La femme du parrain
Je ne vois pas son visage, je ne vois pas ses traits, mais je sens qu'elle m'a vu, qu'elle sait que je suis là, qu'elle m'observe sans en avoir l'air, avec cette tranquillité des prédateurs qui attendent leur heure.
Je fais un pas vers elle, mon cœur qui bat plus vite, ma main qui se crispe sur ma coupe de champagne, et à cet instant précis, comme si elle avait senti mon mouvement, elle tourne les talons et disparaît dans la foule, avalée par la masse des invités, ne laissant derrière elle que ce parfum de jasmin qui flotte dans l'air comme un fantôme. Je veux la suivre, je veux la retrouver, mais la foule est trop dense, les corps trop serrés, et quand j'arrive à l'endroit où elle se tenait