LOGINCela faisait maintenant 6 mois qu'on se parlait. Je m'étais inscrite sur un site de correspondance afin de pouvoir partager et apprendre des expériences nouvelles mais aussi, d’oublier la tragédie que je venais de vivre. Je n'avais pas mis de photo sur son profil et n'avait pas non plus donné mon vrai prénom afin d'être sûre de n'être contactée que par des personnes voulant vraiment me connaître et non par des gens qui se pensaient sur un site de rencontres.
Durant plusieurs mois, le site ne m’avait rien apporté de concluant. J'avais bien sûr parlé à quelques étrangers, des américains, des anglais, des allemands, des tchèques… mais ce n'était pas vraiment ce que je pouvais appeler une véritable correspondance.
J'avais abandonné tout espoir, mais j'avais reçu un message d'un dénommé Al. Nous avons vite sympathisé, étant tous les deux natifs du même pays, rendant la communication bien plus simple. On parlait durant des heures sans s'arrêter, se découvrant des points communs et des passions communes. Nous nous apprécions vraiment et une amitié est née entre nous.
Cependant, je savais bien que je ressentais plus qu'une simple amitié envers cet homme. Mais je ne pouvais pas juste le lui dire, ni même envisager une quelconque relation avec lui. J'avais découvert que mes sentiments avaient changé de nature au bout de deux mois d'échange avec Al.
Cet homme me plaisait définitivement trop sans même savoir à quoi il ressemblait. Sa personnalité était plaisante, il semblait calme, gentil et attentionné. Il possédait un sens de l'humour parfois douteux et il trouvait toujours les mots pour me rassurer.
Cependant, une limite avait été posée entre nous dès le début: aucune photo, aucun nom, aucune rencontre ni aucun appel ne devait être échangé. C'était moi qui avais énoncé ces règles et à chaque fois que j'y pense, j'avais envie de me frapper la tête contre le mur.
J'avais tellement peur que l'histoire se répète que j'ai réfléchi de manière stupide et aujourd'hui, je m'en mords encore les doigts.
Mais à cette époque, je ne voulais en aucun cas être influencée par une image qui n'était pas celle à quoi je m'attendais. Cela avait été un accord commun, Al n'avait pas discuté et moi j'étais plutôt soulagée.
Cela prouvait que Al s'intéressait à ma personnalité et non à mon physique ou à mon nom de famille. Mais quand j'avais pris conscience de mes sentiments, j'ai arrêté d'être sûre de vouloir garder l'anonymat. Je donnerais tout pour le rencontrer.
Mais je ne voulais pas qu'il me trouve immature, une girouette alors que j'étais celle qui avait dicté les règles. Alors je continue de ruminer mes mauvais choix.
De plus, je n'ai jamais osé poser des questions sur sa vie privée au-delà de ses passions et ce qu'il a bien voulu me dire. Par exemple, s'il avait une petite amie ou pire, s'il était marié.
Tous ces sujets de conversation avaient été bannis de nos discussions, je ne voulais pas que celles-ci nous influencent. On pouvait se parler de tout sauf de notre situation familiale, c'était proscrit.
Les seuls détails personnels dont on avait parlé étaient nos âges et sexes. J'avais donc appris que Al était un homme et qu'il avait 21 ans. Ça m'avait un peu rassurée qu'on ait juste trois ans d'écart car même s'il avait été dans la trentaine ou plus, je crois que mes sentiments pour lui n'auraient pas changé. Mais c'était toujours mieux qu'il soit aussi jeune.
Mais j'étais également convaincue que je plaisais à mon correspondant, il me disait des choses qui, parfois, pouvaient prêter à confusion. Mais là encore, je n'étais sûre de rien et ne pouvais définitivement pas directement lui demander.
Mon portable vibra une fois de plus et sans attendre, je l'ai saisi.
[Je me sens rassuré, je ne suis pas le seul à ressentir ça alors ! Je suis ravi d'apprendre que tu te portes bien! Ma journée a été... intéressante, j'ai rencontré mes nouveaux collègues, ils sont... Charmants ?
Je suis toujours aussi heureux de lire tes messages. Savoir que tu es là et que tu penses à moi, cela m'aide tous les jours à aller mieux. Tu es devenue une pièce essentielle dans ma vie, ma Chibby.
Bref, j'ai eu un peu la flemme aujourd'hui et j'ai décidé de respecter mon côté prétentieux. J'ai donc décidé de ne rien faire aujourd'hui et de plutôt faire un état des lieux.
Mais où sont mes manières? Et toi, ta journée ?]
Voilà qu'il recommençait avec ses phrases à double sens. Je ne savais plus sur quel pied danser avec lui, je devais rester dans l'incompréhension totale en plus de ça. Je me demandais vaguement si Al se rendait compte de ce qu'il me disait et si mes messages ne révélaient pas de plus en plus ce que je ressentais.
