attente, à une nouvelle humiliation. Je m'étais armée de patience, de froideur, d'indifférence. Mais il me prend au dépourvu, et je me sens soudain nue, vulnérable, sans défense.Je le suis dans les couloirs sombres. Nous passons devant des portes closes, des portraits anciens, des tapisseries fanées. Nous descendons un escalier étroit, traversons un hall glacé, remontons un autre escalier. Le château est un labyrinthe, un dédale de pierre et d'ombre, et je me demande si je saurai un jour m'y retrouver.Nous arrivons devant une porte différente des autres. Elle est plus haute, plus large, ornée de sculptures représentant des aigles et des serpents. Corbin frappe trois coups, attend, puis ouvre.— Madame Isadora de Veyrac, annonce-t-il.Il s'efface. J'entre.La pièce est vaste, plongée dans une pénombre épaisse. Les rideaux sont tirés, les volets clos. Des
IsadoraLa nuit passe lentement.Je dors mal, réveillée par des bruits que je ne parviens pas à identifier. Des craquements dans les murs, des gémissements dans la cheminée, des chuchotements peut-être, ou seulement le vent qui joue avec les pierres. Je me retourne dans le lit trop grand, trop froid, trop dur. Je pense à ma chambre au manoir des Veyrac, à ses rideaux bleus, à ses meubles familiers. J'ai l'impression d'être une étrangère, une intruse dans un monde qui n'est pas le mien.Le matin, Agathe m'apporte un plateau. Du pain, du beurre, du thé. Je la remercie. Elle rougit, baisse les yeux, sort sans un mot. Je mange sans appétit, assise au bureau, les yeux fixés sur la tapisserie du cerf aux abois. Je me demande qui a choisi cette pièce pour moi. Je me demande si c'est un message.Je m'habille avec soin. J'ai apporté ma plus belle robe, une robe de soie bleue brodée de fils d'argent. Je me coiffe, je me parfume, je me prépare. Je veux montrer au duc que je ne suis pas une femme
IsadoraLes pierres du château dégagent un froid qui ne vient pas seulement de l'hiver. Il monte du sol, suinte des murs, s'insinue sous ma robe et se dépose sur ma peau comme une fine pellicule de glace. Mes pas résonnent dans le couloir, et j'ai l'impression que chaque écho est une réponse moqueuse des pierres elles-mêmes, comme si le château se réveillait à mon passage et me jaugeait.Maître Théodore Corbin marche devant moi. Il ne se retourne pas. Il ne ralentit pas. Il avance d'un pas régulier, mesuré, celui d'un homme qui connaît chaque pierre, chaque recoin, chaque ombre de ce labyrinthe de granit. Ses épaules sont droites, sa nuque raide, ses mains croisées dans le dos. Je le suis, et je me sens aussi insignifiante qu'une feuille morte emportée par le vent.Les couloirs se succèdent, identiques et pourtant différents. Des portraits anciens couvrent les murs, visages figés dans des expressions sévères ou hautaines. Les Clairval, sans doute, génération après génération, tous ave


















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