LOGINOphélia est une Fée des ombres, une créature rare aux ailes de papillon de nuit que tous les prédateurs convoitent. Damien, le Patriarche Lycan au regard ambré, veut la soumettre et l'enchaîner à sa meute pour la faire plier. Alistair, le Dragon de la Haute Banque aux yeux d'or, veut la collectionner comme un joyau et l'exposer dans ses tours de verre. Leur rivalité ancestrale atteint son paroxysme lorsqu'ils lui confient le même contrat : retrouver le dernier œuf de dragon. La mission devient le champ de bataille de leur duel. Dans le casino où l'œuf est caché, griffes et écailles s'entrechoquent. Ils ne se battent plus pour l'artefact, mais pour elle. Pour savoir qui la possédera. Ophélia les regarde se déchirer et comprend enfin : l'un veut la dompter, l'autre l'exposer. Aucun ne la voit vraiment.
View MoreOphélia
Leurs regards m'écorchent la peau depuis que j'ai franchi le seuil.
Je sens le poids des yeux ambrés de Damien s'attarder exactement là, entre mes omoplates, à l'endroit précis où mes ailes de papillon de nuit frémissent contre ma colonne vertébrale, palpitantes, presque humides de cette chaleur qui n'a rien d'humaine. Elles voudraient se déployer pour échapper à cette brûlure, mais je les retiens. Je les force au calme, comme on force un muscle à ne pas trembler sous l'effort.
L'autre regard, celui couleur de cuivre en fusion, glisse sur moi comme du mercure vivant. Il m'enveloppe sans jamais oser me toucher, et c'est pire que s'il le faisait. Alistair sait que le moindre contact briserait l'équilibre précaire de cette rencontre. Alors il attend. Il me dévore des yeux à distance, et ses prunelles d'or liquide suivent chaque mouvement de mes ailes, chaque frémissement de ma peau couverte de poussière d'étoiles noires.
Damien est adossé au mur de briques apparentes, bras croisés sur sa poitrine massive. La posture respire la possession, le territoire, le défi silencieux lancé à quiconque oserait croire qu'il n'est pas le prédateur suprême ici. La lumière tamisée du club dessine des ombres mouvantes sur ses pommettes dures, sur la ligne tranchante de sa mâchoire, sur ses pupilles dilatées qui me traquent depuis mon entrée.
Je connais cette intensité. Je l'ai vue cent fois chez cent monstres différents. Mais chez lui, elle est différente. Elle est affamée. Elle est patiente. Elle est dangereuse.
Il n'aime pas attendre. Je le sais. Je le vois à la façon dont ses doigts tambourinent imperceptiblement contre son propre bras, au tic nerveux qui crispe sa mâchoire toutes les trente secondes. L'attente est pour lui une insulte silencieuse, une faille dans son pouvoir qu'il ne tolère que parce qu'il a compris une vérité fondamentale : certaines proies méritent qu'on prenne le temps de les regarder venir.
Moi, j'adore le faire attendre.
J'aime cette seconde de flottement où son pouvoir vacille juste assez pour que je puisse y glisser la pointe de mes ailes. J'aime la façon dont ses muscles se bandent sous sa chemise quand je prends mon temps, quand je le force à réaliser que je ne suis pas une lycanthrope soumise aux lois de sa meute, que je ne suis rien de ce qu'il a l'habitude de contrôler, de posséder, de briser.
— Vous êtes en retard, Ophélia.
Le vouvoiement claque dans l'air chargé d'ombres comme un fouet. Une distance imposée. Un rappel à l'ordre. Nous sommes en territoire neutre, les murs de ce club ont des oreilles, et les oreilles appartiennent à des créatures qui paieraient cher pour savoir ce qui se trame entre un Alpha et une Fée des ombres.
Mais je sais la vérité derrière ce vouvoiement. Il n'aime pas montrer qu'il tient à quelque chose. Il déteste cette fragilité qui consiste à avoir besoin de quelqu'un d'autre que soi-même.