J'étais dans un brouillard total et ne pouvais rien faire. Je pouvais certes ne plus parler à mon inconnu mais c'était tout bonnement impossible. J'avais essayé plus d'une fois de lui répondre moins souvent et de réduire nos échanges, mais je n'y arrivais pas bien longtemps; j'avais tenu un jour maximum.
C'est pour essayer de l'oublier et de calmer mes sentiments que j'enchaîne les rencontres et les coups d'un soir… je n'étais plus vierge évidemment et vous comprendrez plus tard que ça m'avait presque été préjudiciable même si je suis heureuse que ma première fois n'ait pas été avec ce monstre mais avec Noah.
C'est vrai, il n'y'a rien entre nous mais quitte à essayer le sexe pour la première fois, vaut mieux le faire avec un ami sûr qui ne vous aimera jamais de manière romantique pourquoi...eh bien encore une fois, Noah est gay...mais il a fait l'effort pour moi. C'était maladroit mais je suis heureuse qu'il ait bien voulu me la mettre.
J'ai fermé les yeux, essayant de me l'imaginer. J’inventais des tonnes de scénarios qui finissaient tous de la même manière : une silhouette que j'assimilais à Al et moi, dans le même lit.
J'imaginais cet homme plutôt grand et bien monté, des yeux en amande d'un brun chaud, et un visage aux traits parfaits avec une incontournable gentillesse qui s'y reflétait.
Pour moi, mon correspondant avait les cheveux brun mi long et soyeux, et une peau plutôt halée. Une personne plutôt banale en soi, mais dont la personnalité faisait de lui quelqu'un d'unique.
Je fantasmais donc sur un inconnu depuis 4 mois et ça me rendait totalement folle. Je n'avais jamais osé parler d'une éventuelle rencontre de peur de le froisser. Je ne pensais pas lui parler de mes sentiments un jour mais j'espérais vraiment le voir, ou au moins l'apercevoir afin d'être certaine qu'il existait vraiment et que ce n'était pas quelqu'un qui se moquait de moi depuis 6 mois.
J'ai répondu au message avec les mains tremblantes, savoir que j'étais indispensable aux yeux de Al me rendait fébrile.
[Savoir cela me remplit de joie très cher Al ! Non tu n'es pas le seul et savoir que je suis indispensable pour toi me fait me comble de bonheur !
Vraiment ? Je me demande pourquoi je sens cette phrase pleine d'ironie ? Ou bien est-ce la vérité et tes collègues sont réellement charmants ! Charmants ou charmantes. Du moins canons ou charmantes? Dans quel sens? Sympathiques ? Ou?
Moui moui... Je ne suis pas tellement convaincue par cette excuse de fatigue... Haha la définition même de la prétention ! La bonne blague ! Depuis qu'on se parle tu n'as jamais fait preuve de prétention !
Ma journée a été chargée ! Un discours interminable, quelques nouveautés plutôt charmantes? Et un cours bien compliqué et bien éprouvant dès le début ! Voilà qui annonce bien le ton du trimestre n'est-ce pas ? Mes amis ont été d'un grand soutien héhé ! J'ai été ravie de les retrouver, ils m'avaient tous manqués...]
Noah et moi avons ri doucement puis à 1h30 du matin, l'appartement fut plongé dans le silence total. Nous étions endormis à poing fermé.Quand le réveil sonna à 6h30 ce matin-là, je l’ai frappé violemment. Si je n'aimais pas un moment dans la journée, c'était bien le matin. Se faire tirer de son lit par une sonnerie stridente était un supplice et ce matin là particulièrement, c'était insupportable. Après l'échange de la veille avec Al, je n'avais qu'une envie, retourner dormir. Après un certain temps et de nombreux grognements, nous avons fini tout de même par nous lever et déjeuner. Aucune discussion n'a été échangée, on était bien trop dans le brouillard pour ça. Le silence régna donc dans l'appartement durant une bonne heure, le temps qu'on se réveille complètement puis à 7h30, Noah annonça qu'il rentrait chez lui afin de se changer et de se préparer pour les cours dans une heure.Quand Noah est parti, je me suis dirigée vers la salle de bain afin de prendre une longue douche bi
J'ai failli m'étouffer en avalant sa salive. Je toussais encore sous le regard on ne peut plus sérieux de mon ami. Cependant après quelques minutes, j'ai vite compris que c'était une vraie question plutôt qu'une blague de la part de Noah.- Pourquoi tu demandes ça ?- J'en ai envie.-Tu as envie qu'on couche ensemble ? Toi et moi ?- Pas spécialement. C'est juste que ça fait longtemps que je n'ai pas eu de relation et j'avoue que je commence à être en manque de sensations fortes. On l'a déjà fait plusieurs fois et en plus, on fait croire à tout le monde qu'on est plus qu'amis. En plus, t'es canon…- J'pense qu'on est meilleurs en tant qu'amis, qu'amants, même occasionnels. Et oui toi aussi tu es canon...- Ah j'avais peur que tu oublies ! Ça n'a jamais traversé mon esprit non plus d'ailleurs de faire de toi ma sex-friend. C'est juste que je commence à m'ennuyer sexuellement. Alors, à défaut de ressentir ce frisson, au moins, je pourrais te défoncer la chatte.- Ben pourquoi tu demand
