LA REVANCHE D'UNE HUMILIÉE
Je retire mon bras, je recule, je recule comme je recule toujours, comme j'ai toujours reculé, devant lui, devant elle, devant les enfants, devant tout le monde, devant tout ce qui pourrait me faire du bien, me guérir, me sauver, et je lui dis, d'une voix qui veut être celle de la femme d'affaires, de la patronne, de celle qui possède quatre-vingt-onze pour cent de cette ville, de celle qui n'a besoin de personne, qui ne dépend de personne, qui ne craint personne, mais qui n'est qu'un souffle, qu'un murmure, qu'une peur qui grandit, qui grossit, qui menace de tout engloutir :
— Je n'ai pas besoin d'aide, Liora, je n'ai jamais eu besoin d'aide, je me suis toujours débrouillée seule, j'ai touj