Beranda / Romance / Cinq ans a espérer, un jour pour tout briser / CHAPITRE 107: LES RENDEZ-VOUS RÉGULIERS AVEC MARCO

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CHAPITRE 107: LES RENDEZ-VOUS RÉGULIERS AVEC MARCO

Penulis: Déesse
last update Tanggal publikasi: 2026-05-10 13:24:47

Nina

Les mois ont passé, lents, étranges, pleins de silences et de petits pas, d'avancées minuscules et de reculs soudains, comme une danse maladroite sur un fil invisible tendu au-dessus du vide. Gabriel n'est pas revenu. Il a prolongé sa mission, s'est installé là-bas pour une durée indéterminée, a cessé tout contact avec moi, avec Paris, avec notre histoire inachevée. J'ai fini par accepter son absence, par faire mon deuil de ce que nous aurions pu être, par
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  • Cinq ans a espérer, un jour pour tout briser    Chapitre 319 — Le voyage à Genève 2

    Je respire. Je pose le stylo. Je vais parler pendant longtemps sans écrire, finalement, parce que ce qui va sortir de ma bouche, je ne veux pas le mettre sur du papier. Je veux le déposer dans l'air de cette chambre, entre ces murs blancs, à ces oreilles qui vont bientôt cesser d'entendre. — Livia, je vais commencer par ma mère. Elle ouvre légèrement les yeux, étonnée. Elle ne s'attendait pas à ça. — Ma mère s'appelle Lucia. Elle a été femme de ménage toute sa vie chez des familles comme la vôtre. Elle a nettoyé les cuisines de femmes comme vous. Elle a repassé les chemises de maris comme le vôtre. Elle a fermé la bouche pendant cinquante ans devant des humiliations qu'aucune loi ne peut réparer. Elle vous ressemble un peu, physiquement. Vous êtes toutes les deux petites, brunes, avec des mains fines. Vous auriez pu être sœurs, à un ou deux détails près, à un ou deux siècles près, à un ou deux hasards de naissance près.

  • Cinq ans a espérer, un jour pour tout briser    Chapitre 318— Le voyage à Genève

    Nina L'avion décolle à sept heures du matin. Je suis assise côté hublot. Je n'ai pas apporté de livre. Je n'ai pas ouvert mon ordinateur. Je regarde par la fenêtre, les nuages qui glissent en dessous de nous, la lumière blanche du matin qui les éclaire par-dessous. Je ne pense pas. Je respire. J'essaie de vider ma tête pour arriver disponible. Nous atterrissons à Genève à huit heures dix. Il fait moins cinq degrés. Le ciel est bleu, d'un bleu suisse dur et propre. Je récupère mon petit sac, je passe la douane, je monte dans le taxi qui m'attend. — Clinique de la Colline, Chemin des Voirons, s'il vous plaît. Le chauffeur hoche la tête. Nous roulons pendant vingt minutes. Nous quittons la ville. Nous montons vers les collines qui dominent le lac. La clinique apparaît, un bâtiment moderne en verre et en pierre grise, entouré d'un parc où quelques infirmiers poussent des fauteuils r

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    Je respire longuement. Il a raison. J'ai su, dès qu'il a prononcé les mots, qu'il avait raison. J'ai pensé à cette conversation depuis des semaines sans oser me la formuler. J'ai pensé à ce que je lui dirais si j'avais l'occasion, à ce que je lui ferais entendre, à ce que je réclamerais qu'elle m'entende avant qu'elle ne parte. J'ai pensé à ma mère aussi, à Lucia, qui n'a jamais eu la possibilité de dire face à face aux femmes qui l'ont méprisée pendant cinquante ans ce qu'elle pensait d'elles. J'ai pensé que ce face-à-face, ce n'était pas seulement pour moi. C'était pour elle aussi, pour ma mère, pour toutes les femmes silencieuses qui n'ont jamais pu répondre. — Marco. — Oui. — J'y vais. — Bien. — Je pars demain. — Bien. — Je pars seule. Je ne veux pas que tu m'accompagnes, même pas dans l'avion, même pas à Genève. Je veux faire ça seule. Je te raconterai après. Ou pas.

  • Cinq ans a espérer, un jour pour tout briser    Chapitre 316— Le silence après la tempête

    Nina Une semaine passe. Le tribunal a acté le retrait d'Elena, l'engagement notarié est enregistré, la plainte au civil est officiellement retirée. Il n'y a plus rien à faire. Pour la première fois depuis quatorze mois, je me réveille un matin sans avoir à préparer une pièce, à rappeler Christine, à relire un procès-verbal, à préparer une audition, à surveiller un délai. Le silence dans l'appartement est étrange. Ce n'est pas le silence tendu de l'attente, ni le silence lourd de l'angoisse. C'est un silence plat, presque déconcertant, comme celui d'une mer qui redevient calme après une tempête et dans laquelle on ne sait plus nager parce qu'on avait pris l'habitude des vagues. Je descends à la cuisine. Marco est déjà là, il a préparé le café, il lit le journal. Giulia est à l'école depuis une heure. Nous n'avons rien à faire aujourd'hui, ni Marco ni moi. Aucun rendez-vous. Aucune procédure. Aucune urgence. — Marco. — Oui.

  • Cinq ans a espérer, un jour pour tout briser    Chapitre 315 — La crédibilité détruite

    Marco et moi lisons le document. Il est parfait. Christine a été remarquable. Elle a construit un engagement d'une solidité juridique impressionnante, qui donne à Elena presque aucune marge pour recommencer. Nous signons. Deux jours plus tard, l'audience de rétractation a lieu, brièvement. Le juge Aubry acte le retrait. Il condamne Elena au paiement de nos frais de procédure et à quinze mille euros de dommages et intérêts pour procédure abusive, condamnation qui n'était pas dans notre accord mais qu'il prononce d'initiative parce qu'il estime, dit-il dans son ordonnance, que la procédure engagée était intrinsèquement dépourvue de fondement raisonnable et manifestement mue par des motifs distincts de l'intérêt supérieur de l'enfant. Le juge Aubry est allé plus loin que ce que nous espérions. Il a mis par écrit, dans une ordonnance publique, que la démarche d'Elena était abusive. C'est une victoire supplémentaire.

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    Elle me regarde brièvement. Elle sourit. — Marco, tu es déjà cet homme. Aujourd'hui, tu as témoigné pour moi. Tu as brisé ta promesse pour me défendre. Delvaux a témoigné pour moi. Tu as témoigné pour moi. C'est le même geste, à des échelles différentes. Je ne réponds pas. Je regarde par la fenêtre. Paris défile, gris, glacé, familier. Je pense à Delvaux, à ce que sa vie a dû être, blessé par Elena il y a dix ans, incapable d'oublier, et qui a bondi sur l'occasion offerte par Christine de rendre à cette femme ce qu'elle lui avait fait. Je pense à Elena, qui doit être en train de dormir sous sédatifs dans une chambre d'hôpital psychiatrique. Je pense à ma mère, à quelques kilomètres de là, qui va mourir dans les semaines qui viennent. Nous rentrons à la maison. Giulia est chez ma mère de Nina, la vraie grand-mère, celle qui l'attendait aujourd'hui avec des pâtes fraîches et un cake au citron. Nous passons la chercher à dix-huit heure

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