เข้าสู่ระบบElara Il s’interrompt. Son regard plonge dans le mien.— Elle était enceinte de huit mois. De toi, Elara.Les larmes débordent enfin. Elles roulent sur mes joues, chaudes et salées, et je ne les essuie pas. Je les laisse couler, pour une fois, sans honte, sans peur, sans ce contrôle permanent qui est ma prison depuis trois ans.— Elle a accouché le 1er avril 1998, dit Lucian. Une petite fille. Toi. Elle a quitté l’hôpital avant l’aube, avec toi dans les bras, et elle a essayé de fuir. Mais le Juge l’a retrouvée. Ses hommes ont trafiqué la voiture. L’accident du 5 avril n’était pas un accident. C’était un meurtre.— Ma mère est morte pour me sauver.Ce n’est pas une question. C’est une affirmation, une vérité qui s’impose à moi avec la force d’une révélation. Ma mère n’a pas eu un accident. Ma mère n’a pas disparu par hasard. Ma mère a été assassinée parce qu’elle refusait de me livrer à un monstre.— Oui, dit Lucian. El
Armand Je m’attendais à ce qu’il se jette sur elle comme un animal, qu’il la prenne immédiatement, brutalement, pour affirmer sa domination. Mais non. Il lui parle. Ses lèvres bougent, et Elara l’écoute, la tête légèrement inclinée, les bras croisés sur sa poitrine dans un geste de protection inconscient.Que peut-il bien lui dire ?La jalousie me tord les entrailles. C’est une douleur physique, une brûlure qui part du plexus et qui irradie dans tout mon corps. Je les imagine , ses mots à lui, ses réactions à elle et chaque image est un coup de poignard. Mais cette douleur… cette douleur est aussi un plaisir. Le plaisir du sacrifice. Le plaisir de l’interdit. Le plaisir de regarder celle qu’on aime dans les bras d’un autre.Ma main descend le long de mon torse, défait le bouton de mon pantalon, libère mon sexe déjà dur. Je n’ai pas honte. La honte est un luxe que j’ai abandonné il y a longtemps, dans une chambre similaire, avec une femme brune au
Les deux hommes boivent. Le whisky coule dans leurs gorges, et je reste debout, nue, à les regarder sceller mon sort comme on scelle un contrat.Mais sous ma peau, quelque chose a changé. Le baiser que je viens de donner à Lucian n’était pas un geste de soumission. C’était un acte de volonté. Le premier acte de volonté véritable que j’accomplis depuis trois ans.Et je sais que Lucian l’a compris.ArmandJe lève mon verre, et le whisky tourbillonne dans le cristal comme de l’or liquide. Un Yamazaki 18 ans, ma réserve personnelle, celle que je ne sors que pour les grandes occasions. Cette nuit est une grande occasion. Peut-être la plus grande de ma vie.— À la fusion Devereux-Cross, dis-je. À la tradition du Cercle. Et à toi, Lucian, pour la nuit qui t’attend.Lucian lève son verre en réponse. Son visage est impénétrable, mais je connais ce masque. Je le porte moi-même depuis trente ans. C’est le masque des homm
ElaraLa porte du fumoir se referme derrière nous avec un bruit mat, un bruit de tombeau qui se scelle. L’air ici est plus épais, saturé de cuir, de fumée de cigare et d’un musc douceâtre qui doit imprégner les murs depuis des décennies. Le feu dans l’âtre est la seule source de lumière, et il jette sur le visage de Lucian Cross des ombres mouvantes qui le rendent plus dur, plus massif, plus dangereux.Armand me tient par le coude. Sa main est un étau recouvert de velours. Je connais cette pression , ce n’est pas de la peur, c’est de l’excitation. Il savoure cet instant comme un collectionneur qui s’apprête à montrer sa pièce la plus rare à un rival qui ne pourra jamais l’acheter.Lucian se tient près de la cheminée, un verre de whisky à la main. Il ne nous regarde pas encore. Il fixe les flammes, le dos droit, les épaules larges tendant le tissu de son smoking, et je devine à la crispation de sa mâchoire qu’il n’est pas aussi détendu qu’il veut
Mes doigts descendent le long de son ventre, trouvent la courbe de sa hanche, s'arrêtent à l'intérieur de sa cuisse. Sa peau est incroyablement douce, et je sens la chaleur de son sexe qui irradie contre ma paume. — Il collectionne les Filles, comme d'autres collectionnent les papillons. Il les épingle, les viole, les brise. Et quand il en a fini avec elles, il les jette. Un doigt s'insinue en elle. Elle retient un cri, se mord la lèvre. — Ta mère était sa préférée. Il voulait en faire sa Fille permanente, sa propriété exclusive. Et quand elle a refusé, il l'a tuée. Mes doigts bougent en elle, lentement, en rythme avec mes mots. Je lui raconte tout , les registres du Cercle, les noms codés, les complicités, les meurtres. Et pendant que je parle, je la caresse. Pas comme un client caresse une prostituée. Pas comme un maître caresse sa protégée. Comme un amant caresse la femme qu'il aime. Le premier orgasme d'Elara la traverse au moment où je prononce le nom complet du Juge
Armand me salue avec cette froideur polie qui est sa signature, et la cérémonie commence. Elara se déshabille sur son ordre, laissant tomber sa robe à ses pieds, et je découvre le corps que j'avais imaginé pendant des nuits entières. La dentelle noire de sa lingerie contraste avec la pâleur de sa peau, et ses seins, à demi révélés par le soutien-gorge balconnet, se soulèvent au rythme de sa respiration. Je ne dis rien. J'écoute Armand me débiter les règles du transfert comme on énumère les clauses d'un contrat. Rien de permanent. Pas de marques durables. Retour à l'aube. Je hoche la tête, mais je ne l'écoute déjà plus. Mon regard est rivé sur Elara, qui soutient mon regard avec un calme qui me déstabilise. Elle n'a pas peur. Elle n'est pas soumise. Elle est… curieuse. Comme si elle m'évaluait, comme si elle cherchait à deviner ce que je cache derrière mon masque de rival impitoyable. La cérémonie se termine. Armand guide la main d'Elara vers la mienne, et nos doigts s'entrelacen