Alors je le force à montrer ses faiblesses.
Mes ailes se déploient une seconde, lentement, voluptueusement, avant de se replier contre mon dos. La poussière d'étoiles noires qui recouvre ma peau, cette poussière héritée de ma mère fée et transformée par l'ombre de mon père, glisse sur mes épaules comme une caresse venue d'ailleurs, comme une promesse de nuits sans fin. Je retire mon manteau avec une lenteur calculée, une lenteur qui frôle l'insolence, qui frôle l'invitation. Je le dépose sur le dossier du fauteuil en inclinant mon corps pour qu'il voie mes ailes s'ouvrir une fois encore, pour qu'il voie la façon dont la lumière joue sur les nervures sombres, sur la translucidité de leurs membranes parsemées d'éclats de nuit.
Je sais ce que je fais.
Je sais comment mes ombres personnelles dansent sur mes clavicules. Je sais comment mes yeux trop grands, trop sombres, trop profonds attirent les monstres comme la flamme attire les mites.
Et je suis une mite, après tout. Une mite consciente de l'être. Une mite qui a appris à danser avec le feu sans jamais se brûler.
Une Fée des ombres. Mi-fée, mi-ténébreuse. Assez lumineuse pour être désirée par ceux qui cherchent la lumière sans oser s'y baigner. Assez sombre pour être crainte par ceux qui pressentent que derrière mes yeux se cache quelque chose qu'ils ne pourront jamais dompter.
Assez seule, surtout. Assez seule pour être véritablement dangereuse. Parce que la solitude chez les créatures comme moi n'est pas une faiblesse. C'est une forge où l'on trempe ses armes.
— Je suis toujours en retard, Damien.
Ma voix coule comme du miel noir, épaisse, sucrée, légèrement vénéneuse.
— C'est ce qui vous plaît chez moi. Cette attente que je vous impose. Ce temps suspendu où vous ne savez pas si je viendrai, si j'existe vraiment, si tout cela n'est pas un rêve que vous avez trop peur de finir.
Sa bouche s'entrouvre. Juste un coin. Juste assez pour que je voie la pointe de ses canines luire dans la pénombre. Son regard s'assombrit, ses pupilles s'élargissent encore, et quand il répond, sa voix est un grondement contenu, un orage qui cherche où frapper.
— Tu es insupportable.
Le tutoiement revient. Brutal. Instinctif. Il arrache le masque de la neutralité pour révéler ce qu'il y a dessous : ce besoin de possession qui le consume, cette faim qu'il ne peut réprimer quand il est face à moi.
Je m'assois sans y être invitée. Sans lui laisser le temps d'affirmer son territoire. Je croise mes jambes lentement, très lentement, et mes ailes se replient sagement contre le dossier du fauteuil comme si elles aussi attendaient la suite.
— Parle.
Son regard glisse sur mes jambes découvertes, sur la courbe de mes hanches, sur mes ailes qui palpitent imperceptiblement. Il ne perd jamais de temps quand quelque chose l'obsède. Et je vois bien que cette affaire l'obsède. Que cet œuf volé le ronge de l'intérieur.
Il se penche vers moi. Ses avant-bras musclés s'appuient sur la table basse qui nous sépare. Ses doigts tambourinent sur le bois comme s'ils suivaient le rythme de son cœur, un cœur de prédateur qui bat trop vite, trop fort.
— Un œuf de dragon ancien a été volé par une faction de Lycans rebelles, dit-il, la voix rauque. La Griffe Noire.
Il marque une pause. Ses yeux plongent dans les miens.
— Je veux que tu le retrouves. Que tu me le rapportes avant qu'ils ne comprennent la valeur de ce qu'ils ont entre les mains.
Je sens le poids de ses mots, mais aussi le poids de son regard qui ne me lâche pas, qui me détaille, qui me possède déjà par les yeux.
