LE PÈRE DE MON ENFANT
Ophélie
Je ne m’attendais pas à ce que la soirée prenne cette tournure, et pourtant la grand-mère est toujours là, assise devant moi, son regard clair et pénétrant posé sur mon visage comme si elle voulait y lire quelque chose que je n’ose pas encore nommer, je me sens observée, mais pas jugée, scrutée comme on scrute un métal pour savoir s’il peut être forgé
— Tu peux me tutoyer, dit-elle soudain, sa voix est douce mais ferme, comme une consigne qui ne laisse pas de place à la discussion, et appelle-moi grand-mère, puisque désormais nous sommes de la même famille
Je reste un instant interdite, surprise par cette familiarité offerte, moi qui ai toujours gardé une distance respectueuse avec e