J'ai saisi un oreiller avant de le claquer sur mon visage. Je retenais mes larmes comme je pouvais mais c'était difficile. Je me suis mordue la joue pour retenir mes sanglots. Comment avais-je pu me tromper de la sorte ?Considérant que ce serait la seconde fois, je croyais avoir un peu plus d'expérience pour juger les gens maintenant. Mais j'avais pensé avoir développé un certain don pour jauger les gens mais je me suis complètement plantée avec Al. Ça faisait un mal de chien de savoir que cet homme n'avait rien de l'homme tolérant que je m’imaginais. Et ce qui me blessait le plus était de savoir que désormais, je devrais dire adieu à l'infime espoir que j'avais secrètement gardé de pouvoir un jour le rencontrer. Je serrais le coussin fort contre mon visage. J'aurais pu simplement ignorer ce trait de caractère mais j’aimais tellement Noah que savoir que l'homme pour qui j'avais des sentiments mépriserait certainement mon ami me révoltait.- Ma puce... Tu vas devoir...- Non...
Sans plus attendre, j'ai appuyé sur le message.[Bien sûr que je suis très professionnel. Je ne veux pas d'ennuis sur mon lieu de travail ! Oh, ma chère Chibby.... J'ai le déplaisir de te dire que si... Je suis orgueilleux... Mais je suis tout de même ravi que tu penses que je suis une personne gentille haha !Tu es quelqu'un d'incroyable alors c'est une chose normale pour moi de croire en toi! Et bien… Au moins, je suppose que tu seras contente d'aller en cours, même si j'avoue que cette information est quelque peu désagréable... ( Ne t'en fais pas pour ça … J'espère que ce n'est rien de grave. Que s'est-il passé si ce n'est pas indiscret?)]J'ai répondu immédiatement afin de couper court à ce que Noah s'apprêtait à me dire.[Et c'est tout à ton honneur ! Je ne peux pas croire ça en revanche... Il va falloir être plus convaincant ! Haha je ne suis pas incroyable...Mais merci quand même… Oui, haha, ce trimestre sera un vrai plaisir d'aller en cours effectivement… Pourquoi désagréable
Nous nous sommes installés autour de la petite table du séjour, Noah reprenant son souffle et ses esprits. Il était toujours inquiet et je pouvais lire le stress sur le visage de mon ami. Je l'ai laissé se reprendre légèrement et lui ai tendu un verre d'eau.- Merci bébé…- Alors ?Noah releva le visage vers moi et soupira un grand coup avant de me raconter.- Je suis sorti vite fait pour acheter à manger. Je venais de finir de réviser quand j'ai vu qu'il était presque 20h et que je n'avais toujours rien manger. Je suis tombé sur un groupe de mecs bien relous. Ils ont commencé à m'insulter de folle, ils m'ont couru après et comme je me trouvais plus près de chez toi que de chez moi, je t'ai appelé.- Tu as bien fait... quelle bande de cons....- Ouais...- Comment ils savaient que tu es gay ? Tu les connais ?- Je... Ouais... du moins... l'un d'entre eux...- Qui ?!- Il s'appelle Ray, il y a quelque temps, j'ai craqué pour lui... J'ai tenté ! Tu me connais, je ne passe pas par quatre
Cela faisait maintenant 6 mois qu'on se parlait. Je m'étais inscrite sur un site de correspondance afin de pouvoir partager et apprendre des expériences nouvelles mais aussi, d’oublier la tragédie que je venais de vivre. Je n'avais pas mis de photo sur son profil et n'avait pas non plus donné mon vrai prénom afin d'être sûre de n'être contactée que par des personnes voulant vraiment me connaître et non par des gens qui se pensaient sur un site de rencontres. Durant plusieurs mois, le site ne m’avait rien apporté de concluant. J'avais bien sûr parlé à quelques étrangers, des américains, des anglais, des allemands, des tchèques… mais ce n'était pas vraiment ce que je pouvais appeler une véritable correspondance.J'avais abandonné tout espoir, mais j'avais reçu un message d'un dénommé Al. Nous avons vite sympathisé, étant tous les deux natifs du même pays, rendant la communication bien plus simple. On parlait durant des heures sans s'arrêter, se découvrant des points communs et des pas







