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CHAPITRE 29 : L'ASCENSEUR 3

Author: Darkness
last update Last Updated: 2026-03-08 19:28:29

MARCUS

La circulation est dense. Je slalome entre les voitures, indifférent aux coups de klaxon. J'arrive sur le trottoir d'en face. Le café est à dix mètres. Elle ne m'a pas vu. Elle sirote son café, tranquille, perdue dans ses pensées.

Je fais les dix mètres. Je m'arrête devant sa table.

Elle lève les yeux.

Son visage. La surprise d'abord, immense, ses yeux qui s'écarquillent. Puis le mur. Immédiat. La glace. Le mépris.

— Qu'est-ce que vous faites là ?

Sa voix est dure. Usée. Elle repose sa t
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  • Intense 2   CHAPITRE 30 : L'ASCENSEUR 4

    MARCUSElle souffle, un long soupir qui semble venir de très loin.— Écoute. Je suis fatiguée. J'ai fini mon service, j'ai mal au dos, j'ai envie de rentrer chez moi, de prendre une douche, et d'oublier cette journée de merde. Alors si tu as quelque chose à dire, dis-le maintenant. Sinon, je me lève, je rentre, et tu ne me revois plus. Jamais.L'ultimatum est clair. La dernière chance.Je rassemble tout ce que j'ai. Toute ma vie. Tout ce que je suis. Et je plonge.— Reste. Pas maintenant, pas forcément ce soir. Mais reste dans ma vie. Donne-moi une chance de prouver que je suis pas que le connard glacial du 52e. Que je peux être... mieux. Que je veux être mieux. Avec toi. Pour toi. Pour moi.— Et après ? Quand tu auras eu ce q

  • Intense 2   CHAPITRE 29 : L'ASCENSEUR 3

    MARCUSLa circulation est dense. Je slalome entre les voitures, indifférent aux coups de klaxon. J'arrive sur le trottoir d'en face. Le café est à dix mètres. Elle ne m'a pas vu. Elle sirote son café, tranquille, perdue dans ses pensées.Je fais les dix mètres. Je m'arrête devant sa table.Elle lève les yeux.Son visage. La surprise d'abord, immense, ses yeux qui s'écarquillent. Puis le mur. Immédiat. La glace. Le mépris.— Qu'est-ce que vous faites là ?Sa voix est dure. Usée. Elle repose sa tasse, lentement, comme pour garder le contrôle.— Je...Je cherche mes mots. Je les avais préparés dans l'ascenseur, ils ont tous fui.— Je peux m'asseoir ?— Pour quoi faire ? Une autre inspection ? Vous voulez vérifier que je bois proprement mon café ?L'ironie cinglante, le regard qui défie. Je reste debout, ridicule, trempé, pitoyable.— Sofia. S'il te plaît.Le "s'il te plaît". Pas de "Mademoiselle". Pas de "Madame". Pas de formule protocolaire. Juste elle. Juste moi. Juste nous, si "nous"

  • Intense 2   CHAPITRE 28 : L'ASCENSEUR 2

    MARCUSJe ne sais presque rien d'elle. Son nom. Son poste. La couleur de ses yeux quand la lumière les touche. Le goût de sa bouche, une nuit, sur la terrasse. Le bruit de sa respiration quand elle dormait contre moi, offerte, confiante. Et puis le mur. Sa fuite. Ses mots, le matin : "Ce n'était pas une bonne idée."Et moi, crétin, je l'ai crue. Je l'ai laissée partir. Je me suis convaincu que c'était mieux, que ma vie était trop compliquée, que les femmes comme elle... Les femmes comme elle quoi ? Moins bien que moi ? Indignes de mon temps ? De mon attention ?Putain de snobisme inconscient. Cette certitude viscérale que certaines personnes sont là pour servir, d'autres pour régner. Que j'ai le droit, moi, de traverser sa vie comme un météore, d'y laisser un cratère, et de repartir vers mes étoiles.La pluie redouble. Je suis trempé. Ma veste doit coûter huit mille euros, elle pèse maintenant trois fois son poids, imbibée d'eau. Mes chaussures, du sur-mesure italien, vont être fichue

