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L'endroit choisi par Marcello est un petit café discret, presque confidentiel, niché au fond d'une cour pavée du vieux quartier historique de la ville. Une adresse que seuls les initiés connaissent, fréquentée par des antiquaires, des collectionneurs, des amateurs d'art, des gens qui ont besoin de discrétion, d'a
NinaTrois mois. Trois mois de silence, d'absence, d'attente vaine et d'espoir déçu. Trois mois à guetter mon téléphone comme une adolescente fiévreuse, à sursauter à chaque vibration, à espérer contre toute raison que son nom s'affiche enfin sur l'écran, que sa voix grave et rassurante résonne enfin dans le combiné, que ses mots viennent panser les blessures béantes qu'il a laissées en partant, en fuyant, en m'abandonnant à mon incertitude et à mes fantômes. Trois mois à me répéter que c'est fini, qu'il ne reviendra pas, qu'il m'a oubliée dans les bras d'une autre, sous le soleil moite de l'Asie, loin de moi, loin de nous, loin de cette histoire inachevée qui n'a jamais vraiment commencé et qui ne finira jamais vraiment.Trois mois à me haïr de l'avoir laissé partir, à me détester de n'avoir pas su lui dire les mots qu'il attendait, les mots qu'il méritait, les mots qui l'auraient retenu. Trois mois à me consumer dans les flammes de mes contradictions, d
Nina Les mois ont passé, lents, étranges, pleins de silences et de petits pas, d'avancées minuscules et de reculs soudains, comme une danse maladroite sur un fil invisible tendu au-dessus du vide. Gabriel n'est pas revenu. Il a prolongé sa mission, s'est installé là-bas pour une durée indéterminée, a cessé tout contact avec moi, avec Paris, avec notre histoire inachevée. J'ai fini par accepter son absence, par faire mon deuil de ce que nous aurions pu être, par ranger son souvenir dans un coin de mon cœur, avec les autres fantômes, les autres regrets, les autres amours perdus. Et puis, un jour, Marco a demandé à me voir. Pas pour Giulia, non. Pour lui. Pour nous. Pour parler, disait-il, pour s'expliquer, pour que je voie par moi-même l'homme qu'il était devenu, l'homme qu'il essayait d'être. J'ai hésité longtemps, pesant le pour et le contre, écoutant les conseils contradictoires de Léa et de Marcello, sondant mon cœur, mes peurs, mes dé
NinaLes jours passent, lents, interminables, vides de sens et de saveur. Gabriel est parti, comme il l'avait annoncé, pour une mission à l'étranger, quelque part en Asie du Sud-Est, un projet de développement pour son entreprise, une façon de mettre de la distance entre nous, entre son cœur blessé et mon indécision coupable. Il ne répond plus à mes messages, ne prend plus mes appels, ne donne plus signe de vie. Il s'est évaporé, dissous dans la chaleur moite et les foules anonymes de Bangkok ou de Hanoï, de Singapour ou de Jakarta, je ne sais même pas où exactement, je ne sais rien de lui, de sa vie, de ce qu'il devient, de ce qu'il ressent.Je lui ai écrit, bien sûr. Des messages courts, maladroits, pleins d'excuses et de regrets, de questions et d'espoirs. « Pardonne-moi. » « Reviens. » « Je t'attends. » « Tu me manques. » Aucune réponse. Le silence. Un silence absolu, minéral, qui résonne dans ma tête comme un glas, comme une condamnation, comme la pr
Gabriel m'écoute sans m'interrompre, les mains posées sur ses genoux, le visage fermé, les yeux fixés sur moi, attentifs, douloureux, résignés. Quand j'ai fini, il reste un long moment silencieux, à digérer mes paroles, à mesurer leur portée, à évaluer les dégâts qu'elles causent en lui, en nous, en ce que nous aurions pu être, en ce que nous ne serons peut-être jamais.Puis il serre les poings, lentement, et je vois ses jointures blanchir, ses doigts se crisper, ses bras se tendre. Mais il ne crie pas, il ne s'emporte pas, il ne m'insulte pas, il ne me reproche rien. Il reste calme, maître de lui, digne, comme il l'a toujours été, comme il le sera toujours.— Je ne peux pas lutter contre un fantôme, Nina. Contre une histoire que je ne connais pas, que je ne peux pas connaître, que je ne pourrai jamais connaître. Contre des années de vie commune, de souvenirs partagés, d'épreuves traversées ensemble, de bonheurs et de malheurs mêlés. Contre le père de ta
Elle marque une pause, prend ma main dans la sienne, la serre doucement.— Je ne dis pas qu'il n'a pas changé. Je ne dis pas qu'il ne regrette pas sincèrement. Je dis que tu ne peux pas prendre le risque. Tu ne peux pas prendre le risque de revivre ce que tu as vécu. De souffrir à nouveau, de perdre à nouveau, de te détruire à nouveau. Tu as trop donné, Nina. Tu as trop souffert. Tu mérites la paix, la sécurité, la confiance. Tu mérites Gabriel. Un homme qui ne t'a jamais menti, qui ne te mentira jamais. Un homme qui t'aime pour ce que tu es, pas pour ce que tu représentes, pas pour ce que tu lui apportes, pas pour ce que tu lui pardonnes.Je baisse les yeux, je ne réponds pas. Les mots de Léa résonnent en moi, font écho à mes propres peurs, à mes propres doutes, à ma propre raison. Elle a raison, bien sûr. La raison est de son côté, la prudence, la sagesse, l'expérience. Gabriel est le choix sûr, le choix sain, le choix raisonnable.Mais le cœur
NinaLes semaines qui suivent la réception de la lettre sont un enfer de doute et de confusion. Je vis suspendue entre deux mondes, deux hommes, deux avenirs possibles, incapable de choisir, de trancher, de me décider. Chaque matin, je me réveille avec une certitude, et chaque soir, je me couche avec son contraire. Mon cœur balance, mon esprit vacille, mon âme se déchire entre ce que je devrais faire et ce que j'ai envie de faire, entre la raison et l'émotion, entre le passé et l'avenir.D'un côté, il y a Gabriel. Gabriel Delcourt, l'homme que j'ai rencontré à Paris, qui m'a invitée à dîner, qui m'a écoutée, comprise, respectée. Gabriel qui ne m'a jamais menti, qui ne m'a jamais trahie, qui ne m'a jamais fait souffrir. Gabriel qui est là, présent, attentif, aimant. Gabriel qui me voit vraiment, qui me comprend vraiment, qui m'aime vraiment, pour ce que je suis, pour ce que je vis, pour ce que je ressens.Gabriel est tout ce qu'une femme peut dési