Et derrière lui, dans l'ombre du club, je sens l'autre regard. Celui d'Alistair. Cuivré. Brûlant. Immobile.
Il n'a pas dit un mot. Il n'a pas bougé. Mais je sais qu'il est là. Je sais qu'il écoute. Je sais qu'il attend son tour.
Deux prédateurs , une proie : Moi.
Ma poussière d'étoiles s'éteint. Ici, tout brille déjà. Les gens, les vêtements, les bijoux, les dents, les ongles, les yeux. Ma poussière n'est qu'une pâle imitation de cette lumière artificielle, achetée, fabriquée, exposée.Je ne suis pas à ma place.Je n'ai jamais été à ma place.Mais ici, c'est plus vrai qu'ailleurs.— Tu es magnifique.Alistair est devant moi, vêtu de blanc, ses yeux d'or brillant dans la lumière. Il est chez lui ici. Il est né pour ces lieux. Ses écailles scintillent sur ses tempes, sur ses mains, sur cette partie de lui qu'il ne cache pas. Ses vêtements sont parfaitement coupés, parfaitement repassés, parfaitement chers.Il est magnifique.Il est déplacé, lui aussi. Pas comme moi. Différemment. Il est trop grand pou
Gideon hoche lentement la tête. Ses écailles frémissent, changent de couleur, passent du vert émeraude au vert sombre de la peur.— Damien a déjà été prévenu. Par ses éclaireurs. Par ses espions. Par ses Lycans qui courent plus vite que le vent. Alistair aussi. Ses agents lui ont envoyé des messages dès que l'information est tombée. Ils seront là. Avec toi ou sans toi.— Avec moi, alors.— Tu es sûre ?Il s'approche. Pour la première fois, je vois de la peur dans ses yeux de serpent. De la vraie peur. Pas celle des prédateurs. Celle des proies.— Lumen n'est pas Noxluris, Ophélia. C'est une ville de lumière. Une ville de verre. Une ville où les ombres n'ont pas leur place. Où les ténèbres sont chassées comme des maladies. Où les créat
Elle s'approche de la fenêtre. Le vent soulève ses cheveux, ses ailes, sa robe blanche. Elle ressemble à un oiseau qui va s'envoler, à un rêve qui va s'effacer, à tout ce que je vais perdre.— Je pars, dit-elle.— Pour de bon ?— Pour de bon. Cette fois, je ne reviendrai pas.— Selene...— Prends soin d'eux, Ophélia. Et prends soin de toi. Sois plus forte que moi. Sois plus courageuse. Sois libre.Elle s'envole. Je la regarde disparaître dans la nuit, ses ailes blanches battant lentement, régulièrement, comme un cœur qui s'éloigne. Ses cheveux blonds flottent derrière elle, une traînée de lumière dans l'obscurité. Elle devient un point, puis un souvenir, puis rien.Je reste seule.Ses mots résonnent dans ma tête, dans ma poitrine, dans mes os.Ils ne sa
OphéliaElle est revenue.Je la sens avant de la voir, cette présence familière qui flotte dans mon appartement comme un parfum d'herbe coupée et de lune. Ses ailes blanches frémissent dans la pénombre, ses cheveux blonds tombent sur ses épaules comme un voile de lumière, ses yeux en amande brillent d'une lueur que je ne lui ai jamais vue.De la tristesse. Une tristesse si profonde qu'elle semble avoir creusé des sillons invisibles sur son visage, des larmes anciennes figées dans la porcelaine de sa peau.— Tu es revenue, dis-je.Ma voix est calme, mais mes mains tremblent sur le rebord de la fenêtre. Je la regarde se poser sur le toit d'en face, ses ailes battant une dernière fois avant de se replier contre son dos. Elle est belle. Elle est brisée. Elle est moi, peut-être, dans quelques années.— Je n'ai pas pu pa
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