  • Intense 2   CHAPITRE 27 : L'ASCENSEUR

    MARCUSL'ascenseur monte. Les chiffres défilent, lumineux, indifférents. 43. 44. 45. Chaque étage qui s'éloigne du sien me paraît une trahison de plus. Je regarde mon reflet dans l'acier brossé de la cabine. L'homme qui me fait face a tout. Le pouvoir. L'argent. La tour. Il a même, ce matin, écrasé une femme à genoux sous son regard. Juste pour voir. Juste pour être sûr.Putain d'abruti.Le mot cogné dans ma tête avec la violence d'un coup de poing. Je ne sais pas si je l'insulte, lui, mon reflet, ou moi. Les deux. L'ensemble. Ce que je suis devenu.La porte s'ouvre au 52. Mon étage. Celui des décisions, des chiffres, du verre teinté qui me sépare du monde. Je devrais sortir. J'ai des dossiers. Des réunions. Un empire à gouverner.Je reste là, figé, le doigt sur le bouton "porte ouverte". Le temps s'égrène. Une seconde. Deux. Une alarme discrète retentit, signalant une anomalie. Je m'en fous.Mon pouce presse un autre chiffre. Le 1. Rez-de-chaussée.Pourquoi ? Je n'en sais rien. Ou pl

  • Intense 2   CHAPITRE 26 : L'INSPECTION 2

    MARCUSJe coupe sa tirade. Mon ton ne laisse place à aucune question. Il cligne des yeux, déstabilisé.— Sofia ? Elle… elle est en rotation dans les étages de bureaux. Pourquoi ? Elle a fait quelque chose ?Son « pourquoi » est chargé d’une peur sous-jacente. La peur que quelqu’un de son équipe ait attiré l’attention du dieu de la tour, en mal. La peur du contrecoup. Je le vois calculer, chercher la faille.— Montrez-moi.Ce n’est pas une demande. C’est un ordre. Je veux voir. Voir où elle pose ses mains gantées. Voir ce qu’elle efface.Fernandez, pâle, hoche la tête et me guide vers l’ascenseur de service. Nous montons. Le silence est épais, gêné. Il jette des regards furtifs, cherche désespérément une explication. Je fixe la porte d’acier, impavide.Nous sortons au 42. Couloir calme, moquette épaisse. Fernandez s’arrête devant une porte entrouverte : les sanitaires pour visiteurs. Il s’efface pour me laisser passer.Et je la vois.Elle est agenouillée près d’un lavabo, le dos tourné

  • Intense 2   CHAPITRE 25 : L'INSPECTION 1

    SOFIAMais en dessous, il y a la faille. La brèche dans la coque. Là où la mer de lui s’engouffre, tumultueuse, incontrôlable. Les décombres tombent, oui. Les moqueries sont des cailloux aiguisés. Mais la brèche, elle, est un gouffre. Et je sens que je suis en train de glisser, lentement, irrémédiablement, vers son bord.Je ferme les yeux. L’image qui vient n’est pas celle des femmes en rouge ou de Ricardo qui ricane. C’est son visage à l’aube. Dévasté. Vrai.« Je suis le dégât. »Et moi, qu’est-ce que je suis ? La femme de ménage qui a essayé de le nettoyer. Et qui a fini par se salir, elle aussi, d’une tache que personne ne voit, mais qui ronge tout.Je me relève, lentement. Je range mes affaires pour la dernière fois. La journée est finie. Mais le bruit des moqueries, lui, continue de résonner dans ma tête, un chœur grinçant qui se mêle au vrombissement sourd de son silence à lui.Je sors de la tour. Le soir tombe sur la ville, un autre couteau, doré celui-là. Je rentre chez moi. C

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