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Chapitre 4 — La Plage et le Premier Baiser

Author: Déesse
last update publish date: 2026-06-16 04:16:44

Isadora

Le lendemain, le soleil brille sur la ville comme si la nuit précédente n'avait été qu'un rêve. Le vent est tombé, les nuages se sont dispersés, et un ciel d'un bleu limpide s'étend au-dessus des toits. C'est une journée magnifique, une journée d'automne comme on en voit rarement, chaude et dorée, et je décide d'en profiter pour explorer les environs.

Je descends l'escalier, vêtue d'une robe légère en coton blanc, et je tombe sur Augustin dans le hall. Il est en tenue de tennis, une raquette à la main, et il me sourit de toutes ses dents.

— Bonjour, cousine ! Vous avez bien dormi ?

— Très bien, merci.

— Vous mentez. Vous avez des cernes sous les yeux. Mais c'est charmant, les cernes, ça donne un air mystérieux.

— Vous êtes toujours aussi impertinent ?

— Toujours. C'est mon charme.

Il s'approche de moi, il pose sa main sur mon épaule, et il se penche à mon oreille.

— J'allais à la plage. Voulez-vous m'accompagner ? La plage est déserte à cette heure, et l'eau est encore chaude.

— Je n'ai pas de maillot de bain.

— Ce n'est pas un problème. Vous pouvez vous baigner en sous-vêtements. Ou sans rien du tout. Je ne regarderai pas.

— Vous mentez.

— Bien sûr que je mens. Je vous dévorerai des yeux, cousine. C'est le but.

J'hésite une seconde, puis j'accepte. Après tout, qu'ai-je à perdre ? Une journée à la plage, loin de cette maison oppressante, loin du regard gris d'Hadrien, loin des silences de Cyprien. Une journée de liberté, de légèreté, d'insouciance.

La plage est effectivement déserte. Une longue étendue de sable blanc, bordée de dunes herbeuses, qui s'étend à perte de vue. La mer est calme, d'un bleu profond, et les vagues viennent mourir doucement sur le rivage. Le vent est tombé, le soleil brille, et je retire mes chaussures pour marcher pieds nus dans le sable encore tiède.

Augustin retire sa chemise, son pantalon, et il reste en caleçon. Son corps est magnifique — bronzé, musclé, sculpté par le sport et le grand air. Il est à l'aise dans sa peau, il n'a pas honte de sa nudité, et il court vers l'eau en poussant un cri de joie.

— Venez, cousine ! L'eau est délicieuse !

Je ris, je retire ma robe, et je le rejoins en combinaison. L'eau est froide, vivifiante, et je pousse un petit cri en y entrant. Augustin m'éclabousse, je riposte, et bientôt nous jouons comme des enfants, à rire et à nous poursuivre dans les vagues.

Puis il m'attrape par la taille, il me plaque contre lui, et il m'embrasse.

Son baiser est différent de tout ce que j'ai connu. Fougueux, passionné, sans retenue. Sa langue force le passage, ses mains descendent le long de mon dos, il me serre contre lui comme s'il voulait m'absorber. Je réponds à son baiser, je m'abandonne, je laisse mes doigts s'enfoncer dans ses cheveux bouclés.

Il me porte jusqu'à la plage, il m'allonge sur le sable, et il se couche sur moi. Ses mains sont partout , sur mes seins, sur mon ventre, entre mes cuisses. Il écarte le tissu de ma combinaison, il caresse ma peau nue, et je gémis sous ses doigts.

— Augustin...

— Chut. Laisse-toi faire.

Ses doigts m'explorent, me caressent, me pénètrent. Je ferme les yeux, je m'abandonne, et la jouissance monte en moi comme une vague, de plus en plus forte, de plus en plus proche. Et puis elle explose, elle me submerge, et je crie son nom dans le vent.

Il retire ses doigts, il s'allonge à côté de moi, et il rit doucement.

— C'était bien, cousine ?

— Très bien, dis-je en reprenant mon souffle.

— Tant mieux. Parce que c'était la première et la dernière fois.

Je me redresse sur un coude, interdite.

— Quoi ?

— Ne t'attache pas trop, cousine. Je ne suis pas un homme qu'on épouse. Je suis un homme qu'on collectionne. Un baiser, une caresse, un orgasme et puis adieu.

— Tu es sérieux ?

— Toujours. L'amour est un piège, Isadora. Le mariage est une prison. Je ne veux ni l'un ni l'autre. Je veux juste m'amuser.

Il se lève, il enfile sa chemise, et il me jette ma robe.

— Rhabille-toi. On rentre.

Je reste assise sur le sable, le cœur en miettes, les larmes aux yeux. Il vient de me rejeter, il vient de m'humilier, et pourtant, quelques minutes plus tôt, j'étais au paradis. Comment peut-on être aussi cruel, aussi froid, aussi calculateur ?

Je me rhabille en silence, je le suis jusqu'à la voiture, et nous rentrons à la maison sans échanger un mot. Augustin siffle en conduisant, insouciant, heureux, comme si de rien n'était.

Et moi, je regarde défiler le paysage, et je me sens plus seule que jamais.

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